BDJ - 160222 - Un concert pour le "Janine" d'Olivier (et par ailleurs un emploi possible)
Une bonne nouvelle, des interrogations sur la diffamation, et au passage la découverte d'un blog

Se bouger mais comment ?

J'ai lu ceci ce matin chez Zythom, où j'avais un retard de lecture certain :  

"Moi qui rêvais d'une France accueillante, montrant l'exemple, où le partage non marchand de la culture ferait la joie des cours de récréation, où les lanceurs d'alertes pourraient trouver refuge, où les réfugiés pourraient créer de la richesse et de l'emploi, où la justice pourrait faire son travail, où les cumulards seraient montrés du doigt, où la Liberté serait défendue avec des décisions politiques historiques ("A la terreur, nous répondrons par plus de démocratie")...

Je me suis dit, devant mon écran d'ordinateur, du fond de ma petite vie peinarde : MAIS PUTAIN Y VA BOUGER SON GROS CUL CE CON !" 

(le billet entier est que je partage à tous point de vues, y compris dans la chronologie des choses, sauf en ce qui concerne "ma petite vie peinarde" (dommage pour moi, j'aimerais bien)) (mais peinarde par rapport à celle des réfugiés, des sans-abris, de ceux qui ont été touchés personnellement par les attentats récents, et j'en suis consciente) (J'y ajouterai le fait que la fin de vie dans la dignité, qu'on puisse au moins mourir comme si on vivait en Belgique ou en Suisse, a été abandonnée alors que ça ne coûte rien de respecter les croyances de chacun (j'ai parfaitement le droit que mon athéisme et mon humanisme le soient) et que ceux qui croient autre chose n'y aient pas recours).

Je trouve en fait que le gouvernement se bouge assez mais qu'il se bouge contre les gens (le peuple) au lieu d'être celui qui les représente et les défend face aux intérêts des grands groupes financiers et autres puissants. Depuis le vote du mariage pour tous, qui était un engagement respecté (même si péniblement) il se comporte en cheval de Troie.

Les attentats de 2015 ont servi à mettre en place un arsenal répressif inquiétant et impressionnant.

Cette semaine et alors qu'on devrait se sentir protégés par les forces de l'ordre devant la menace terroriste on a vu des manifestants - normalement en France manifester on a le droit et des images qui ont circulé donnent assez peu l'impression que les personnes tabassées faisaient partie des casseurs, les racistes de dimanche dernier à Bruxelles ont été traités semble-t-il avec plus de ménagement -, battus et brutalisés. Ce qui fait qu'on se sent attaqués de tous les côtés, ceux qui se révoltent en tombant dans la pire barbarie, ceux qui sont censés nous défendre et nous frappent (ou nos enfants qui tentent de défendre leurs possibilités d'avenir, ce qui est pire). Alors qu'en mai 2012 on avait quand même entrevu un vague espoir, non d'aucun grand soir, mais de quelque chose de plus humain, au moins de respectueux dans les difficultés.   

J'avoue ne pas savoir quoi faire. Aucun parti ne représente mes idées, celui qui était l'un des moins pas proches s'est révélé le plus traitre jamais rencontré (1). Je n'ai pas trop la force physique d'aller manifester, et j'aimerais pouvoir le faire "pour" quelque chose (en faveur de). Comme je démarre dans quelques jours un nouveau travail, j'ai beaucoup à faire pour la simple survie de l'organisation familiale et son budget en perpétuelle précarité. Trop la tête dans le guidon (au sens littéral : en train de rendre mon vieux vélo opérationnel pour me rendre à ce travail sans dépenser ni polluer), pour participer à une lutte. Je suis de loin ceci sans pouvoir y contribuer - et en me demandant, oui mais au bout du compte, qui ? et est-ce qu'il respecterait aussi peu ses engagements que l'élu actuel ? -, ni financièrement ni en temps (je serai au travail au prochain jour de meeting annoncé, et très heureuse d'y être, car si contente de pouvoir à nouveau exercer mon métier) (et on en est là : voilà qu'on croirait un privilège insensé).

Pendant ce temps en réaction à la violence depuis plus d'un an par ici (Paris, Bruxelles ...) déchaînée je vois la haine, les haines, s'exacerber et sans rien pouvoir faire pour endiguer, les gens ont peur, sont en colère, on ne peut plus les calmer par des paroles d'apaisement, certains veulent se venger. Plusieurs conversations ici ou là m'ont laissée épuisée, tout ce que j'étais parvenue à faire était de montrer qu'on pouvait aussi rester tolérants et raison garder, ne pas vaciller face à leur propre violence, ne pas participer à la terrifiante mayonnaise en train de se monter. J'étais la pauvre vieille humaniste qui avait tort et qu'on n'enfonce pas davantage parce qu'on l'aime bien et qu'en temps de paix elle est quelqu'un de marrant et nous fait bien rigoler.

Je n'ai aucun pouvoir, aucun moyen financier, pas ou peu de temps ou d'énergie disponible. Je n'ai que mon futur bulletin de vote et en 2017 je sais qu'il risque d'aller vers un parti dont je ne partage pas les idées simplement pour éviter qu'un autre de dictature et de haine des autres (et économiquement catastrophique et incohérent) l'emporte. Se bouger, j'aimerais bien, mais comment ? 

 

(1) En 1981 au moins il y avait eu quelques bribes de promesses tenues même si le tour de vis de 1983 avait mis fin à tout espoir de vie moins dure pour les gens moyens.

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