Un jour de plus mais un jour vers quoi ?
Et puis après ? (que faire)

On avance mais lentement (et, vers où ?)

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Je comptais aller courir mais il faisait fort froid, la fatigue d'une vie métro-boulot-hosto-dodo (ou plutôt auto en pratique) se fait dès à présent sentir et l'air était dangereusement pollué (1). 

Alors j'ai abandonné l'idée puis le médecin qui a hérité à l'hôpital du cas de ma mère a appelé et ma part de journée personnelle était terminée.

L'homme à peine rentré d'un long trajet pour des papiers concernant le décès de son père nous avons filé à l'hôpital pour attendre en tentant vainement de négocier avec elle une suite éventuelle, que le médecin ait un peu de temps. J'en ai perdu une heure de travail ce dont je n'avais pas besoin, vraiment pas. Heureusement que je bosse pour quelqu'un de bien. Du train où vont les choses je pourrais avoir à force quelques ennuis, sans parler de l'énergie disponible qui ainsi siphonnée n'est pas vraiment la même, et alors même qu'il faudrait pouvoir, période des fêtes oblige, donner un grand coup de collier.

L'entrevue avec le médecin aura au moins permis de poser les choses, des jalons, des hypothèses.

Ça ne va pas être simple.

Quoi qu'il advienne.

J'étais heureuse de retrouver la librairie et toutes les choses à faire, et les tracas concrets sans drames vitaux à la clef. En sortant il fallait appeler la famille, tenter de voir ce qui pouvait ou non s'envisager.

Nous pataugeons en plein dans ces injonctions contradictoires qui font le tissus de cette société : d'une part nous devons travailler tous et toutes pour gagner notre pain quotidien (et guère plus) et lutter pour préserver nos emplois, et d'autre part il faudrait être entièrement disponible et solvables pour ces cas de besoins, au nom d'une solidarité familiale que nous ne sommes plus, ni en terme de logement ni en terme de liberté de nos emplois du temps, en mesure d'exercer. Et les salaires, les revenus ne sont pas suffisants non plus pour nous permettre de rémunérer quelqu'un à qui déléguer (1). Comment faire ?

Je suis doublement heureuse de n'être pas au chômage, je sens que sinon tout m'incomberait, obérant toutes chances pour moi de retrouver un emploi une fois coincée dans le rôle contraignant de garde-malade. En attendant, rester centrée sur mon boulot, ce qui m'était tout naturel puisque j'aime mon métier, devient un effort et la détresse médicale d'un membre de la famille une sorte de basse continue de tourment.

Comme disait si sagement la personne avec et pour laquelle je travaille, l'instant ne durera pas. Il est simplement de par la personnalité de la malade, d'autant plus rude, fatiguant, pénible et compliqué. J'admire d'autant plus ceux, une amie récemment, auparavant celui qui s'est avéré être un saligaud de l'oubli, avaient en pareil cas pris leur parent chez eux (2).   

 

(1) des aides existent mais qui sont réservées à des revenus encore plus bas. Nous sommes pile dans l'angle mort : pas assez riches pour payer, pas assez pauvres pour être aidés. 
(2) Cela dit cette possibilité nous est exclue de part la taille de l'appartement que nous occupons plus qu'entièrement. Serions-nous en Italie nous pourrions embauche una badante.

 

 

 

 

 

 

(1) Merci @Momo La R'touiture de me l'avoir signalé 

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