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8 billets

Stimulant (confort et veille de course)

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J'adore les veilles de courses, quand on met de côté toutes les difficultés de la vie quotidienne pour se concentrer sur un objectif élémentaire : parcourir x km en moins de y heures (peu importe si uniquement sur un mode ou pour le triathlon sur trois, le principe est le même : un déplacement à accomplir). On ne sait pas encore comment on sera, quelle sera notre forme, il y a une légère tension mais elle est joyeuse et stimulante. En tout cas pour moi. Et j'adore ça.

Comme nous prenons peu de vacances et qu'elles sont généralement en Normandie, avec de fait des choses sérieuses à faire, de celles qu'on fait dans un chez soi, c'est un bonheur et un réel congé du quotidien que d'aller quelque part pour une course. 

Et pour cette fois j'avais opté pour une petite folie (raisonnable) financière : l'hébergement dans le complexe sportif et hôtelier qui fait partie de l'organisation de la course. Départ sur place !

Une chambre spacieuse et belle comme nous en connaissons rarement 20190712_173552

une vraie piscine dans le complexe même - le luxe inouï de quasi descendre en maillot de bain, et pour une vraie piscine où l'on peut nager pas seulement faire trempette -. 

Nous fêtons ainsi nos trente ans de mariage. J'espère que la course sera une fête aussi. J'appréhende la longue distance, mais j'ai envie de m'y confronter. 

J'eusse aimé avoir une vie de nomade du sport, avec la santé fragile de ma jeunesse et la béta-thalassémie même mineure, ça n'était pas envisageable. D'autant plus que "mon" sport était le football et qu'il commence seulement plus de quarante ans plus tard à être reconnu pour les dames. Alors je me rattrape sur le tard, à petite échelle mais beaucoup mieux que rien, grâce au triathlon et à la course à pied. L'air de rien, à bas bruit, en attendant mon heure, j'en aurais accompli des espoirs de ma vie. 

Peut-être qu'il y a là une force à transmettre : si quelque chose nous tient profondément à cœur, et dépend de nous que ça devienne possible en assez grande partie, il convient de ne pas la perdre de vue et de porter son effort dans sa réalisation dès qu'elle devient accessible. Parfois, ça prend quarante ans. C'est tout. 

À part ça, il y a toujours cet effet en arrivant en Belgique de rentrer chez moi. Peut-être faudra-t-il qu'enfin un jour je coïncide. 


Terrifiant (une affiche d'outre-tombe)

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Alors nous avions un petit rendez-vous informel, en mode si on se voit tant mieux sinon n'attendez pas, dans Levallois à quelques camarades du Levallois Triathlon munis d'une envie d'un bon morning run avant notre journée pro.

Je savais que je n'avais pas le niveau pour suivre ensuite les copains, mais le fait de démarrer ensemble était en soi une motivation. Afin d'être certaine de ne pas les manquer, et aussi car la perspective d'une stimulante journée m'avait rendue le réveil facile, j'étais un peu à l'avance. 

Alors je m'étais adossée à ce panneau publicitaire, le temps de vérifier qui était censé rejoindre. Et au moment de regarder qui arrivait effectivement, j'ai avancé de deux pas, et me suis retournée. 

Je crois bien que j'ai poussé un cri. 

Pour mes lectrices et lecteurs non français : les deux hommes qui figurent sur l'affiche sont Johnny Halliday et Charles Aznavour, chanteurs très célèbres morts respectivement en 2017 et 2018. Le message implicite semble être que le feu d'artifice sera un double hommage les concernant.

Seulement présenté comme ça, ça a un côté Walking deads qui est d'un goût douteux et assez terrifiant. D'ailleurs mes amis là où j'avais partagé la photo ne s'y sont pas trompés. 

Comment est-il possible que personne dans le circuit de décision du choix de l'affiche, de sa validation, n'ait réagi ? C'est peut-être pire encore pour qui admirait ces artistes plus encore que je ne le fais.

Je me demande si d'autres que moi réagiront. Le feu d'artifice sera peut-être bien, c'est la communication, l'image choisie qui pose un problème. 


Comme une sorte de blague à retardement (Jacky Schwarzmann, "Pension complète")

 

Fullsizeoutput_1799  Persuadée que tel était le cas, j'ai commencé à lire "Pension complète" de Jacky Schwarzmann, comme un polar luxembourgeois qu'une amie m'aurait conseillé.

Seulement à la fin du chapitre 4, le narrateur se retrouve envoyé sur la Côte d'Azur pour cause d'ennuis qui lui pendent au nez et de personne de son très proche entourage qui peut lui permettre de se réfugier dans un yacht à Saint Tropez.

C'est alors que sa voiture tombe en panne et qu'il se trouve obligé de se loger à côté du garage où elle doit être réparée.

Le voilà donc qui page 46, débarque au camping précis où mon club de triathlon avait son stage en avril, tous les détails y sont et j'ai tellement ri (1) que j'ai dû interrompre ma lecture. 

Remise de l'effet bonne blague, j'ai poursuivi ma lecture, très facilement car dans la catégorie polar déjanté et drôle quoiqu'assez pertinent sur ce qu'il dit de la société, ce roman tient la route, et voilà que page 117 deux des protagonistes se mettent à causer triathlon et par n'importe lequel, le Xterra en France dans lequel l'un des coachs de notre club s'est illustré récemment et qui présente la particularité de consister en un parcours VTT pour le vélo et trail pour la CAP.

Arrivée à ce stade, j'ai cru que Jacky Schwarzmann était le pseudo de quelqu'un du club qui aurait participé au stage, ainsi qu'au Xterra, de l'année passé. La qualité de certains compte-rendus de courses rédigés au sein du club rendait l'affaire plausible. 

Une fois de retour devant l'ordinateur j'ai pu constater que ça n'était pas le cas, Jacky Schwarzmann est un écrivain de l'est de la France et qui vit à Lyon, si j'ai bien compris. Par ailleurs je suis parvenue à retrouver l'article qui m'avait menée jusqu'à la lecture de ce livre : non pas un conseil d'ami·e mais un billet sur l'excellent blog Encore du noir.

Je me suis donc une fois de plus fait une blague à moi-même puisque l'info des lieux et du camping y était. Mais tout simplement lors de ma lecture de la chronique, je n'avais pas percuté - au stage j'étais simple participante et je ne me suis préoccupée du lieu qu'au moment de m'y rendre, son nom ni la région ne m'étaient familiers -.

En attendant j'ai découvert le travail réjouissant d'un auteur que je ne connaissais pas, mais dont j'ai l'impression qu'il s'est appliqué à me faire une bonne blague personnellement à moi. Merci pour le grand éclat de rire et le chouette moment de lecture, en tout cas.

 

(1) Parce que l'environnement me rappelait tellement le village dans Le Prisonnier que je n'avais pas pu m'empêcher de jouer à imaginer quelques intrigues polardeuses pendant que lors des différents entraînements je courais. 

PS : Un blog à présent abandonné, une émission sur France Culture, une balade littéraire sur Radio Nova : j'aurais pu lire ce roman plus tôt, mais ç'eût été moins rigolo. Et peut-être que j'eusse été moins détendue au camping pendant le stage si ma lecture avait précédé le séjour ;-) :-) . Parfois la vie se goupille bien. 


Après la coupe

 

    Je m'en doutais : les jours après un événement sportif auquel j'ai participé ou que j'ai suivi à fond me laissent une sensation de vide assez rude et curieuse ; ça ressemble à la fin de lecture d'un long roman prenant (1), à la différence que ce qui manque ce sont plutôt des gestes, des rendez-vous horaires, une énergie et une intensité que des gens (2).

Pour la première fois, me manque en plus du rythme de vie et des bouffées d'enthousiasme apportées par les épreuves sportives, une activité associée : j'ai adoré commenter les matchs pour la radio Cause Commune, j'aimerais même faire ça pour gagner ma vie. Seulement voilà, par où passer pour avoir accès quand on n'est pas du sérail ni ancienne sportive de haut niveau ? Il faudrait que je me trouve un service en anglais qui aurait envie d'une dame pour commenter le football (ou le cyclisme, le triathlon, l'athlétisme, le tennis, la natation ...) avec charmant accent français. Anybody ?

  20190708_164550  Pour l'heure j'ai combattu le blues en tentant de faire avancer mon avenir en tant que libraire - rendez-vous instructif ; sera-t-il décisif ? -, puisque tel est depuis une dizaine d'années mon métier et que j'aime à le pratiquer, et en bossant mon émission Côté papier de mercredi qui vient. Ça et une visite chez le médecin pour essentiellement les sacro-saints certificats médicaux réclamés pour la pratique sportive (monde absurde, c'est uniquement pour satisfaire les assurances et la guéguerre entre les fédérations d'athlétisme et de triathlon pousse depuis un an cette absurdité à son comble, comme si la pratique du triathlon n'incluait pas une part de course à pied) et les examens préventifs usuels, ainsi qu'à la tombe de Paul Verlaine pour relire un poème puis lire un peu (pour l'émission de radio, du sérieux) au calme du cimetière (3) ont suffi à remplir une journée.

Le blues de fin de belle période s'est donc trouvé plutôt bien maîtrisé.

PS : J'avance sur cette nouvelle présentation de Traces et trajets, et découvre au passage avec joie que certains blogs ont perduré. Ce billet chez Marloute me touche particulièrement. Il y a qu’il faut, encore, encore, encore, abandonner l’écriture.

PS' : J'ignore combien de temps la video sera en ligne, mais un but stupéfiant au Japon de Yuta Koike

 

(1) souvenir de la dure descente d'après Les Thibault

(2) Cela dit, il y a quelques femmes remarquables de cette coupe du monde dont j'aimerais avoir des nouvelles. Elles ont pris une place de qualité dans les pensées. J'avais oublié que l'on pouvait avoir mettons, pour se donner du cœur à l'ouvrage aux entraînements des modèles, des exemples à suivre, féminins. 

(3) Les cimetières sont de merveilleux endroits pour lire sans être dérangées et du moins à Paris en bonnes compagnies littéraires du passé (ma part d'esprit enfantin imagine les fantômes illustres venir lire par dessus mon épaule et ne pas s'empêcher de donner leur avis). Le Paul Verlaine de mon imagination juvénile n'est pas insensible à l'écriture contemporaine même s'il estime qu'ils exagèrent parfois. Il semble curieux de nos tournures.


Such a perfect day (pour Megan Rapinoe)

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    J'eusse préféré un match plus disputé pour cette finale USA Pays-Bas, il n'empêche que sur l'ensemble du tournoi l'équipe des États-Unis était bien la plus forte avec une supériorité athlétique incontestable : les meilleures des autres équipes tenaient un temps en se haussant au dessus de leur rythme habituel puis finissaient, souvent à l'occasion d'une décision d'arbitrage qui les coupaient dans leur élan (1°, qu'elle soit justifiée ou non, par ne plus parvenir à tenir le sur-régime. 

Parmi cette équipe victorieuse, il est une joueuse qui l'a emportée sur toute les autres, parce qu'elle est charismatique, et aussi forte sur le terrain qu'en communication, avec une capacité à ne pas mâcher ses mots sans dépasser les limites et à faire de l'humour qui ne soit pas lourd, ni source de malentendus. Il s'agit de Megan Rapinoe.

Elle a emporté au passage le soulier d'or, ce qui semble amplement mérité.

Voilà quelqu'un qui fait du bien. Puisse-t-elle ne pas s'attirer trop d'ennuis : ce monde n'aime pas les personnes trop intelligentes et trop fortes dans un domaine donné, particulièrement s'il s'agit d'une femme et qui plus est qui assume sa liberté.

En attendant, ça fait plaisir de penser qu'elle a pu vivre such a perfect day. Merci à elle dont la qualité de jeu nous aura enchanté·e·s.

À part ça, un agacement : lorsque l'on voit les matchs des messieurs, de nombreux plans de coupes sont consacrés à leurs conjointes, généralement des femmes reconnues pour leur beauté. Lors des matchs de haut niveau des équipes de femmes, on consacre les mêmes plans aux footballeurs masculins célèbres venus les voir. D'accord, il s'agit de montrer que puisqu'un David Beckham ou Killian Mbappé ne méprisent pas le football joué par les dames, toi le supporter masculin moyen, tu dois aussi pouvoir t'y intéresser, et ça peut effectivement être favorable. Il n'empêche que le diable est dans ce genre de détails qui montre qu'on est hélas encore loin de considérer le sport pratiqué par les femmes avec la considération accordée aux garçons.

Et un grand bonheur : celui d'avoir pu participer aux #777match (7 juin - 7 juillet - 7 matchs) sur Cause Commune avec Les Joyeux Pingouins en Famille et commenter en très léger différé (raisons techniques) certains des matchs de cette coupe du monde 2019 à la radio. Si je pouvais entamer une reconversion professionnelle vers le commentaire sportif, je le ferais volontiers (vocation tardive découverte grâce à eux).

 

(1) Ce fut clairement le cas aujourd'hui. 

 

PS : une vidéo ici consultable probablement de façon temporaire.

Et la belle conférence de presse d'après match : (FIFA TV), sans Mega Rapinoe au début, prise par un contrôle anti-dopage ; il fallait bien qu'elle ait un truc déplaisant à accomplir dans cette journée ! 

PS' : J'ignore qui a pris cette photo de la footballeuse qui a circulé partout. Si elle pose problème je l'enlèverai