Intégration (dimanche)
Les petites fourberies de la vie

Joyeux-bizarre mardi

 

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Il y aura eu une sieste-lecture interrompue par un jeune homme arme au poing au pied du banc où je me tenais, guettant heureusement dans une autre direction, quand même une seconde de me dire 

Tiens, on dirait que je risque d'être en retard ou pire pour aller travailler, avec cette sorte de calme étrange qui jusqu'ici m'a habitée lorsque je me retrouve face à ce qui peut ressembler à un grand danger.

Des policiers (municipaux ou nationaux, je ne saurais dire) sont arrivés en courant et l'ont interpelé, il y a eu cet instant d'extrême tension avant qu'ils ne voient que l'individu était tout jeunot - grand pour son âge, d'où que ça pouvait prêter à confusion -, plutôt confus, surpris et son arme factice.

J'ai ensuite eu tout loisir d'entendre leur conversation et de voir le jeune homme passer d'une panique totale à l'instant où il a compris que ben oui on était en période d'état d'urgence et se balader avec une imitation réaliste d'arme dégainée dans un jardin public pouvait lui attirer des ennuis, au soulagement enfantin lorsqu'après avoir demandé conseil à leur base et pris l'identité du môme et différentes infos le concernant. Il était né le 28 février 2002, un Millénial ai-je pensé.
L'arrivée des potes appelés en renfort pour confirmer qu'ils jouaient bien fut un grand moment de cinéma de la vie. L'un d'eux a assuré pour trois, français soutenu, extrême courtoisie, déjà adulte si ce n'était dans le choix de ses jeux, expliquant qu'à l'ordinaire ils jouaient dans la propriété de ses parents, à Groslay, et n'avaient pas mesuré qu'effectivement ici ils pouvaient effrayer des passants. Ils s'en sont tirés par un avertissement et une mise en garde de bon sens sur les risques d'un pistolet à billet et les risques aussi de croiser de vrais types avec de vrais armes qui risquaient d'en faire usage au vu de la fausse qui ressemblait à une vraie.

Il y aura eu devant la librairie des amis cet homme qui garait une voiture, puis en reprenait une autre, et plus loin la regarait avec grande habileté, et notre rire quand nous avons compris qu'il s'agissait d'un voiturier. La question demeura alors qu'il s'était évaporé, tous véhicules placés, Mais voiturier d'où ça ? Aucun restaurant de la rue ne donnait l'impression d'avoir un standing ad-hoc. L'homme était rapide et silencieux, indifférent au fait qu'on s'appuie sur l'une ou l'autre voiture un peu. On aurait pu croire à une scène issue d'un film burlesque.

Il y aura eu cette conversation émouvante au cours de laquelle j'ai compris que j'avais été à Bercy en 1986 pour écouter Higelin en même temps qu'un gars que j'admire et à l'Essec en 1983 en même temps qu'un autre alors qu'il y avait Lavilliers. J'avais donc probablement croisé alors dans les trente ans plus tôt deux des personnes en compagnie desquelles j'étais, fréquemment pour l'une régulièrement pour l'autre, désormais. Eux trouvaient ça marrant, moi j'ai trouvé ça beau.

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