Les gens calmes
Lisette Oropesa

Télescopage plastifié

 

    Je n'ai pratiquement pas de temps devant mon ordi ces jours-ci. Notons que pendant que ma vie est belle et surchargée, il s'agit depuis environ une semaine d'une période de canicule assez remarquable, je sais que c'est mal vu de le dire, mais moi qui me sens au mieux de ma forme au dessus de 25°c (et à condition de ne pas dépasser 37) je suis aux anges (1). 

Le contraste avec la même période de l'an passé est saisissant. On était resté à un moment dix à onze jours sans voir le moindre rayon de soleil et la Seine était en crue comme elle l'avait rarement été.

Cette année les climatiseurs doivent pomper à fond. Apparaissent des coupures de courant. L'une d'elle, dans la nuit, a affecté les pompes de la piscine. Un (petit) bassin s'est trouvé vidé. L'entraînement a été annulé.

Je suis alors passée par une boulangerie histoire de ravitailler avant de rentrer le logis (2). Seulement j'étais à vélo sans avoir prévu d'y passer. J'ai donc demandé un sac. Or il n'y en a plus, une loi anti-sachets plastiques a été votée il y a un an ou deux et qui est réellement entrée dans les faits. J'ai donc dû rentrer à pied, tenant le vélo d'une main, chargée de mes affaires de natation en sac à dos, calant le sac en papier sans anse sous mon bras libre comme je le pouvais et le petit sachet du croissant pour l'homme de la maison dans le porte-bidon.

Il faut prendre l'habitude d'être toujours pourvue d'un filet à provision.

Alors que je me faisais cette constatation, à peine rentrée, je suis tombée sur cette video, relayée sur Twitter par quelqu'un que je suis. Pour le cas où elle ne serait plus disponible je la décris : il s'agit d'un homme en bateau à rames qui voit une petite tortue de mer en difficulté et la sauve du sac en plastique dans les anses duquel sa tête et l'une de ses pattes étaient enserrées. Et si fort (elle avait dû se débattre pour tenter de s'en extraire) qu'il n'a pu l'ôter qu'en coupant le plastique.

Nos efforts de "faire sans" valent la peine, vraiment. 

 

(1) Et j'ai beau intellectuellement savoir que ces fortes chaleurs sont éprouvantes, à part pour la pollution induite (que je ressens, à Paris, sans besoin d'instruments de mesure, à tel point la qualité de l'air morfle), je peine à concevoir, dans nos régions tempérées, la chaleur comme une ennemie. Je ne peux m'empêcher de la percevoir comme un soulagement.

(2) Une pensée pour ceux qui font le pain et doivent avoir très très très chaud, pour du coup.

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