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Le cumul des temps contraints


    Lu ce matin sur le Bondy blog cet intéressant article de Sarah Ichou et Azzedine Marouf au sujet des lycéens qui cumulent leurs études et un emploi. 

Je crois que ce qu'on ne mesure pas tant qu'on ne l'a pas vécu dans son corps, c'est qu'un être humain ne peut être opérationnel et efficace H24. Non seulement la plupart d'entre nous a besoin d'un certain nombre d'heures de sommeil afin de pouvoir fonctionner mais en plus nous avons tous besoin de nous consacrer à du rien ou du n'importe quoi, le temps que la carcasse se repose des efforts et que le cerveau s'abstraie un brin du quotidien, des pensées professionnelles, des tracas. C'est nécessaire pour pouvoir ensuite reprendre le collier.

Alors dans le cas de ces jeunes, sans même parler de la vie sociale dont le fait de travailler, surtout les week-ends de facto les excluaient, il est évident qu'au bout d'un paquet de temps à ne considérer que la compatibilité calendaire des horaires (cours, boulot, trajets), malgré leur courage et leurs forces fraîches, ils ont dû réduire leurs horaires ou se mettre en disponibilité le temps de préparer leur examen scolaire. On ne peut survivre qu'un temps sur des temps contraints.

Je crois, mais je peux me tromper, que si les générations d'il y a une centaine d'années s'en sortaient malgré des horaires très lourds, c'est qu'une certaine lenteur dans chaque chose leur permettait d'inclure les respirations dans les tâches elles-mêmes. Il n'y avait pas ou moins de machine pour dicter son rythme. Les modes de déplacements permettaient d'inclure les trajets s'ils se passaient dans de bonnes conditions, dans une forme immédiate de récupération. Le travail à la chaîne commençait mais les cadences n'étaient peut-être pas les mêmes. Les rendements existaient et il est heureux que certains travaux extrêmement durs soient de nos jours mécanisés mais on allait moins chercher la course contre la montre permanente (1).

Cela dit, il est bon d'équilibrer sa vie entre deux activités. Je sais que l'air du temps voudrait qu'on soit dans un seul job dans jamais dételer. Seulement il me semble qu'on est d'une plus grande efficacité en partageant son temps, une forme de récupération s'effectuant dans la variation elle-même. Un peu comme une permaculture intérieure. Un calme beaucoup plus grand.

 

(1) Je l'ai vue se nicher même dans la vitesse pour servir en librairie des clients ... alors qu'il n'y avait personne derrière et que les personnes ne réclamaient pas particulièrement que l'on se hâtât.  


Two six one

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C'est un statut de Philippe Annocque sur son mur FB qui a attiré mon attention sur le fait que le passage en force de Kathrine Switzer au marathon de Boston datait d'il y a cinquante ans (déjà !) et ... qu'elle venait d'y participer à nouveau cette année.

Et de boucler ses 42 kilomètres, tranquille, fraîche, à 70 ans. 

Après avoir rendu un grand service à tant et tant et tant de femmes comme moi pour qui la pratique du sport est un élément très structurant de la vie. 

Je suis éperdue d'admiration et pour le côté sportif et pour le côté militant. 

Et infiniment reconnaissante.

Merci au passage à Philippe aussi.

 

PS : Sur le Huffington Post un article complet de Célia Cazale

 


Et le démarchage politique par téléphone (fixe) survint

Appel 180417 1200

   

    Petit préambule

    Je suis sortie de la phase d'inquiétude pour ma mère, puisqu'elle n'est plus, durant laquelle le moindre appel sur le fixe me faisait manquer un ou deux battements de cœur : les proches appelaient sur nos portables, l'hôpital finalement aussi, un peu les pompiers à la fin, mais globalement, les appels sur le fixe signifiaient une urgence, un nouveau problème.

Ceux qui nous connaissent bien nous joignent sur les téléphones personnels pas sur le vieil appareil dont les appels commerciaux nous ont éloignés.

Un appel ne me fait donc plus sursauter. Mais ça pourrait. Je me mets à la place des gens qui sont à leur tour dans mon cas des mois précédents. Je reste très nerveuse et facilement en colère au sujet des appels non personnels non sollicités.

*            *            *

    Ce midi


    Voilà que repassant à la maison fissa, avant d'aller bosser, j'ai eu la surprise de tomber sur le message vocal ci-dessus, délicatement déposé sur mon répondeur par le 09 70 38 80 00 .

(qui demande de le rappeler donc je n'ai aucune raison de ne pas le diffuser).

D'accord nous ne sommes pas sur liste rouge. D'accord le démarchage politique fait partie de la campagne. Mais il s'agit de tracts que nous pouvons refuser ou de mails que nous pouvons déposer dans l'antispam (1) ou encore de courrier en papier qui peuvent filer à la poubelle. C'est la première fois que nous sommes sollicités par du démarchage téléphonique politicien, fors il y a une quinzaine d'années quelques appels municipaux pour me convier à diverses manifestations culturelles locales : j'avais consenti à faire partie de sortes de petits comités de consultation citoyens pour la bibliothèque et le cinéma et l'on pouvait donc considérer que je l'avais un peu cherché. 

Aucun d'entre nous n'a fait la moindre démarche auprès du mouvement En Marche ! et nous voilà appelés. Chez nous. À l'heure présupposée du déjeuner (2).

Nous voilà donc sollicités d'une manière aussi intrusive qu'en leur temps les cuisines Vogica, sans l'avoir souhaité.

Il se trouve que je suis encore hésitante quant à mon vote de dimanche. Si d'aventure ce candidat faisait partie des possibles de mon hésitation, il vient juste de s'en extraire.

 

PS : Je connais un nombre certain de personnes qui s'apprêtent à voter pour lui mais aucune en mode Hourrah c'est mon héros - toutes en mode Barrage à Le Pen et Fillon et puisque le PS est cramé, allons vers celui-là, donc je les imagine mal refiler mon téléphone alors qu'ils sont fragiles dans leur conviction. 
Par ailleurs s'il s'agit d'une blague, l'enregistrement de la voix est rudement bien imité.

(1) Cela dit je ne suis pas encore parvenue à me débarrasser tout à fait de ceux, particulièrement pénibles, émis par le staff de Jean-Frédéric Poisson et pour lesquels je me demande bien d'où ils sont allés capturer mon adresse mail.

(2) En l'écrivant me vient une vision de cauchemar, celle d'un appel en pleine nuit, je file décrocher afin qu'il ne réveille pas toute la maisonnée et soudain c'est la voix d'Emmanuel Macron, le pas enregistré, le vrai. 

addenda du 19/04/17 fin de matinée : Un ami qui habite en Île de France m'indique que Sarkozy lui avait fait le coup en 2012 - alors que rien ne laissait supposer qu'il fût sympathisant -. Je n'ai pas à me plaindre, finalement.

Reste la question : ce type de tentatives en mode Campagne à l'américaine n'est-il pas en France contre-productif, du moins si l'on n'a rien à voir avec le candidat concerné ? 


Dans la série je comprends vite mais je mets longtemps

 

    Deux ans que je dispose d'un très agréable smartphone, dûment proposé par mon opérateur, ce qui tombait bien, mon téléfonino précédent flanchait.

Je regrettais seulement que les sonneries fussent identiques pour toutes applications, or si les SMS sont encore porteurs généralement de messages personnels, et donc demandent qu'on y jette un œil si possible pas trop tardivement après leur arrivée, les notifications des différents réseaux sociaux sont trop nombreuses pour être suivies à la minute près. J'avais du coup réglé l'ensemble sur un bip discret. Ce qui me faisait louper bien des SMS du moins d'y répondre dans la foulée (1). Sans compter que tant que ma mère n'était pas malade et si je n'attendais rien de particulier, je basculais en mode silencieux pour les heures de bibliothèque et de travail en librairie.

Il aura fallu l'arrivée de Mastodon et que je souhaite pouvoir distinguer les notifications de ce réseau des autres, du moins tant qu'il reste en config, réunion des amis (un peu le twitter des débuts, quoi) pour que je me penche sur la question et m'aperçoive aussitôt qu'il convenait de régler les sons appli par appli et que le "par défaut" général ne s'appliquait que si l'on ne précisait rien de particulier (2). 

Deux ans ! (et vingt secondes, le temps de se poser vraiment la question)

Je pense que mon incommensurable capacité à "faire avec" toute situation, jusques dans ce genre de détails, vient de générations et générations qui avant moi n'ont fait que bosser en espérant survivre et sans avoir de choix, fors la révolte quand vraiment ils n'en pouvaient plus.

 

(1) Sans parler de bizarreries par périodes, des SMS reçus ou envoyés plusieurs jours ou heures après (non je n'envoie pas, sauf extrême urgence de SMS, en pleine nuit) - ce qui tient  sans doute des opérateurs et non des téléphones -.

(2) À ma décharge mon téléfonino précédent n'étant pas un smartphone tout se réglait via les paramètre de l'appareil (son de SMS, son de messagerie ...) en centralisé. 


Indécise

 

    Toute ma vie d'électrice, fors à des premiers tours d'élections locales, je l'aurai passée à voter pour un "moins pire" ; quelqu'un dont le programme ou les promesses ne me faisaient pas plus rêver que ça, mais dont je considérais que la présence serait pour le bien commun et notre art de vivre ensemble le bien moins pire. 

Ces présidentielles s'annoncent pour moi de la plus grande difficulté : je ne sais pour qui au premier tour, voter.

Je crains, très fort, très violemment, tout en espérant tout aussi fort me tromper, un ras-de-marée pour Le Pen, sur fond de désespoir de gens qui n'en peuvent plus de ne pas s'en sortir, qui ont un peu cru en les "moi président" de Hollande, lequel s'est appliqué à faire quasi tout le contraire de ce qu'il avait annoncé et qui ne voient plus pour fenêtre d'espoir que cette fausse blonde qui leur dit que du fait même d'être Français ils auront pour quelques subsides la priorité. Les effets catastrophiques des populismes d'extrême droite qui ont conduit l'Europe au siècle dernier à la seconde guerre mondiale sont désormais suffisamment loin dans la mémoire collective pour que les mêmes cause (grande crise économique, appauvrissement des pauvres gens), conduisent aux mêmes tentations : celui qui promet de "nous" sauver en fédérant sur le dos d'un ou des méchants, nécessairement l'étranger.

Ce qui diffère des autres fois c'est que la droite censément "classique" celle qui il n'y a pas si longtemps présentait en socle commun de défendre des valeurs républicaines en tout cas en annonces, celle qui permettait en 2002 à tout citoyen de pouvoir voter pour un Chirac sans partager ses opinions mais au moins cette base, pour des raisons électoralistes ne cache plus sa contamination aux idées de la première.
Il se trouve que par dessus le marché le candidat que les primaires ont désigné pour le parti majoritaire de cette tendance s'est avéré totalement blindé de détournements de fonds publics, et diverses pratiques peu reluisantes, qui de facto devraient éloigner de lui tout électeur précisément attaché aux valeurs de probité que le candidat mettait en avant aux débuts de sa campagne. Après quand même un peu moins, bizarrement.

Alors ça devient très important de déterminer qui sera au second tour, ça n'est pas du tout un enjeu dont on peut estimer que ça ne changera pas grand chose pour le commun des gens, rien d'un Mitterrand Giscard ou Mitterrand Chirac dont on savait même si on allait passer sept ans à rouspéter si l'élu n'était pas celui de notre choix, qu'ils ne foutraient pas tout en l'air, qu'ils ne mèneraient pas le pays à la guerre civile ni à la guerre tout court (fors circonstances internationales très dramatiques), qu'ils éviteraient la famine et les pillages. Et qu'ils ne nous feraient pas honte [encore que : les avions renifleurs, on s'était sentis bêtes], même s'ils nous mettraient en colère par certaines décisions.

C'est là que je tombe personnellement dans la plus grande indécision.

Pas une indécision de programme, ça non. Je sais très bien vers qui irait mon vote si je (ne) tiens compte (que) de mes valeurs et de mon raisonnement, celui dont le projet me semble pour l'ensemble d'entre nous le plus pertinent.

Une indécision de cœur, un peu, car il y a un candidat que je trouve formidable et pour lequel j'aimerais bien voter. Sa présence me fait du bien. J'ai l'impression qu'il est là pour de bonnes raisons. Qu'il est prêt à défendre vraiment les gens. 
Son programme hélas, ne correspond guère au monde tel qu'il est ni aux humains tels qu'ils sont. Je suis très tentée de voter pour lui afin qu'il ait ses frais de campagne remboursés, si nous sommes nombreux à faire ce geste envers son courage et son honnêteté.

Et une indécision stratégique, compte tenu du contexte particulier, celle de voter pour celui qui s'éloigne le moins de mes convictions parmi ceux qui semblent éligibles à un second tour. Histoire de ne pas me retrouver alors à devoir faire un choix Peste ou Choléra.

Alors bien sûr les amis, ceux de mes amis pour lesquels un éligible au second tour avait de toutes façons leur préférence, tentent de me ramener vers leur choix. C'est juste que ça ne marche pas. Je pourrais tout au mieux me laisser influencer par un amoureux. J'étais prête à me laisser influencer par #lancienneamie , sachant qu'aujourd'hui ses paroles résonneraient sans doute moins pour moi, puisqu'elle fait partie des solides bourgeois. Je peux imaginer qu'elle votera utile et que voter utile signifiera pour elle voter Macron (dès le premier tour, je veux dire, afin qu'il prenne place au second), sans être dupe de la com' à tout va.
Rien à attendre de ce côté là.

J'attends toujours un argument de type "Truc auquel je n'avais pas du tout pensé" et qui fait que du coup mon choix deviendra évident. Ou que le second tour pour une raison ou pour une autre semblera soudain suffisamment "safe" pour que je puisse, comme beaucoup d'autres, m'accorder au premier un choix selon mes propres convictions.

Je crains bien sûr, des attentats. Qui viendraient encore et encore renforcer le ramassage de haines entrepris par la droite extrême et l'extrême droite, et si pratique pour faire oublier (tenter de) leurs malversations. 

Mais quelles que soient les circonstances, ce qui a complètement changé par rapport à mes débuts d'électrice c'est que désormais le socle commun n'y est plus. Jadis, les analyses sur la situation du pays étaient semblables, les buts à atteindre partagés ; en revanche variaient, parfois du tout au tout, les mesures présentées pour tenter de les atteindre. 

À présent ce sont ces analyses et ces buts même qui divergent d'entrée. Ce qu'un Fillon ou une Le Pen mettent en avant comme un péril, afin de rassembler leurs électeurs pour les en protéger, est le plus souvent ce que je trouve au contraire souhaitable et très bien, favorable au pays et comme devant être réalisé. 
On en est à ce niveau même de divergence.

J'ai honte aussi, pour ce pays, dont deux des principaux candidats devraient, pour ce dont on les accuse et qui, quoi qu'ils prétendent n'est pas sans fondement, être tout simplement en prison. Du train ou vont les choses je crains qu'ils n'y aillent ni l'un ni l'autre, se protégeant par l'une ou l'autre immunité de l'un de leurs mandats, ou par des arguties juridiques tandis que plongeront des personnes de leur entourage (1).

Une seule certitude : j'irai voter et au premier tour je ne voterai pas blanc. Sauf cas de force majeure j'irai également voter au second.

 

(1) Rappelez-vous parmi tant d'autres l'affaire Balkany Schuller ; l'un a plongé, l'autre s'est faufilé entre les mailles du filet.


Imagine how superior you can feel ...

 

    As usual mais plus que jamais, John Oliver, génial, exprime en drôle ce que je crains de façon à la fois intellectuellement et par les tripes - oui j'ai une trouille - 

 

 

Au même titre que François Morel, ce garçon me permet parfois de ne pas désespérer. Merci à eux.

Trois tours de lac

 

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Alors voilà, l'ennui des courses c'est qu'il convient de s'inscrire à l'avance, notez que s'il faut s'organiser (par exemple parce qu'elles sont loin) ça peut être un avantage aussi.

Ce qui fait en l'occurrence que je n'avais pas prévu que celle-ci viendrait alors qu'un deuil n'est pas encore tout à fait entré dans la phase La vie reprend son cours, que j'aurai juste avant une semaine de travail à temps plein - moment où je me rends compte qu'avec les trajets ça fait beaucoup, même si c'est le lot habituel de bien des Franciliens -, deux soirées formidables dont une qui s'est prolongée fort tard - longtemps que je n'avais autant ri, merci les amis, merci merci (plus particulièrement Aurélien, Hugues et Pierre-Louis) - un convoyage de vélo à la clinique des vélos sur le temps d'une pause déjeuner, sans doute l'épisode le plus fatiguant de la semaine, un dîner d'assemblée générale du club de dégustations de whiskies. 

Bref, tout ce qu'il fallait pour faire un exploit. 

En plus que le printemps du début de la semaine, s'était mué en "Surtout ne te découvre pas d'un fil" et que le froid, s'il n'est plus source de vives souffrances (1) est pourvoyeur d'un fort surcroit de fatigue pour moi.

Finalement, aucun problème pour boucler les 10 km, c'est déjà ça. Mais un temps d'escargot, accentué par un arrêt pipi intempestif (toutes précautions prises avant le départ, pourtant).

Heureusement ma montre est venue me remonter le moral en m'indiquant que j'avais été fort constante en allure, aux alentours de 6,40 mn/km (un peu moins de 9 km/h). 

Et surtout il y a eu ce plaisir de la course, le bonheur d'être en état de faire ça, courir, tout simplement, courir un certain temps, calmement, avec le corps qui répond convenablement. Je suis consciente d'une sorte de privilège, entre ceux qui n'ont pas ou plus la liberté de le faire et ceux dont le corps ne peut pas. Et que les femmes, ne serait-ce que dans ma famille, de la génération n-2 et préalables, jamais à mon âge, usées par les grossesses et de durs accouchements (2), quand bien même épargnées de famines, n'auraient pu faire ça.
L'homme de la maison qui courait lui aussi, mais visant un temps (les 50 minutes), était également heureux. Belle course que celle-là. 

La boucle présentait pour les lents de mon espèce un solide avantage : alors que j'ai couru au milieu des autos relâchées la fin des deux derniers "10 km" (en particulier en décembre la boucle du XVIIème : devoir finir sur le trottoir le long des autos à l'arrêt pour un feu rouge, toux assurée) auxquels j'ai participé, celui-ci reste en site protégé (3) et ainsi tous pouvaient courir dans de bonnes conditions.

Notes d'équipement pour une prochaine fois : il faisait 8°c au début, 12°c vers la fin, avec un rayon de soleil. Une brise par instant, peu gênante dans sa force mais dans sa froideur - pourtant l'impression qu'elle venait de l'ouest mais je peux me tromper -. J'ai couru avec ma tenue australienne, tee-shirt et collants courts, par dessus le maillot cycliste du club (pour les poches : téléphone, cb, un billet de 10 €, le pass navigo, une barre de céréale, des mouchoirs), et par dessus le tee-shirt bleu assez joli de la course. Gants de vélo et tour de cou remontable sur la tête en bandeau ou protection du froid (ce dont je n'ai pas eu besoin, n'exagérons pas). C'était le bon équipement pour moi pour la température. À peine un peu transpiré quand le soleil s'est montré.
Après la course j'ai remis la doudoune ultra-light u. qui m'attendait dans la voiture et je ne l'ai pas quittée de tout le repas : je ne l'avais pas ressenti dans l'action mais mon corps avait dû lutter contre le froid.
Mes nouvelles chaussures, testées la semaine précédente, étaient parfaites, déjà à mon pied. J'ai quand même un regret envers les japonaises qui soutenaient si bien la cheville. Peut-être qu'en course elles permettent davantage d'allonger la foulée.

Les champions qui avaient un départ dédié, après notre course populaire, étaient impressionnants à regarder. La première femme est arrivée dans un temps que bien des hommes pouvaient lui envier. Elle courait avec un partenaire (du moins c'est l'impression qu'ils m'ont donnée, qu'il avait fait la course avec elle, pour elle), lui même déjà très bon. Ils m'ont impressionnée. 

Reste une perplexité : la course "FFA" était ouverte à ceux qui avaient un temps max de 50 minutes. Or dans la course populaire, les meilleurs sont arrivés avec des temps de l'ordre de 35 minutes. Pourquoi ne s'étaient-ils pas inscrits dans la course des grands ?

Enfin : le cadre est beau. 

Rendez-vous dans un mois exactement au même endroit pour mon premier triathlon. C'était un repérage, un peu, en même temps. J'appréhende un brin. J'espère qu'il fera moins froid. 

 

(1) Comment ai-je fait pendant tant d'années pour supporter ça, la sensation que mon sang était gelé, que le froid venait autant de l'intérieur que de l'extérieur, que des glaçons aux arrêtes vives y circulaient, raclant les parois des artères et des veines ? Et toujours une vague crainte que ça ne me revienne. 

(2) Grâce à quelqu'un sur Twitter, je suis tombée sur ceci (hé oui, la maternité n'est pas nécessairement un bonheur, ni une fin en soi), très intéressant, même si ça n'est pas mon point de vue - j'ai été très heureuse d'être mère, d'autant plus que mes enfants à présent adultes, semblent ne pas m'en vouloir de les avoir balancés dans ce monde-là -. Je pense qu'il est très important que chaque femme puisse se sentir libre, entièrement libre, de ne pas faire usage de ses organes reproducteurs au cours de son existence.

(3) Même s'il y a toujours un ou deux cons qui n'obtempèrent pas et se la jouent JE rentre chez MOI, c'est mon droit, la route restait dégagée.

PS : J'ai payés mes efforts un brin excessifs de ces jours derniers par une après-midi de sommeil enfiévré. Mais je ne regrette rien.

PS' : Dans la série grande découvreuse de talents confirmés, je suis toujours au taquet. Ainsi donc la jeune femme qui m'a tant impressionnée est tout simplement un espoir au niveau national, championne de l'Île de France dans sa catégorie. Et son temps à mes yeux exceptionnel était pour elle décevant.


April in Paris (and nearby)


    Ma journée : 

RER C Porte de Clichy Ermont avec une bizarrerie d'horaire 

 

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mais néanmoins à l'heure pour le bus 12 Ermont Eaubonne - Montmorency La Chênée (arrêt Rey de Foresta)

le midi descente de la colline avec le vélo semi réparé mais la chaîne saute alors à pied jusqu'à Champs de Courses d'Enghien (ligne H) puis à Ermont Eaubonne RER C jusqu'à Gennevilliers. Tram à partir d'une station de la gare (un précédent m'était passé sous le nez) jusqu'au Luth.

Retour Tram jusqu'à Saint Denis puis train (Ligne H) jusqu'à Enghien et bus 15 de la gare d'Enghien à Mairie de Montmorency. À cause de l'attente du bus j'arrive en retard : pas prévu que je ne puisse pas repartir avec le vélo.

Après le boulot, bus 15 en descendant, de Place Roger Levanneur à Gare dEnghien. Train ligne H avec perturbations (celui que j'aurais dû prendre était supprimé), Enghien les Bains à Gare du Nord puis RER D jusqu'à Gare de Lyon puis à pied jusqu'à la librairie Charybde.

Retour intégral maison en vélib. 

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La montre ne s'étant déclenchée qu'au bout d'un moment je suppose que ça faisait plutôt 10 km (en 53 mn)

Je me sens légèrement lasse, à présent. On se demande pourquoi ...


Ils s'appelleront comment, les vélibs si c'est plus des Vélib's ?

 

    Parfois je me souviens qu'à l'origine j'avais ouvert ce blog pour raconter des "choses vues" à Paris ou dans la banlieue proche. Il se sera passé quand même un certain nombre de trucs qui m'ont fait copieusement dévier. En particulier la crise de l'environnement politique avec des responsables qui ne pensent qu'à leurs avantages personnels et méprisent le bien commun, solidement entamée en France sous Sarkozy, un peu calmée sous Hollande - lui n'aura été malhonnête, semble-t-il que dans sa vie privée ; le grief est plutôt à son encontre d'avoir fait tout le contraire sauf pour le mariage pour tous, que ce qu'il s'était engagé à accomplir si on l'élisait -. Du coup je ne peux pas m'empêcher de parler de politique alors que je ne me sens pas qualifiée et souhaiterait ne pas tant devoir y prêter attention.

Ce que je voulais partager concernait la vie quotidienne. Ce dont je souhaitais témoigner. 

J'y retourne donc ce soir à l'occasion de cette annonce, qui avait déjà quelque peu fuité : 

à partir de 2018 la filiale de Decaux qui fait les Vélibs serait supplantée par Smoove pour le marché des vélos urbains en (quasi) libre-service.

A priori je trouve ça assez sain que le marché soit ouvert. Mais au concret de l'affaire je me pose plein de questions. On dirait que je ne suis pas la seule : 

Vélib, trois questions entre Decaux et Smoove

N'est-ce pas bien peu écologique une fois que tous les investissements sont faits de devoir tout rechanger, les bornes les connexions, tout ? à commencer par les bicyclettes ?

Que deviendront les salariés ? Bien sûr j'imagine qu'on leur proposera des reclassements à l'intérieur du groupe (JCDecaux) ; sauf que s'occuper des vélos, c'était spécifique. Ils font faire quoi après ça ? Coller des affiches ? Passer des engins nettoyants ? Ça risque d'être un brin déprimant.

Les vélibs commençaient à rudement bien fonctionner à part des soucis de saturation / vide des stations. Il y avait eu pas mal de bugs au début. À présent que ça fonctionnait enfin bien il va falloir redevenir les cobayes d'un nouvel opérateur ?

Que vont devenir les abonnements en cours à l'heure du basculement ?

Est-ce que les autres modèles auront (enfin) une vitesse 4 ?

J'ai cru comprendre que pour être rentable le futur nouveau système devra proposer les abonnements beaucoup plus chers. Euh, les usagers ont-ils leur mot à dire ?

Est-ce que quelque chose qui tient du service public (il s'agit certes d'un mode de déplacement individuel mais qui relève des transports en commun, si l'on y pense), ne devrait pas être public et assumé tel ? Histoire qu'il y ait pérennité du fonctionnement.

Que deviendront les biclous réformés ?

Bref, je serai peut-être super contente de disposer de Smoove, il seront peut-être mieux. Mais en attendant, j'ai l'impression qu'on va vers l'arrêt d'un service qui en rendait et avait enfin atteint le meilleur de son mode de fonctionnement. 

Et puis ils s'appelleront comment les vélibs, si c'est plus Vélib's ?

 

 

 

 


Un peu de Prévert

    20161003_201104     Il y a dix ans je postais ici un billet souvenir, un peu stupéfaite par l'attention que la moi de quatorze ans avait pu prêter à l'annonce de la mort d'un vieux monsieur poète. Mieux formulé : impressionnée par le fait que pour une gosse de banlieue dans les années 70, connaître Prévert, au moins un peu de son travail, allait de soi.

"En écoutant voiture radio su que Prévert mort"

(Mon diario n'était ni a visée littéraire ni réellement journal intime, plutôt, comme ici ?, un journal de bord).

Ce qui m'épate à présent c'est aussi d'avoir via le blog une mémoire rafraichie de dix ans (et plus). 

PS : Quarante ans plus tard le "Regardé télé avec feu Malraux" me semble quand même un tantinet mystérieux.

[photo personnelle, 3 octobre 2016]