Se bouger mais comment ?
Comment cacher mille millions de ... mille sabords ! euh non, dollars

Une bonne nouvelle, des interrogations sur la diffamation, et au passage la découverte d'un blog


    J'avais relayé le billet de Manuela Wyler et le cas de l'association organisatrice de "courses roses" qui l'assignait en justice. J'apprends via "Vieux et merveilles" ce matin que cette dernière semble avoir retiré sa plainte : 

"Edit de 16h : l'association Courir pour elles vient de publier un communiqué de presse, à lire ici, et son bilan financier 2014-2015, à consulter ici.
Une petite chose pour finir. Dans le communiqué de presse stipulant que la plainte contre Manuela Wyler sera retirée après accord du Conseil d'Administration, il est utilisé sept fois le mot "diffamer" (ou des variantes telles que diffamation, diffamatoire...). Pour info, la définition de diffamer, d'après le Larousse, est la suivante : chercher à perdre quelqu'un de réputation en lui imputant un fait qui porte atteinte à son honneur, à sa considération. Donc réclamer des comptes, c'est diffamant. OK. Je note." 

Je cite l'ensemble du paragraphe car je me pose la même question, sur le sens que notre époque semble apporter au mot diffamation. 

Il y a quelques années j'avais appris par Camille Laurens qu'on pouvait être attaquée pour diffamation et perdre un procès alors même que le nom (il s'agissait en l'occurrence d'un établissement hospitalier) n'était pas nommément cité (il suffisait qu'il soit reconnaissable) et que le fait incriminé avait fait l'objet au préalable d'une condamnation, qu'il ne s'agissait donc pas d'accuser X de quelque chose sur une conviction personnelle mais bien de faits avérés. 

J'ai l'impression que cette tendance est de plus en plus forte.  12924595_10207388136354680_5868309750195341626_n

La semaine passée en lisant Le Canard Enchaîné j'étais à ce sujet tombé sur une brève qui n'aurait pas déparé hier comme poisson d'avril : un homme avait ainsi porté plainte contre Édouard Louis au motif qu'il se reconnaissait dans un des personnages de son récent roman - lequel n'y était pas fort sympathique, bizarrement, les gens n'attaquent jamais lorsqu'on les prend pour inspiration de héros conquérants -. Sauf que son nom avait été changé, que l'homme est un parfait inconnu du reste du monde - s'il se tait et en admettant qu'il ressemble vraiment beaucoup au personnage seules quelques personnes connaissant l'auteur, lui-même et leur relation aurait pu savoir qu'il s'agissait de lui -, et qu'en demandant qu'une sorte de mot d'excuse soit publié, c'est lui-même (ou ses avocats) qui rendent publique son identité.

La diffamation de nos jours ne serait-elle pas elle-même victime de quelques excès ?

*        *        *

 

À quelque chose malheur est bon, j'ai donc en tout cas grâce à la sinistre farce d'une association vengeresse (re) découvert un blog fort intéressant, en plus de celui de Manuela Wyler, qui témoigne de la vie avec la maladie et de façon très tonique et constructive.

Il s'agit donc de Vieux et merveilles.

J'espère que j'aurais le temps de le suivre régulièrement. 

PS : Et j'ai failli oublier ce bel article récapitulatif de Célinextenso

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