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Ces douleurs inconnues et qui le resteront


    Elle avait dû sortir du RER en même temps que moi, mais marchait plus vite d'où qu'elle me dépassait tout en parlant ou plutôt pleurant au téléphone. Une jeune femme. Et qui répétait, "Ma grand-mère elle est morte, ma grand-mère elle est morte" comme pour s'en convaincre, rompre une profonde incrédulité ou pour en convaincre son interlocuteur qui peut-être ne prenait pas l'affaire avec la gravité qu'elle réclamait. Elle était agitée, revenait sur ses pas, repartait, répétait cette phrase. 
Au moment où je me demandais s'il convenait de faire quelque chose, le feu est passé vert piéton, l'interlocuteur a peut-être eu une parole sensée, la boucle s'est achevée, j'ai entendu ce début de phrase "Tu comprends ...", elle a repris son chemin d'un bon pas. Le moment de malaise, de choc semblait passé.

Je me suis alors demandé s'il avait fallu lui venir en aide, ce que j'aurais bien pu dire, ignorante de l'effet que perdre une grand-mère fait. 

Ma grand-mère maternelle  était morte dix-neuf ans avant que je naisse, des suites indirectes du débarquement. Conditions de vie difficiles, maisons cassées, mal chauffées et un nouveau-né d'après le terrible été 1944, lequel avait succombé à l'automne d'une infection qu'on ne savait soigner (pas d'antibiotiques par exemple) et la encore jeune accouchée avait suivi de peu (pneumonie ou pleurésie). C'est curieux comme elle me manque, je crois que nous avons de solides points communs, l'amour des livres, une bonne aptitude à tenir boutique, une force profonde quasi indestructible (tout est dans le quasi, et la vulnérabilité quand vient la maladie, la mort d'un tout proche, une rupture subie), ce truc qui fait que tant qu'on ne tombe pas on tient. En attendant, je n'ai jamais ressenti la peine de sa mort, le mal était fait.

Ma grand-mère paternelle, la Nona, est morte alors que j'avais cinq ans. Nous ne nous étions vues qu'une fois par an en été chaque été. Nous séjournions brièvement chez mes grands-parents lorsque nous passions à Torino. J'ai quelques souvenirs et celui qu'elle m'impressionnait - elle était très massive, avait mis au monde tant d'enfants -, qu'elle essayait de me parler, mais je ne comprenait guère, je la revois cuisinant la pastachuta (orthographe ?), je la revois régner dans sa cuisine petite pièce encombrée mais qui sentait toujours bon - toujours quelque chose en préparation -, je me souviens de l'imposante machine à coudre à pédale, et qu'elle avait consenti à me montrer un peu comment fonctionnait le pédalier. Elle essayait d'être gentille avec moi et moi je n'éprouvais qu'une sorte de peur. Elle portait une blouse, comme toutes les femmes modestes et qui du matin au soir cuisinaient pour leur famille ou tenait leur intérieur. Ses jambes étaient gonflées et douloureuse, elle avait du mal à marcher.

Un jour mon père est triste, et mes parents m'annoncent qu'on ne la reverra plus jamais, elle est morte, disent-ils sans me baratiner. J'ai à peu près compris que les très vieilles personnes un jour disparaissent et qu'on ne les revoie plus mais la mort reste pour moi quelque chose d'insensé (au sens d'en être dépourvu). Je ne suis pas triste, mais je comprends la tristesse de mes parents, je me dis ça doit faire de la peine quand on est devenus grands de se dire qu'on ne reverra plus quelqu'un. 
Il me semble que mon état d'enfance me protège, je pleure un peu par mimétisme, avec sans doute une once de soulagement : je n'aurais plus peur de cette personne dont la compagnie pourtant affectueuse (ou peut-être à mes yeux trop) m'effrayait.

En tout état de cause ça n'est pas comme perdre une grand-mère avec laquelle on avait une relation affective forte et épanouie. Mon père ensuite s'absente quelques jours et puis revient, dûment lesté de quelques menus objets dont un broc à lait. Et une cafetière italienne si mes souvenirs sont bons.
Plus tard mes parents se disputeront. Et dans la dispute il y aura les mots "Brocs à lait" et "tout pour le curé" et "dernières volontés". 

Je ne comprends pas ce que cette expression signifie, mais je comprends que ça n'est pas le moment de demander, Ah ça, non. 

Au bout du compte me voilà vieille adulte bien incapable de savoir l'effet que fait la perte d'une grand-mère, surtout une grand-mère de belles histoires, de romans ou de cinéma qui passe du temps chaleureux avec ses petits-enfants et les console du monde des grands.

Plus tard je lis quelques touites d'une amie qui relativise les difficultés de sa vie actuelle avec un nouveau-né qui fut pressé de naître et qu'il convient de particulièrement accompagner dans ses débuts dans ce monde infecté, elle le fait en se référant à la douleur physique et morale d'une fausse-couche. 
Il se trouve que j'ai eu cette grande chance d'avoir eu des enfants exactement quand leur père et moi nous sommes dits Peut-être qu'on pourrait ? N'avoir jamais eu à me poser de question, ni aucune complication de grossesse, ni jamais de grossesse non désirée - vive la contraception ! -. Au vu des douleurs insoutenables d'un accouchement, j'imagine qu'une fausse-couche ne doit pas être de la rigolade en plus qu'on sait que c'est souffrir pour avoir la confirmation que c'est raté. 
Puisque je ne suis plus en âge d'être fertile, je sais que cette épreuve ne peut plus m'arriver. 

Voilà donc dans la même soirée la révélation que de certaines douleurs non seulement nous sommes ignorants, mais nous poursuivons notre existence avec la garantie, l'étrange garantie, qu'elles resteront pour nous dans cet état précis. Ce qui surprend d'autant plus que la vie est généralement avare de garanties (Never say never) 

 

PS : En revanche pour ce qui est de la peur de perdre l'être aimé, tombé gravement malade, je connais. Près de vingt ans plus tard nous sommes finalement toujours l'un et l'autre en vie. Puisse cette remarque redonner de l'espoir à un de mes amis. Ça arrive qu'on s'en sorte. 


L'hypnose des batailles (tardive révélation)


    Tu as fait ce que de la journée tu avais à faire, il te reste ton sac pour demain tôt à préparer puis du travail de lecture et réflexion en vue de la rencontre avec Marie-Hélène Lafon qui aura lieu samedi prochain près de la librairie. Tu regardes un dernier article glané auprès de l'un de tes amis de framasphère dont tu apprécies l'ambiance, un peu celle de twitter des débuts, en moins agitée.

Il est intitulé Le syndrome d'hypnose capitaliste , date du printemps dernier (mais alors tu l'avais manqué) et développe un point de vue fort intéressant (1). Si vous manquez de temps, lisez-le et oubliez la suite de ce billet qui n'évoque qu'un ricochet intime et très très très secondaire d'une mince partie de son propos. 

C'est en effet le début de l'article qui m'a le plus marquée : il y est question de l'hypnose des batailles. 

J'en avais déjà entendu parler pour partie à l'encyclopédie des guerre ; on disait plutôt à l'époque que les gars étaient frappés de folie, et j'ai lu des témoignages de survivants évoquant les très injustes pelotons d'exécution pour ceux qui avaient perdu la boule. Mais j'ignorais le terme donné à cette forme particulière de perte provisoire de l'entendement, de ceux qui "se retrouvaient au centre d’un chaos indescriptible, les obus explosaient, les balles sifflaient, les corps amis ou inconnus volaient autour d’eux démembrés, les yeux, les oreilles saturés d’une réalité abominable à laquelle la conscience n’était pas préparée. Certains soldats perdaient alors pied et développaient l’hypnose des batailles au milieu des combats. Ils pouvaient alors errer hébétés, chantant ou riant, sans orientation… Cette perte de la raison, du sens commun, et surtout du sens de la guerre [...]".
Je n'ai par chance rien connu de tel physiquement, mais ce que j'ai vécu le 17 février 2006, puis dans une moindre mesure le 8 janvier 2015 - la différence est qu'alors j'ai tenu le coup, mais j'ai senti qu'il s'en fallait de peu pour que je bascule à nouveau, devant le même genre d'attaque : quelqu'un que j'aime ou que j'aimais fait sur fond de circonstances déjà difficiles, dures à supporter, quelque chose d'une cruauté dont je l'estimais incapable et qui dépasse mon entendement -, y ressemble grandement. Notre conscience est incapable d'accepter ce qui survient. Menacés physiquement, les soldats s'en sortaient en s'absentant, en se croyant ailleurs, menacée dans ma perception du monde et de ses habitants, je croyais n'être pas réveillée et en train de faire un très sale cauchemar. Et c'est sans doute proche d'un état d'hypnose puisqu'il ne reste plus (ou pour moi la seconde fois, parce que j'étais avertie par l'expérience : presque plus (mais un peu quand même)) de lien avec le réel, c'est un cauchemar, je rêve, je ne suis pas en éveil, ce n'est pas la réalité, ça n'est pas possible que la réalité soit comme ça.

D'avoir lu cet article me fait me sentir moins seule. Moins vulnérable aussi : nous serions donc beaucoup à réagir ainsi lorsque l'environnement dépasse notre entendement.
Et au fond peu surprise : j'ai toujours su que j'aurais fait (même un équivalent de moi en garçon) un très mauvais soldat.
Trop sensible. 

Grand merci à celui grâce auquel j'ai eu accès à ce texte qui m'aura doublement éclairci les idées. 

 

(1) Il t'arrive de plus en plus fréquemment de n'avoir pas vraiment d'opinion sur certains sujets, par exemple celui-ci, au sujet du mouvement qui consiste à utiliser des congés pour aller aider des orphelins dans des orphelinats. Je constate qu'un point de vue apporte un angle auquel je n'aurais pas seule pensé (souvent : par manque d'informations sur le sujet), mais je reste dans l'impression que les pour et les contre s'équilibrent selon que l'on place la priorité sur une chose ou une autre, ou que l'on estime qu'il s'agit d'une urgence ou d'un problème à traiter à moyen ou long terme.

En l'occurrence tu n'es pas d'accord avec le rejet des équipements techniques, ils peuvent contribuer à ce que les choses aillent moins mal et les écrans et les internets ne sont pas nocifs en soit, seulement certains usages qui en sont faits.

 


365 suite (Une photo par jour pendant une année)

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J'ai donc été une fois de plus d'un optimisme exagéré, puisque depuis le 16 septembre, fotolog sur lequel j'avais entamé ce petit défi à la suite d'Anne (Savelli) est en rade, sans que l'on sache s'il s'agit d'une panne ou à nouveau d'une fermeture, étrange qu'il n'y ait à ce point pas de com., aucun service à contacter. J'avais pris le pari qu'il était revenu, il n'en était rien.

La dernière photo que j'ai pu y poster était celle du 15 septembre dont j'avais aussi un double sur pinterest (chat échaudé ...) et depuis, je poursuis sur Clandestines Sardines - oui, j'avais pris mes précautions, je reste naïve mais je suis devenue méfiante -. 

Ma participation aux 365 Une photo par jour,  se poursuit donc, mais par ici : 

16. L'avenue la nuit
17. Un lieu que j'aurais peu fréquenté
18. Courir au bord de l'eau

 

 

 

 


Le monde à l'envers (percevoir)

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C'est un week-end de ciné-club sur deux jours, six films, autant dire qu'il n'y a guère le temps que pour dormir et les repas, courir un peu le dimanche matin à condition de se lever tôt, et profiter de la présence d'amis que l'on ne voit presque qu'en ces occasions. 

Le wifi fonctionne peu ou mal et pas dans la chambre que l'on nous a attribués. 

Et puis c'est mon premier vrai week-end d'une quinaine, la période au travail est particulièrement chargée, j'ai grand besoin de récupérer.

Tout ça pour dire : pas suivi les infos, vaguement regardé mes mails sur mon téléfonino, entrevu le titre d'une brève qui disait : Explosion : 29 blessés à et s'arrêtait là (bord de petit écran), même pas vraiment eu le temps de m'inquiéter d'autant plus que j'avais aussi vaguement entendu à des infos saisies au vol qu'un immeuble avait sauté au gaz à Dijon, j'ai cru que c'était lié.

Et puis vers le moment de rentrer ou de s'y préparer, j'ai eu le temps de regarder un peu plus mon petit écran, on attendait quelque chose ou quelqu'un, et les conversations de retrouvailles avaient été éclusées, et alors sur FB je lis ce statut de Meta, et peu après sur Twitter, ce trait de mauvais esprit,  

Capture d’écran 2016-09-18 à 22.49.43

Et il me faut alors remonter les TL dans le temps pour comprendre que les blessés de la brève c'était à New-York, que dans le Minnesota un type avait dans un centre commercial attaqué des passants à l'arme blanche (et que c'était revendiqué par l'EI), qu'une fausse alerte avait eu lieu effectivement vers Châtelet et que bref, pendant ce week-end pour nous de repos, les sales affaires avaient continué. 

C'était pour le moins curieux d'en prendre connaissance par rétropédalage de la chronologie. et assez typique et du trouble des temps que nous traversons (pas un jour sans son lot d'attaques ou d'alertes liées à la guerre que certains semblent avoir déclaré contre le monde entiers à tous les endroits de celui-ci) et de la vie moderne telle qu'elle est, dans laquelle les informations peuvent nous parvenir par les réactions des amis à ce qui survient de général qui les a concernés ou frôlés d'assez près.

En attendant, ce soir prévaut ce soulagement égoïste de n'être pas directement concernés et qu'ils aillent bien. Je qui j'en suis bien consciente ne résout en rien le fait que le fond de l'air effraie et qu'à force des horreurs beaucoup plus générales auront lieu. 


Le billet WTF du vendredi soir (week-end non travaillé)

J'ignore comment du triathlon (page FB du club) je me suis retrouvée à regarder des compils youtube de séquences dansées, mais voilà, une de mes scènes de film préférées avec danse n'est pas des plus spectaculaires techniquement.

C'est simplement celle-ci.

Sans doute parce qu'elle ressemble, tout comptes faits, à ma vie (1).

 

 

(1) En plus qu'au delà de l'allégorie, ça m'est arrivé en juin ou début juillet, dans un grand magasin où pour une fois je mettais les pieds et j'ai eu un mal fou à me retenir de vraiment danser. (mais bon j'étais avec le fiston et s'il y a une personne au monde à qui je ne souhaite pas faire honte c'est bien lui)


En vrac, période chargée

 

    Je parviens à faire du sport (chic alors c'est reparti), voir un peu les amis, mais c'est une de ces périodes où le travail prend tout : intense à la librairie pour cause de scolaire et de para-scolaire plus que de rentrée littéraire (dommage, il y a de belles choses), très physique, occupant du temps personnel pour cause de préparation d'une rencontre samedi 24 septembre et une autre début octobre. C'était déjà un peu le cas cet été, puisque la moindre fréquentation en clientèle était comblée par le travail lié aux commandes de manuels scolaires et que je lisais à fond en vue du prix America - Page, mais ça s'est accéléré.

Dès lors les infos et la marche du monde ne me parviennent plus qu'en pointillés selon une totale absence de hiérarchie : ce qui filtre, c'est l'instant. J'attends un bus, je feuillette mon téléfonino, je vois les articles qui passent à ce moment-là. Plus d'une fois il me manque les prérequis dont je n'ai pas eu le moindre écho, où pour lesquels j'avais cru comprendre un truc mais je m'aperçois qu'il a dû se passer autre chose entre temps.

Ainsi je découvre ce matin sur ma TL twitter que des manifs importantes semblent avoir lieu dans différentes villes, aujourd'hui, dont Paris, contre la Loi Travail. Or j'en étais restée qu'elle était passée dans l'été via le 49.3 . Alors peut-être que l'on proteste avant que ne soient publiés les décrets ? La semaine passée j'ai eu l'impression que des bonbonnes de gaz étaient retrouvées dans pas mal d'endroit en même temps et des personnes arrêtées. Peut-être s'agissait-il d'un seul événement traité de façon très différentes ?

Ce sont deux exemples parmi plusieurs, je n'ai pas le temps ensuite d'aller creuser les sujets, seulement celui de me dire, J'ai dû louper une marche, tout me paraît confus.

 Restent que quelques articles me restent.

Par exemple celui-ci "Plus d'un Français sur deux se sent menacé par la pauvreté", dans lequel alors que nous faisons en théorie partie des privilégiés, je reconnais certains problèmes de notre vie courante - et à l'heure actuelle l'inquiétude de la recherche d'emploi pour celui dont le salaire assurait l'essentiel des revenus de la maisonnée -. Qu'est-ce que ça doit être pour la plupart des gens. 
Ce qui est clair c'est que les working poors, en France aussi nous y sommes. Mon salaire ne permettrait pas de couvrir les dépenses de base si je vivais seule et devais me loger. Or pas mal de personnes sont dans mon cas, et déjà bien contentes de l'être (avoir un boulot, une paie régulière, officielle). Comment s'en sortent ceux qui n'ont même pas ça (même s'il existe des aides) ?

Cet autre, sur la pollution de l'air à Paris : Voies sur berges : le cri d'alarme des pneumologues  . Ce serait un article de plus si je ne l'avais lu dans les mêmes jours où commençait pour moi un entraînement de course à pied dans un stade le long du périph. Courir m'était relativement facile, mais désormais habituée à un air respirable, là-haut sur la colline (1), j'avais du mal à respirer. Et après l'entraînement je toussais, petite toux d'irritation sèche qui m'a tenue compagnie pendant dix bonnes minutes même après avoir bu (2). D'autres que moi étaient tout essoufflés mais je ne saurais dire les concernant quelle était la part normale après un effort ou la part, L'air n'est pas assez bon. Quoi qu'il en soit, quand on en est à ce point de perception, ou de question, c'est que le danger y est. 

Je m'efforce également de lire à nouveau les blogs - n'ai jamais renoncé, si ce n'est par manque de temps -. Il y a bien des billets chez Samantdi que j'aimerais pouvoir diffuser, mais son écriture est depuis un moment privée et compte tenu des ennuis que des personnes peuvent créer à d'autres dès lors qu'elles écrivent même de façon intelligente et modérée aussi sur leur métier, je comprends fort bien son besoin de discrétion. Et puis parfois il y a de bonnes nouvelles chez quelqu'un qu'on avait un peu perdu de vue (3). Et un billet lu tardivement lève un écho :
"Du temps où l'on y croyait"
Je me suis posée à plusieurs reprises et encore récemment, la même question. Et j'ai opté pour conserver une trace mais l'éloigner - au moins le temps nécessaire pour que revoir une image ne soit plus comme recevoir à l'intérieur un coup -, conserver parce que d'autres personnes peuvent y figurer qui seront peut-être heureuse un jour d'avoir un souvenir de ces moments, d'autant plus que pour eux il n'aura pas nécessairement de connotation "juste avant l'effondrement". Et puis il ne faut pas perdre de vue qu'une personne qui a soudain pour nous changé, révélant une face sombre qu'on ne lui soupçonnait guère, a quand même pu correspondre à ce que l'on croyait d'elle à un moment donné et qu'il serait bien que le bon ne passe pas entièrement à la trappe. Alors oui, garder les traces du temps où l'on y croyait, elles correspondaient sans doute à une réalité. Mais ne pas se laisser aller à les consulter tant que la guérison n'est pas largement avancée ou une (belle) étape suivante consolidée.
Concernant les photos il y a aussi cette particularité qu'une image peut être réussie, et présenter un intérêt y compris pour quelqu'un qui ne connaît pas la personne. Alors il peut être dommage de faire disparaître une image qui valait la peine d'être vue (même si à titre personnel elle rappelle désormais de mauvais souvenirs). 

Un autre ami change de vie, et il semble si heureux que ça me fait rudement plaisir pour lui. Sans parler des amis qui sont installés à New-York pour un an. J'espère qu'ils écriront (je veux dire, collectivement), même si pour eux, très occupés dans cette nouvelle existence, le temps va forcément manquer.

Cette rentrée 2016 se présente de façon contrastée, mais intéressante. Puissent l'automne puis le printemps (pas de dates importantes (inter)nationales prévues pour l'hiver même) ne pas faire souffler un trop fort vent de catastrophes. 

 

(1) Au demeurant sans doute pas mal pollué au kérosène, mais bon. 

(2) Et je ne fume pas.

(3) C'est l'un des rares inconvénients de mon nouveau travail, je suis un peu trop hors de la vie de certains cercles d'amis, ne parvenant plus à croiser que ceux qui font le même type de métier que le mien avec des horaires similaires. Ma vie n'est plus complètement à Paris. L'Encyclopédie des guerres me manque ainsi que les Paris Carnets. Et surtout les amis que je n'y retrouve plus.
Bonnes nouvelles aussi (ou plutôt confirmation de bonne nouvelle) chez l'un de mes amis, mais je n'ai pas même eu le temps d'aller voir s'il en parlait officiellement chez lui. 
Bonnes nouvelles également de la santé d'une amie. Ouf.

 

 

 

 

 


BDJ - 160228 - Un cygne semblait danser

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(bonheur du dimanche 28 février 2016)

C'est un bon dimanche, même si au départ j'étais un peu triste que JF pris par une séance de l'Apicas ne puisse venir courir avec moi.

J'en ai profité pour un tour de l'Île du moins les parties qui n'étaient pas inondées et pour le faire munie de mon téléphone qui prend de fort honorables photos. La lumière était claire, le temps beau, des cygnes semblaient ignorer l'hiver, c'était beau. 

Celui-ci donnait l'impression de danser. 

La journée fut si douce, hormis le fait que j'en fus réduite comme souvent à jouer les pétanques widows durant une partie de l'après-midi, que le Bonheur du Jour eût pu aussi être les photos retrouvées (et d'avoir trouvé le temps d'en faire le bilan) ou la Cérémonie des Césars, sorte de spectacle qu'en général je goûte pourtant peu. Mais ce cru 2016 fut une bonne surprise. 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.

C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci àTomek "qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac bonheur 45, des carnets retrouvés

Billet commun avec Bella Cosa


Mais comment font ...


     P9120066Longtemps j'ai cru que j'avais des périodes de rentrées surchargées parce que : 

1/ J'étais élève quelque part et ça démarrait sur les chapeaux de roues, en plus que je faisais de la musique et du sport (sauf en classes prépa (1)) donc tout redémarrait en même temps

2/ J'étais jeune ingénieure et après une période estivale faussement calme, puisqu'on avait moins de boulot chacun mais qu'on assurait l'urgence du voisin lorsqu'il était absent, tout le monde était à nouveau là, tous les niveaux hiérarchiques de l'armée mexicaine qu'est toute grosse entreprise se lançaient dans des réunions de rentrées auxquelles nous étions tenus d'assister et de participer tout en effectuant le boulot qui affluait. 

3/ J'étais jeune ingénieure et mère de famille de jeunes enfants d'âge scolaire et qui pratiquaient des activités, corvées d'inscriptions de partout et cavaler pour accompagner ici ou là, plus les rendez-vous chez le médecin pour les certificats médicaux, plus le surcroît de boulot au boulot.

4/ J'étais en plus soudain choriste et voilà qu'il y avait la réinscription à la chorale et la reprise des répétitions. J'étais choriste et nous préparions puis participions à une petite série de concerts au Stade de France

5/ Mes enfants avaient grandi, ça devenait moins épuisant physiquement, mais j'étais tombée dans l'écriture et mon père achevait douloureusement sa vie. Ce fut sans doute la plus éprouvante de toutes les rentrées (2004)

6/ J'ai cru que la rentrée s'était bien passée après une fin d'hiver et un printemps impressionnants d'intensité (comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun) et un été fort peu reposant (hôtel des blogueurs en plus du travail, pas si simple), mais dès le 30 septembre tout s'est mis, compartiment après compartiment a mal aller dans ma vie. 

7/ J'allais mal, et du coup toute période d'activité un peu soutenue me paraissait insurmontable. Du coup la rentrée me semblait un immense épuisement.

8/ J'avais enfin changé de vie professionnelle mais du boulot m'avait retrouvée, et donc la rentrée fut quand même une rentrée, même si en décalé, il fallait apprendre et vite et s'habituer. 

9/ Les rentrées suivantes furent des rentrées en librairie à Paris avec des rentrées littéraires, donc et des clients revenus, et des rencontres à organiser, donc chargées.

10/ La rentrée 2013 eût pu être calme : chômage. Mais en fait ce n'est pas calme que toutes ces démarches à effectuer et de fait c'était quand même une rentrée. Et puis j'allais de nouveau mal il faut bien l'avouer.

11/ Ensuite il y a encore eut des rentrées de librairies après des étés passés tous pour l'essentiel à travailler, à faire la permanence de ceux qui partaient. Mention spéciale pour la rentrée 2014 avec le machin de Valérie Trierweiler, dans un quartier où il a cartonné. J'avais beau bosser à temps partiel, certains soirs je ne savais plus où j'habitais (2).

 

Il paraît qu'il y a des gens qui s'ennuient. À part si une maladie ou le très très grand âge, les cloue dans la douleur et l'inactivité forcée, où s'ils sont retenus quelque part contre leur gré (taulard, otages ou réfugiés), j'ignore comment ils font et plus particulièrement à cette période de l'année.

[photo : dans un lieu calme où j'ai passé un moment de cette journée, formidable mais fort fournie en activités, alors que le lundi est censé être mon dimanche, jour de récupération]

 

 

 

(1) Encore que, en compulsant d'anciens diarii j'ai découvert qu'au foyer des lycéennes je suivais avec une assiduité remarquable un cours de danse. Je n'en ai pas le moindre souvenir, si ce n'est que je vois en gros dans quelle salle ils avaient lieu. 

(2) Au delà de l'expression idiomatique : certains soirs l'épuisement était tel que je devais m'arrêter quelque part, manger sur place, demander qu'on vienne me rejoindre, avant d'entreprendre le trajet travail - domicile.