Jérémy, nageur
Un attentat deux jours après

De l'art de saboter les Mobike ou du moins leur usage


    Les Vélibs canal historique avaient dès leurs débuts subi de lourdes dégradations. Leur opérateur n'avait trouvé de solution que de les réparer ou remplacer souvent. 

Je tiens à signaler que les pires dégradations, du sabotage pur et simple, nécessitant des outils, que j'avais pu observer furent dans le XVIème arrondissement.

Étrangement, les néo-Vélibs comme les Take-and-Go opportunément apparus dans la période de transition semblèrent tous ignorer ce problème. Comme si les gens allaient devenir respectueux miraculeusement. 

Les seuls à sembler avoir penser à ce problème étaient les concepteurs des Mobike : engins d'allure solide mais néanmoins légers, pas de chaîne mais sans doute un système couvert de type vilebrequin, pas de fins rayons mais de solides axes, des roues pleines, rien à redire.

Hé bien ceux qui pensent que casser ce qui peut être utile aux autres est un acte glorieux ont quand même trouvé moyen de corrompre l'usage de ces bons petits vélos.

J'en ai vus beaucoup qui n'avaient plus le petit curseur du système de verrou - lequel peut heureusement fonctionner sans, on tient les tiges directement -, j'en ai vu un avec la béquille volée. Ce soir j'en ai emprunté un avec les freins tordus : quelqu'un s'était amusé à déformer le métal pourtant épais de là où l'on peut les actionner. Sur 150 km parcourus depuis le début de mon abonnement, ce qui doit représenter plus d'une centaine de vélos utilisés, cela fait remarquablement peu.  

En revanche, à défaut de pouvoir vraiment les casser et comme il n'y a pas de stations qui contraignent à une localisation disponible au partage après l'arrêt, certains utilisateurs ne se gênent pas pour les privatiser.

-  privatisation des vélos par dépôt dans une zone d'accès privé. 

Par exemple ce vélo que l'appli indiquait comme étant à proximité au moment où j'en cherchais un à emprunter : 

P5080124
En réalité se trouvait là : 

P5080122
Ce qui limite singulièrement son usage. 
Dans la plupart des cas le vélo est dans un accès d'immeuble, ou possiblement dans sa cour. Ainsi il apparaît sur l'appli, mais à quelques mètres près impossible de savoir à l'avance s'il sera bien vers le trottoir ou "intériorisé".

- privatisation par masquage du code
Un marqueur indélébile semble suffire. Un coup sur le code QR, un coup sur le numéro gravé sur l'axe central et le tour est joué : plus personne ne peut l'emprunter que le saboteur qui aura pris soin au préalable de noter le numéro

- privatisation par déréglage outillé
On déplace avec un outil (une clef à molette ?) un élément essentiel pour rouler. Quand on voudra le reprendre il suffira de remettre la pièce en place.
Vu pour la première fois aujourd'hui : une selle toute de travers - alors que là aussi système solide et bien conçu -. Si j'avais eu mon outillage de vélo, un ou deux tours de vis et tout rentrait dans l'ordre. Je n'étais pas outillée je n'ai pas pu emprunter ce vélo dont la selle se retrouvait presque perpendiculaire au sens d'avancement. Je pense que celui qui avait fait ça pensait le reprendre. Il lui suffisait de redescendre de chez lui avec l'outil approprié. 


J'espère que, vivement combattues, ces pratiques rapidement prendrons fin, faisant du Mobike une bonne alternative aux Vélibs moribonds.

 

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