Vers la fin d'une très belle journée
Poème concentré n°1

Si vous ne lisez qu'un seul article sur le Brexit

... ça pourrait être bien que ça soit celui-ci : 

Ne mettons pas le Brexit sur le compte de l'insularité britannique par Robert Mc Liam Wilson

(pour Le Monde)

C'est un sentiment que j'ai éprouvé pour la première fois en 2005 lors du référendum pour la Constitution Européenne : j'avais beau faire partie d'une partie de la population qui lit et qui suit les informations, possède quelques notions d'économie et de finances, les enjeux et les subtilités me dépassaient. Il se trouve que je n'ai aucun parti politique dans lequel je me reconnais, je crois que je serais pour une écologie (l'urgence est là, si on achève notre planète, tous le reste sera vain) sociale et respectueuse des gens y compris ceux qui n'ont pas beaucoup d'argent. Je rêve d'un monde où en étant raisonnablement travailleur on puisse mener une vie simple avec accès aux soins médicaux, à un minimum de nourriture et à l'eau. Une recherche d'équilibre générale plutôt que le produire toujours plus et engranger de ces profits que le capitalisme sans freins engendre. On dirait hélas que l'avidité et sa partenaire la violence l'ont définitivement emportées.
En conséquence de cette absence de référencement militant, je n'ai aucune consigne de vote à laquelle me fier, et j'avoue que pour ce référendum d'il y a onze ans, ça m'aurait paru confortable. Je m'étais lancée dans la lecture du texte, seulement j'étais simplement capable de percevoir des chausse-trappes, ces pièges des textes en langage juridique qui ressemble à la langue de la vie mais parfois signifie d'autres choses et planque des palanquées de conséquences sous des termes qui utilisés au quotidien alors ne cachaient rien.

Cette tendance s'est trouvée renforcée au fil des ans, y compris dans des cas au départ clairs et nets. Par exemple il m'était évident qu'il fallait accorder le mariage pour tous; tant d'éléments sont liés à l'officialisation d'une union, il convenait que tous les couples, vraiment tous, puissent en bénéficier. Seulement j'ai bien vu qu'au cours des débats, il y avait tel article ou tel autre qui induisait telle ou telle nuance, qui sous-tendait telle ou telle possibilité accordée ou restreinte (adoption, GPA ...). Bref que même dans le simple, ça ne l'était pas.

Inutile de dire que dans ces conditions, le brexit, ses enjeux, me dépasse. Du fait de sa monnaie différente, j'ai toujours eu l'impression que la Grande Bretagne ne faisait pas partie de l'Europe pas vraiment, ou seulement pour tirer les conditions sociales vers le bas et avec la City offrir un paradis fiscal à portée de voix. Et donc même si tout ce qui relève du retour en arrière et du repli sur soi me semble négatif et périlleux, je suis tentée par une attitude de type Mais au fond qu'est-ce que ça va changer ? Je crains seulement un phénomène de contagion qui nous priverait de la monnaie unique qui malgré l'inflation induite (tous les intermédiaires en ont profité, reste le consommateur final qui pour peu qu'il ne soit que salarié a vu son pouvoir d'achat des denrées de base fondre), est bien pratique, et a représenté un progrès (1). 

Puis j'ai lu cet article et j'ai mieux compris quelques complications prochaines prévisibles, certaines choses auxquelles je n'avais pas songé (2), certaines explications possibles du rejet.

Et il y a cette phrase que sauf accident ou maladie je n'oublierai jamais : 

"Souvent, quand un électorat se sent arnaqué et marginalisé, il vote pour d’autres arnaqueurs."

Ce qui en France, nous pend au nez.

Thank you, Robert.

 Il est dur de vivre dans un monde où ce qui semble être le seul degré de liberté, la seule réponse à un besoin que ça change, souvent ne conduit qu'à empirer les choses. Comme si l'option Aller vers du progrès (du vrai, général et partagé), vers du mieux était désormais indisponible pour toujours et à jamais.

 

(1) Vous aimiez faire la queue dans les bureaux de change, vous ?
(2)

"Les probables complications à venir en Irlande du Nord sont incalculables (comme pour tout le Royaume-Uni). La frontière entre Irlande du Nord et du Sud pourrait redevenir une vraie frontière, entraînant des effets dévastateurs sur l’économie en République d’Irlande, de sérieux problèmes de sécurité et peut-être même une nouvelle ligne de front sur le chemin des demandeurs d’asile et des immigrants illégaux en route vers l’Angleterre."

J'avoue que je n'avais songé qu'à l'Écosse et aux whiskies

 

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