L'absence de colère
One day off (façon de parler)

"À la place du cœur" (Arnaud Cathrine)

C'est précisément en voulant ranger ce livre, un roman adolescent ou jeune adultes comme à la librairie nous en recevons tant, en voulant jeter un coup d'œil afin de m'en faire une idée (personnelle) pour pouvoir mieux le conseiller, que je suis tombée dedans.

Pourtant si j'avais lu la 4ème de couv, je ne m'y serais pas aventurée. Qu'il s'agisse de fiction ou de témoignage, revivre à travers les écrits des autres ces jours effarants de janvier 2015, pour le moment m'est assez insupportable dans l'idée. Et puis là il y avait quelque chose, c'était immédiat.

Dans la justesse de ton, je crois. 

Ce qui était d'autant plus un exploit qu'en se plaçant dans le mélange insoluble d'un premier amour heureux et des événements de Paris à ce moment-là, ça n'était pas gagné.

Après, bien sûr, en tant que vieille adulte, certaines choses m'ont fait sourire. Sans doute le fait que le héros, Caumes, soit équipé d'un bel humanisme - ce qui le fait passer pour un gauchiste effréné - tandis que ses parents sont "de droite". Le fait aussi que les camarades de lycée présentent une palette trop parfaitement exhaustive de types de personnes et d'opinion et que le casting des enseignants est lui aussi trop tranché. 

Mais c'est faire la fine bouche. La part amoureuse est touchante et franche, très réussie, mieux en tout cas que bien des fois lorsqu'une romance s'invite dans un ouvrage pour adultes confirmés. Le déroulé des événements est très intéressant, ainsi présenté par le filtre de quelqu'un qui n'a pas davantage d'éléments que quiconque (1) et qui doit composer avec les contraintes de sa vie - les cours sont censés avoir lieu -. Je me souviens terriblement bien ce que c'était que de devoir aller au travail malgré tout. J'ai retrouvé ça chez Caumes et sa petite amie Esther.

Il y a aussi une belle combinaison entre les événements généraux et leurs conséquences directes dans les vies de chacun.

Bref, ce livre lu de façon tout à fait inattendue, qui s'est glissé entre deux lectures à délais et prévues, m'a fait du bien. 

Il faudrait que je trouve le temps et le courage de témoigner, j'ignore sous quelle forme, de mes journées sur la période. Moi qui comme tant d'autres à Paris fut à la fois si concernée et si loin d'un poste de télé.




(1) Ce que j'ai pu lire jusque-là, et c'est logique, tenait plutôt du récit ou mettait en scène des personnes concernées au premier titre. Là, les héros ont plusieurs fois très peur, le frère de l'un est journaliste et sur place, celui de l'autre potentiellement présent dans l'hyper casher, mais sans être d'emblée au cœur du cyclône.

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