Albertine disparue
Une daronne, la bière, la chaleur, Kaaris et Booba

Aux blogs d'autrefois

 

    Je profite d'une journée de transition (j'espérais entre autre pouvoir et devoir passer à la banque mais il me manque quelque élément) pour prendre un temps calme à la BNF, tant qu'à m'être déplacée jusqu'à cette zone de Paris, tant qu'à n'être plus dans du temps contraint. 

Trop fatiguée pour écrire et ne souhaitant pas forcer - beaucoup de travail m'attend à la maison -, j'en ai profité pour me promener sur les archives de l'internet et lire de nos billets du temps où nous commencions à bloguer. 

Les réseaux sociaux sont venus assécher nos blogueries, pas tant le fait d'écrire - nous sommes un certain nombre à continuer - que celui d'échanger, via les commentaires.
Nous étions alors dans un temps pionnier et une sorte d'illusion d'Entre-nous, plus libres dans nos propos, plus prompts à se confier. 
Mais au delà de ça quelque chose c'est perdu de l'ordre de l'insouciance. C'est assez général, pas lié aux vies des un-e-s ou des autres, lesquelles se sont plutôt améliorées, je me suis d'ailleurs amusée du nombre d'ami-e-s de blogs désormais apparié-e-s. Seulement il y a eu des deuils et des événements généraux qui nous ont tous plombés. Globalement la vie au travail semble de plus en plus difficile, même si on en parle de façon de plus en plus #CeuxQuiSaventSavent car on craint désormais de s'attirer des ennuis. Les moments d'insouciances et collectifs d'euphorie semblent s'être réduits comme peau de chagrin. Je comprends mieux pourquoi tant d'entre nous (j'en suis) se sont laissés porter par la vague de victoires de l'équipe de France à la coupe du monde de football : nous n'avions plus eu d'occasions de réjouissances collectives depuis longtemps. 
Politiquement on assiste à un naufrage : plus personne fors quelques exceptions assez vite atteintes de dé(sen)chantement ne croie à une amélioration. La menace des populismes d'extrême-droite se précise ou récemment se concrétise (Hongrie, Italie). On avait déjà traversé le 9/11, on s'est pris en plein la réapparition d'attentats désormais accomplis par des types suicidaires, importantes différence d'avec les vagues d'attentats précédentes. Il y a eu la bouffée d'espoir du Printemps arabe vite retombée : des dictatures en ont remplacé d'autres ou on résisté au point de provoquer une guerre civile qui n'en finit plus. L'Europe s'en est trouvée au cœur d'une vague migratoire sans précédent. Qu'on le veuille ou non, la crise des subprimes partie des USA en 2007 - 2008 se sera par vagues successives étendue jusqu'à l'Europe (et sans doute le monde presque entier mais je ne sais pas bien les conséquences pour chacun ailleurs loin). On le sent passer de façon ténue soit par du travail perdu soit par des conditions qui se dégradent. Bosser en sous-effectifs est devenu la norme. 
On sent la lassitude. Chez qui continue, les sujets sont moins légers. 

J'ai la nostalgie de l'époque d'insouciance. Je me souviens bien que la vie quotidienne de chacun n'était pas si facile. Seulement plaisanter restait possible. Il faudrait pouvoir continuer à résister. Au moins comme ça.

 

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