La persistance rétinienne des souvenirs de cinéma
BDJ - 160224 - Journée active à la maison

Pourquoi les sécurités liées à des reconnaissances physiques me font un peu flipper


    À l'heure où ça se bagarre juridiquement aux USA au sujet de la reconnaissance faciale, où de plus en plus de dispositifs basent dessus leur sécurité (par exemple à Roissy) et qu'en Russie une appli détournée de son usage premier sert surtout à harceler des femmes, je me sens de plus en plus mal à l'aise avec tous ces systèmes qui permettent à notre insu de nous identifier. Je sais qu'ils sont utiles en cas de poursuites légitimes et que des caméras de surveillance ont été d'un secours certains lors de la traque récente de terroristes en Belgique. Il n'en demeure pas moins que j'aimerais autant que possible qu'au moins lorsqu'il s'agit de s'identifier pour un accès - par exemple dans des lieux de travail -, on continue à préférer les actions volontaires (présenter un badge, saisir un mot de passe) plutôt que de déléguer à des robots notre identification. La voix peut changer. Une main peut être blessée. Et l'on peut avoir des sosies remarquables.

Je viens de découvrir cette mésaventure arrivée à deux rouquins barbus (le plus curieux n'est pas tant la ressemblance de départ et leur rencontre que le fait qu'ils aient sans se connaître choisi d'arborer la même apparence (coiffure et longueur de barbe)), et ce week-end, alors que j'admirais sur flickr le travail de Paolo Pizzimenti (1) je suis tombée sur une troublante sosie de ma propre fille. Ce qui me remet en mémoire le fait que l'apparence physique n'est pas un critère totalement discriminant de notre identité. Mais seulement un parmi d'autres. 

Sans compter que le vieillissement change nos apparences, ce qui signifie qu'un système de sécurité basé sur la reconnaissance faciale doit être mis-à-jour souvent. 

Voilà quelques raisons qui en plus de leur côté intrusif font que les systèmes de reconnaissances automatiques sur des éléments de nos corps me paraissent flippants. 

Et j'espère que la sosie italienne de ma fille n'est pas une dangereuse délinquante, dont la ressemblance pourrait attirer des ennuis. 

 

(1) le photographe à qui l'on doit la couverture du roman "Les gens heureux lisent et boivent du café" et qui n'est sans doute pas pour rien dans son succès.

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