Les conséquences persistantes
Ça sera comme ça toute cette semaine et d'autres et d'autres jours encore

Genre le genre


    Une amie publie un lien sur un bus militant sur lequel était écrit "non à l'enseignement du genre à l'école". J'ai rarement lu slogan si dépourvu de sens. D'autant plus que nous vivons dans un monde qui sur le plan du genre est très "assignant", et l'est beaucoup plus que dans les années 70 du siècle précédent.

Je lis quelques billets d'un blog de course à pied, et arrive sur celui-ci, qui ne raconte pas si mal le plaisir de la course en pleine nature lorsqu'on est en bonne santé, déjà bien entraîné, et que l'on peut savourer. Je me disais qu'un des rares trucs que j'enviais aux hommes était peut-être celui-là : pouvoir courir torse nu sans que ça fasse des tas d'histoires (du moins en s'entraînant). Qu'il y avait deux autres choses, pouvoir pisser sans avoir à se déshabiller - quel temps on perd nous autres dames, surtout l'hiver -. N'avoir pas de règles, ni le souci des grossesses non désirées.
Et puis comme en toutes choses, il y a les avantages des inconvénients. Quand je vois tous les tracas induits par le comportement relativement autonome de leur sexe (je peux me gourer mais vu de l'extérieur c'est l'impression que l'on a), et des bouffées de violence qui semblent difficilement contrôlables et physiologiques, je suis bien soulagée qu'il me soit épargné de devoir faire face à ce type de tracas. Je suis persuadée que mon attachement aux choses paisibles, harmonieuses, respectueuses n'est pas lié à mon genre mais à mon tempérament. Ça tombe bien : comme je suis une femme, c'est très admis. Serais-je un garçon on m'aurait sans doute moqué(e ?) ?


J'étais soulagée aussi lorsque nous avons souhaité avec celui qui m'aimait fonder une famille, que ça soit moi qui porte et accouche : j'aurais eu trop peur pour lui, je n'aurais pas aimé être à sa place (1), au moment des naissances. Et même si j'en ai bavé j'ai trouvé très intéressant le fonctionnement du corps, combien il est fascinant de voir ce qui permet de faire face.
J'étais toutefois très heureuse de n'avoir pas à endurer une vie de grossesses successives. Car j'ai bien ressenti et constaté combien ça épuisait et ce qu'intérieurement d'équilibres ça modifiait.

Pour le reste, y a-t-il vraiment tant de différences que ça ? Plus je vieillis, moins je le crois. Il me paraît de plus en plus criant que c'est la société qui fabrique des écarts avec un fossé qui se creuse entre qui se conforme, qui ne se conforme pas et que pas mal de personnes sont mal à l'aise voire malheureuses avec ce qu'on exige d'elles au titre de l'assignation à un genre et à une binarité absolue qui ne coïncide pas réellement avec nos âmes et nos carcasses.

 

(1) C'est dans mon tempérament, ça ne doit rien à mon genre : j'aime être la personne qui fait les choses. C'est quelque chose que j'apprécie dans mon travail actuel : je suis l'élément agissant et cependant avec de l'autonomie (obéir n'est pas quelque chose que je sais faire, participer si)

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