Du mal à aller dormir
Test d'étanchéité

No, Zollo, proprio no

Capture d’écran 2017-05-12 à 09.32.29

J'avais vu passer l'info hier soir en rentrant d'une belle soirée chez Charybde, autour de Manchette.

Je m'étais dis Je suis fatiguée, j'ai mal compris.

Et puis ce matin, j'ai vérifié avant la piscine. Ça se recoupait.

Cédric Villani s'est donc laissé embarquer. Je suis certes reconnaissante à Emmanuel Macron d'avoir saisi la chance que représentait la disqualification du candidat Les Républicains, et d'avoir su rassembler assez pour faire barage au populisme d'extrême droite. Aux yeux du monde extérieur il incarnera mieux la fonction que ses deux prédécesseurs. Je pense qu'on peut au moins lui faire confiance pour ne pas faire honte au pays ni donner de celui-ci une image de contrée de la gaudriole et d'une certaine mollassonnerie.
Bon.
Il n'en demeure pas moins que son programme s'il l'applique présente bien des points très inquiétants pour le bien des communs. Ça sera la Loi Travail en pire. Il y aura sans doute de bonnes choses pragmatiques (sur le programme énergétique ? sur la gestion de certains domaines ?) mais globalement, les petites gens, no illusion, on va en chier. Ça va être un faux renouveau politicien à la sauce entrepreneuriale, ça a d'ailleurs déjà commencé, et ça peut même faire un peu rigoler (1), il n'y a pas que du mauvais. Seulement les plus pauvres et les déjà décrochés vont s'enfoncer.

Alors quand j'ai vu que cet homme que j'admire c'était laissé embringuer par les sirènes du pseudo progrès et de l'ambition personnelle, je me suis sentie comme le professeur de Il portaborse (2), que le jeune politicien brillant et censé être un peu à gauche, a embauché pour lui écrire ses discours, et qui lors d'une réunion de crise rencontre l'élève le plus brillant qu'il a jamais eu devenu avocat et au service de la défense de celui qui est aussi corrompu que d'autres, No, Zollo, proprio no [Hanno Zollo].

(et je me suis vraiment réveillée ce matin en pensant, Ma come vero, come possibile, hanno Zollo ? et j'ai filé vérifier)

 

PS : Si vous avez l'occasion de voir ou revoir ce film, c'est le moment où jamais. V.O. très conseillée car la mise en bouche des discours par Moretti est grandiose. Ce film a 26 ans mais à part l'absence de téléphones portables, de tablettes et d'une abondance d'ordis, il n'a pas pris une ride, au contraire.
PS' : Je n'aimerais pas être à la place de Cédric Villani quand le charme se rompra ; je comprends fort bien que tel le sportif de haut niveau, le chercheur doit prendre soin de passer à autre chose avant d'être confronté trop durement à la baisse de ses capacités. Seulement quels regrets.

 

(1) Valls non investi mais on lui met personne en face.
(2) Le porteur de serviette, Daniele Luchetti, 1991 avec Nanni Morretti génial dans le rôle du politicien et Silvio Orlando formidable dans celui du professeur qui d'abord y croît et est fier de contribuer au succès d'une politique qu'il trouve censée puis dégivre et voit la réalité telle qu'elle est. 

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