Gallimard Crash Test (premier au)
De l'indulgence pour les ignorants prêts à se montrer bienveillants

De la relativité du Ne rien faire

 

    Je tiens des classes prépa, de la lutte quotidienne pour mener une vie "normale" malgré la béta-thalassémie (mineure), et de la pratique du triathlon, la capacité de me mettre à la tâche en mode machine et de m'y tenir lorsqu'une échéance lourde s'impose. Il se trouve que je suis née avec le goût de l'effort, ce n'est pas une question d'éducation, je n'ai aucun mérite c'est ainsi.

En revanche comme il n'y a pas de miracles (ou alors très rarement) et que je ne fais pas usage de produits dopants, je paie généralement ces pics d'activités par un ou plusieurs jours d'incapacité relative.

De la même façon que j'ai appris à endurer avec sérénité les crises de froid qui me venaient après nager dans la Manche sans combi, j'ai appris - il m'aura fallu longtemps - à ne pas résister inutilement lors de ces journées où mon corps a besoin de récupérer.

C'est l'horreur quand je dois malgré tout aller travailler. C'est pénible (le cerveau voudrait agir, sait parfaitement toutes les tâches qu'il faudrait accomplir seulement le corps ne suit pas) mais supportable lorsque je peux me permettre de rester chez moi. 

Simplement ça créé une journée blanche, durant laquelle rien n'est fait de ce qui était devant l'être.

Rien ?

Voyons ça. 
Aujourd'hui j'étais dans ce cas, mission Lave linge et réfrigérateur accomplie. 
J'avais prévu d'aller nager au réveil, repéré une piscine qui ouvrait à 7h. L'idée était de faire un petit "décrassage" qui rendrait ma carcasse moins douloureuse des efforts des jours précédents.
Sauf qu'au tôt matin, il pleuvait des cordes.

J'ai attendu que ça se calme, j'y suis finalement allée. Pour nager peu et très lentement, mais cependant nager  Capture d’écran 2018-08-09 à 19.14.35
Au retour j'en ai profité pour imprimer à Pont Cardinet des billets cartonnés pour quelques trajets en trains prévus prochainement. 

J'ai descendu les encombrants stockés provisoirement sur le balcon aux encombrants (1), sorti une lessive et lancé la suivante, fait des courses - c'est qu'on a un réfrigérateur à remplir ! -, préparé un bref repas (2).

Il y a eu beaucoup de sommeil sinon et pas mal de sports regardé sur l'ordi (Championnat Européens).

Force m'est donc de constater que lorsque je ne fais rien, néanmoins, je fais.

J'espère que demain je serai à nouveau opérationnelle, il me reste encore bien du travail à abattre pour rendre à notre famille des conditions de vie acceptables. Et par ailleurs je ne peux demeurer plus longtemps sans écrire. Survivre sans écrire me bouffe une énergie folle. 

Enfin, il est plus que temps que je m'attelle sérieusement aux entraînements de triathlon.

 

(1) Dans notre rue c'est le jeudi soir.
(2) Pour le dîner le fiston a pris en charge et commandé des tater tots 

PS : Je fais donc partie des gens qui ayant touité au sujet de l'affaire Benalla se retrouvent épinglés dans une liste censée servir de base pour dépister les fake news. Pas eu le temps d'y voir de près ni de déposer de plainte auprès de la CNIL, mais il semblerait que le fait de faire de l'ironie sur un sujet revient pour l'algorithme à propager des rumeurs. Je comprends mieux pourquoi un beau matin mon compte avait fait l'objet d'une revalidation nécessaire pour activités inhabituelles. Ce dispositif a dû foutre le bazar, à moins que tous les comptes concernés n'aient fait l'objet d'un signalement.
La France, ce pays où bientôt on ne pourra plus évoquer une affaire d'état sans s'attirer des ennuis. 
Je dépose pour me le rappeler quelque copie d'écran d'une des discussions qui s'en est suivie. Et je note pour ne pas donner une fausse impression du fait de l'avoir mentionné que ce fut le cadet de mes soucis tout au long de la journée - je n'ai pas d'employeur qui puisse en prendre ombrage -. Je crois simplement que c'est intéressant pour ce que ça dit de l'air du temps. 

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