Jacques Higelin par Sandrine Bonnaire
Sept cent soixante-dix-sept

Un grand cousin de moins

 

    Je m'activais à la librairie, ranger et faire le ménage de la veille afin de préparer celle du soir même avec Marc Voltenauer, dont je me réjouissais.  

La radio était sur FIP. 

Il fut soudain 11h51. 

Flash d'infos. 

Des choses et d'autres.

Et puis cette phrase quelque chose comme On annonce la mort de Jacques Higelin.

Je crois qu'il m'a fallu jusqu'à la fin de l'après-midi pour retrouver une forme d'équilibre. Il était temps, il y avait une rencontre littéraire à préparer. 
Les copains ont eu du mal à venir. 

Sans doute que beaucoup d'entre eux pleuraient dans leur coin.

Au café des amis, d'autres, ceux de notre auteur invité, avaient préféré sortir plutôt de cuver [leur peine (éventuellle)]. Dès lors ce fut une formidable soirée. J'ai été heureuse des rencontres. Cette impression qu'on a parfois qu'il s'agit de retrouvailles.
Le sentiment de deuil mis un temps de côté.

Il m'a rattrapé alors que je regagnais la librairie avec le diable et les quelques bouquins qui restaient.

J'ai toujours ressenti Jacques Higelin comme un de mes cousins. Un plus âgé cousin. La sensation, plus qu'avec la disparition de mes parents, que ça y est maintenant nous sommes devant la mort ceux de (presque) premier rang.

Je vais m'endormir au souvenir de concerts. Je ne sais plus combien : l'impression d'avoir grandi vieilli ensemble est si profonde. Je me souviens de Bercy en 1988 (?) ou 1987, un Jacques jeune et funambule. D'un Bataclan, où il saute s'assoir sur le piano, puis se retourne vers nous en disant Tant que je peux !
D'un Zénith grâce à Gilsoub et son frangin. Sandrine Bonnaire filmait Higelin.

D'autres encore, moins distincts.

J'ignorais que le temps lui était compté. J'ignorais qu'il mourrait. 
Merci pour les bonheurs, la poésie en vie. Quels cadeaux, au long des ans !

 

 

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