Les petites fourberies de la vie
Quand le sens de l'orientation se heurte à celui de la propriété

Le funny de la vie

 

    Ainsi donc tu avais reçu une invitation de libraire que tu hésitais à honorer : #lancienneamie avait travaillé au scénario d'un film d'après un de ses livres, que tu vends fort bien, et tu te trouvais conviée à une avant-première en sa présence. 

La vie a décidé de te faire cette blague qu'en fait vous vous reverrez probablement avant puisqu'elle est conviée au festival de cinéma qui fait tes vacances, souvent même tes seules vacances, depuis un paquet d'années.

Tant de temps a passé et deux ou trois nouveaux durs chagrins dont deux liés aux attentats de 2015, que tu as rejoint une zone de calme la concernant ; après tout son rôle dans ta vie aura été de te balancer sur un sentier escarpé où la seule issue sans mourir de faim était de devenir libraire et franchement, c'est une solution de survie qui est d'un luxe et d'un bonheur inouï. Du coup et malgré il y a dix ans une redoutable mise en danger, tu lui en sais gré. Sans elle, tu serais probablement en train de végéter à l'"Usine" ou de pointer à Pôle Emploi après t'en être fait licencier. Tu aurais fini par endosser en permanence la blouse grise mentale que tu revêtais en t'y rendant chaque jour travaillé, histoire d'avoir l'air à peu près conforme à ce que l'employeur de toi attendait. Tu serais à l'heure qu'il est complètement émoussée. Tu compterais les jours les mois les années jusqu'à la retraite. 

Au lieu de ça, tu as vécu une belle histoire entre deux pays - qui s'est pour toi très très mal finie, mais qui a agrandi ton existence tant qu'elle a duré et même un peu après, et au fond peut-être l'as-tu surtout échappée belle -, écrit, traversé pas mal de trucs un peu fous dans l'ensemble, fait de belles rencontres, eu une vie vivante, rude, assez risquée (l'air de rien) mais dont tu ne regrettes rien, non rien de rien.

Te voilà même pourvue de projets dont celui en début de mise en œuvre de virer triathlète, et tu y crois et en l'absence de moins en moins certaine de catastrophes extérieures diverses tu as bien de quoi occuper sans mollir tes cinquante suivantes années.

Bref, malgré le côté périlleux chronique de tes fins de mois, malgré ton comptant de malheurs (qui n'en a pas ?), c'est un peu parfois toi qui y es dans le Bagad de Lann-Bihoué

  

et sans elle tu n'y étais pas destinée.

En chemin tu as rencontré des amis formidables. Il y a même parfois une trace audible

Alors au fond, c'est sans doute très bien de croiser à nouveau celle qui te permit de faire exploser le carcan dans lequel tes origines sociales et ton côté "programmée pour bien faire" t'avaient coincée. Et ce n'est pas toi qui l'auras cherché puisqu'aller là-bas depuis que tu fréquentes le festival en novembre et le chouette salon du livre du 1er mai est un peu chez toi.

Commentaires