Nuit hachurée
BDJ - 160228 - Un cygne semblait danser

Mais comment font ...


     P9120066Longtemps j'ai cru que j'avais des périodes de rentrées surchargées parce que : 

1/ J'étais élève quelque part et ça démarrait sur les chapeaux de roues, en plus que je faisais de la musique et du sport (sauf en classes prépa (1)) donc tout redémarrait en même temps

2/ J'étais jeune ingénieure et après une période estivale faussement calme, puisqu'on avait moins de boulot chacun mais qu'on assurait l'urgence du voisin lorsqu'il était absent, tout le monde était à nouveau là, tous les niveaux hiérarchiques de l'armée mexicaine qu'est toute grosse entreprise se lançaient dans des réunions de rentrées auxquelles nous étions tenus d'assister et de participer tout en effectuant le boulot qui affluait. 

3/ J'étais jeune ingénieure et mère de famille de jeunes enfants d'âge scolaire et qui pratiquaient des activités, corvées d'inscriptions de partout et cavaler pour accompagner ici ou là, plus les rendez-vous chez le médecin pour les certificats médicaux, plus le surcroît de boulot au boulot.

4/ J'étais en plus soudain choriste et voilà qu'il y avait la réinscription à la chorale et la reprise des répétitions. J'étais choriste et nous préparions puis participions à une petite série de concerts au Stade de France

5/ Mes enfants avaient grandi, ça devenait moins épuisant physiquement, mais j'étais tombée dans l'écriture et mon père achevait douloureusement sa vie. Ce fut sans doute la plus éprouvante de toutes les rentrées (2004)

6/ J'ai cru que la rentrée s'était bien passée après une fin d'hiver et un printemps impressionnants d'intensité (comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun) et un été fort peu reposant (hôtel des blogueurs en plus du travail, pas si simple), mais dès le 30 septembre tout s'est mis, compartiment après compartiment a mal aller dans ma vie. 

7/ J'allais mal, et du coup toute période d'activité un peu soutenue me paraissait insurmontable. Du coup la rentrée me semblait un immense épuisement.

8/ J'avais enfin changé de vie professionnelle mais du boulot m'avait retrouvée, et donc la rentrée fut quand même une rentrée, même si en décalé, il fallait apprendre et vite et s'habituer. 

9/ Les rentrées suivantes furent des rentrées en librairie à Paris avec des rentrées littéraires, donc et des clients revenus, et des rencontres à organiser, donc chargées.

10/ La rentrée 2013 eût pu être calme : chômage. Mais en fait ce n'est pas calme que toutes ces démarches à effectuer et de fait c'était quand même une rentrée. Et puis j'allais de nouveau mal il faut bien l'avouer.

11/ Ensuite il y a encore eut des rentrées de librairies après des étés passés tous pour l'essentiel à travailler, à faire la permanence de ceux qui partaient. Mention spéciale pour la rentrée 2014 avec le machin de Valérie Trierweiler, dans un quartier où il a cartonné. J'avais beau bosser à temps partiel, certains soirs je ne savais plus où j'habitais (2).

 

Il paraît qu'il y a des gens qui s'ennuient. À part si une maladie ou le très très grand âge, les cloue dans la douleur et l'inactivité forcée, où s'ils sont retenus quelque part contre leur gré (taulard, otages ou réfugiés), j'ignore comment ils font et plus particulièrement à cette période de l'année.

[photo : dans un lieu calme où j'ai passé un moment de cette journée, formidable mais fort fournie en activités, alors que le lundi est censé être mon dimanche, jour de récupération]

 

 

 

(1) Encore que, en compulsant d'anciens diarii j'ai découvert qu'au foyer des lycéennes je suivais avec une assiduité remarquable un cours de danse. Je n'en ai pas le moindre souvenir, si ce n'est que je vois en gros dans quelle salle ils avaient lieu. 

(2) Au delà de l'expression idiomatique : certains soirs l'épuisement était tel que je devais m'arrêter quelque part, manger sur place, demander qu'on vienne me rejoindre, avant d'entreprendre le trajet travail - domicile.  

 

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