Croisements, coïncidences et recoupements
Qui était Jean Blanzat ?

Thirteen reasons why


    Depuis quelques mois je suis à nouveau capable de suivre une série. C'est lié aux moments difficiles que nous avons traversés, au besoin de c'en évader. 

Qu'il faut un contre-poids aux livres. 

Que mes enfants ont pris soin de moi, l'une en me prêtant ce qui était à l'origine sa connexion, l'autre en m'indiquant une série qui m'a bien accrochée. Une série pour enfants avec une belle reconstitution des années 80. Une fois celle-ci terminée, j'avais envie d'en retrouver une autre.

Je les regarde à l'ancienne, un épisode par semaine, environ. La petite attente anticipative de l'épisode suivant fait partie du plaisir.

Du coup après plusieurs essais, dont certains presque concluanta ("The Americans"), et l'impossibilité pour cause de devoir la regarder avec le home cinema pas souvent disponible, de regarder The wire de façon suivie, j'en suis venue à "13 reasons why", un peu reluctantly et en me sentant trop vieille pour m'intéresser réellement.

C'était plus une façon de me vider la tête.

Et puis l'écriture arrive dans l'histoire, des personnages prennent de l'épaisseur, on sort un peu de la série pour ados, les enchaînements de flashbacks sont magnifiques et correspondent tellement (bien) à ceux que l'on a après un deuil, que je finis par être "dedans".

Pour autant j'eusse été plus intéressée par l'équivalent mais entre adultes dans le milieu du travail, qu'au lieu de bullying il s'agisse de la pression qu'on met au travail sur les gens, la façon dont on les incite à "s'impliquer" et pas seulement faire le boulot et combien ça peut devenir létal une fois que puisqu'on est dans une société où celui qui bosse est la variable d'ajustage, on jette celui ou celle qui travaillait en y ayant mis de soi. Question d'âge, de génération.

Peut-être aussi que les interrogations du personnage de Clay me rappellent celles qui furent miennes il y a onze ans, quand quelqu'un m'avait quittée sans que je ne voie pourquoi. What have I done to Hannah ? Et puis je me souviens des suicides successifs à "l'Usine" et combien nous en fûmes perturbés. C'est intéressant de pouvoir y repenser, au calme, plus de vingt ans après.

Pour autant. 

Je ne suivrais pas forcément la saison 2. Sans doute que j'écrirai. 

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