Samedi non travaillé
Une petite déception (CAP) et une curieuse discrimination

Le victim-blaming et une de ses déclinaisons

 

    C'est un post Insta de Bree La Brèche lequel renvoyait sur un billet du blog Dans mon tiroir sur Le victim-blaming, qui m'a fait penser à un souvenir familial récurent, et dont la mémoire est régulièrement entretenue par #LHommeDeLaMaison : en fait ma mère, et mon père aussi mais moins, avait cette habitude épouvantable de systématiquement reprocher sa maladie au malade, qui que soit ce dernier et quelle que soit la pathologie. Par exemple quelqu'un qui déclarait un cancer du poumon avait trop fumé (ça peut contribuer, certes, mais parfois rien à voir), une femme victime d'un cancer du sein c'était parce qu'elle avait allaité ses enfants (??), j'étais l'entière responsable de mes rhumes si fréquents (tu ne t'es pas bien couverte, tu n'aurais pas dû aller à la piscine ...) etc. C'était, mais je ne l'ai compris qu'adulte, et c'est fort bien expliqué dans le billet, une façon de conjurer l'angoisse d'avoir à subir le même sort.  Le problème était pour moi que lorsqu'on ne connait que cette attitude par les adultes détenteur de l'autorité, presque inévitablement, on les croit. Et il m'aura fallu bien des moments clouée au fond du lit malgré d'avoir été exemplaire écharpe-gants-bonnet-manteau fermé et pas aller nager pour que je comprenne qu'un rhume c'est avant tout un microbe qu'on choppe et qu'il se développe plus ou moins selon que le corps est en forme ou fatigué.

Cela dit la réelle raison du rappel venait de bien plus grave que mes soucis enfantins : une femme d'un certain âge qui manifestait à Nice avec un drapeau de paix s'est fait blesser par les forces de l'ordre (1) - ça continue ces faits de violences qui semblent ne jamais concerner les fauteurs de troubles mais systématiquement des personnes qui sont dans les manifs ou même en dehors et marchent tranquillement -, et voilà que nombre de personnes et de commentateurs de médias mainstreams sont tranquillement partis à dire que comme la manifestation de Nice n'avait pas reçu d'autorisation cette personne avait un peu cherché ce qui lui était arrivé. 

Ce pays est en train de dangereusement dériver. Avec une escalade des violences, certes de tous les côtés, mais en particulier d'une répression aveugle et décomplexée. 

Sans doute que parmi les personnes qui pratiquent le victim-blaming dans ce cas précis se trouvent des gens qui veulent à tout prix se persuader que l'on vit encore en grande démocratie. 

Pas directement à voir, si ce n'est dans le registre Quelque chose de grave commis par quelqu'un mais qui retombe (aussi) sur d'autres, un intéressant documentaire suisse sur Temps Présent concernant ce sujet auquel je pense à chaque attentat, Parents de criminels
(Je pense pour ma part plutôt aux proches d'une façon générale, tu perds quelqu'un que tu ne connaissais pas, n'imaginais pas être capable de ce qu'il a fait et par dessus le marché ta peine n'est pas admissible ou peu, par la société ; tu peux même te retrouver considéré comme une sorte de complice)

 

(1) Il fut d'abord question d'un tir de LBD puis qu'elle avait été frappée, bousculée. Du coup je ne sais, simplement sur les extraits video que j'ai pu voir passer elle ne semblait vraiment pas représenter un quelconque danger, avec deux autres dames, elle était debout, statique et semblait chanter.

 

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