Mes cyber-frères et cousins
34 ans après - lecture du livre de Denis Robert et ce qu'elle fait revenir -

Un si beau samedi


    Parfois la vie nous accorde ce don d'une journée parfaite, ce fut pour moi ce samedi. Au départ il se risquait morose : je devais me dépenser seulement modérément afin de ne pas me retrouver en galère de gambettes pour le semi prévu le lendemain à Saint-Denis. Ce qui aurait pu donner, tri de papiers déjà pré-triés (pas de grands rangements debout) et paperwork administratif (1).

Les ami•e•s m'en ont sauvée.

Les uns en me proposant de me joindre à un déjeuner, grand bonheur car réellement depuis 2015 et même si nous nous étions revus, de part des combinaisons de circonstances et des emplois prenants (ou éloignés) je me sens coupée du monde amical, trop de propositions que j'ai dû refuser à cause de moments durs ou de mon métier et ses horaires décalés. Trop de propositions que je n'ai pu moi-même lancer. Ça fait plaisir de voir grandir les enfants. 


En revanche et globalement, je suis triste de constater, concernant un cercle amical élargi, que même si quelque chose de notre esprit pionniers - nous étions toutes et tous des blogueurs d'avant l'élan qui précédait la floraison des réseaux sociaux -, la plupart d'entre nous bataillent au boulot, 
et je pense que c'est ce qu'écrit Anne, dans son semainier, au sujet des personnes qui devraient être concernées, n'en ont plus la force quand bien même elles le souhaiteraient,
"des bénéficiaires, lesquels n’ont plus besoin que la culture vienne à eux puisque la culture vient à eux sur le smartphone quand ils le veulent. Lesquels sont épuisés, rincés par le travail tel qu’il se présente aujourd’hui (rentabilité et chiffrage de tout, pression permanente, inhumanité des relations), ont besoin de repos et d’air. Sont trop fatigués pour le reste."

J'ai dû ensuite cavaler (après tout un échauffement pour le lendemain), pour attraper ligne 13 puis un bus et filer rejoindre d'autres ami•e•s qui clôturaient à la médiathèque d'Argenteuil une saison d'ateliers d'écriture. Là aussi j'étais si heureuse de pouvoir être parmi eux, en plus que de savourer la qualité des interventions. 

 François Bon en a fait une video qui restitue bien l'ambiance et pas seulement des bribes, la teneur de chacunes des interventions

 Preuve que le polar me titille à nouveau (2), en me reconnaissant passer brièvement à l'écran, j'ai pensé que quoi qu'il advienne j'avais ainsi un alibi pour l'après-midi. Une photo en témoigne aussi.

La journée avait été si belle que me trouvant embarquée, parce que j'en avais encore la force, à peine rentrée dans des courses en hypermarché, je n'ai pas même souffert de partager la corvée.

 

 

(1) Grâce à Samantdi j'ai découvert par ricochet que nous avions payé trop d'impôts l'année passée et étions en passe mais pour une raison différente d'en faire autant cette année.

(2) Côté erreurs judiciaires, pas tant les drames et les enquêtes que les emballements soudain vers un coupable qui semble tout désigné. Et la passionnante série de France Culture sur l'affaire Gregory n'y est pas pour rien. Intéressant de voir combien ça m'intéresse à présent alors que j'avais tendance à m'en écarter à l'époque des faits, probablement par respect pour les malheureux concernés et cette sorte d'emboitements de malheurs qu'il y avait dans cette affaire-là, et par dégoût de la façon dont les médias, comme plus tard pour l'affaire d'Outreau firent monter la mayonnaise. Enfin je crois que Sophie Daull et sa manière littéraire d'écrire au sujet d'un drame dont elle fut l'une des victimes par conséquences m'a ouvert les yeux sur certaines choses que je ne voyais guère ; même un fait divers qui semble désespérément particulier dit beaucoup de nos sociétés, au moins dans le traitement qui en est fait. 

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