L'école est finie
Bribes en vrac d'une belle soirée

Cette période globalement agitée

Au passage et avant toute chose, chez Boing Boing une belle synthèse au sujet des Panama Papers : 

It's the criminal economy, stupid !

*        *        *

Il y a cette chanson de Lennon; "Nobody told me" there'd be days like these, strange days indeed, most peculiar Mamma, qui me trottine dans la tête beaucoup ces jours derniers. Et pour une fois le juke box fou de dedans ma tête me semble plutôt pertinent.

Il y a ce témoignage d'Isabelle Ducau (1), lu ce matin via Le Monde (article ou interview par Emeline Cazi). Comme suite à un burn-out elle a cessé de suivre les infos de façon permanente et en tout cas dans les médias mainstreams - qui sont depuis vingt ans au moins devenus terriblement orientés sur le faits divers (plutôt terribles par définition, trop rarement marrants fors quelques "insolites") -. Et elle s'en est sentie tellement mieux qu'elle n'a pas repiqué au truc. 
J'aurais du mal à en faire exactement autant : j'éprouve le besoin, fors brèves parenthèses ou moments de ma vie particulièrement bien remplis, de me sentir au courant de l'état du monde. Et puis j'aime bien les histoires cocasses ou miraculeuses. Mais pour aller à leur rencontre il faut souvent traverser les horreurs. Il n'en demeure pas moins que j'ai cessé depuis longtemps de regarder les journaux télé à moins de me trouver dans un endroit où ils déroulent (2), je n'écoute plus guère ceux de la radio fors le 6h30 et le 7h de France Culture, radio réveil oblige. Je suis l'actualité via l'internet et pas de façon permanente - quand je bosse, je bosse -, plutôt dans les interstices, et c'est bien assez comme ça. 

Il n'en demeure pas moins qu'en ce moment, pour qui souhaite suivre, c'est assez fou.

  • Il y a les guerres au Proche et Moyen Orient (j'ai renoncé à comprendre qui était réellement allié avec qui ou non ou si un peu mais pas toujours) et les réfugiés correspondants et des possibilités d'accueil ou de violentes fermetures, des réactions contradictoires d'états européens et la France elle-même qui par moment fait semblant d'aider et par moment surtout pas.
  • En Ukraine, à moins que j'aie loupé un épisode, il me semble bien que même si les médias généralistes n'en parlent plus, rien ne soit résolu.
  • On ne parle plus de la Grèce pour les problèmes économiques parce que l'afflux de réfugiés est venu poser un problème plus aigu, mais je crois bien que c'est toujours en mode "mission impossible" et que les gens souffrent, qu'ils peinent à subsister.
  • Il y a les primaires aux USA et c'est loin d'être neutre pour la suite de l'histoire mondiale et ce Trump qui en disant des horreurs, qu'on se demande à chaque fois si c'est du second degré d'humour gros reloud, mais non, il fait comme s'il pensait ce qu'il balance, est en passe d'être le représentant pour les Républicains (les vrais, pas la gnognote de retitrage franchouille). Ce qui est juste max de flippant.
  • Il y a bien évidemment les attentats, les djihadistes, les gamin-e-s qui quittent l'Europe pour la Syrie persuadés d'avoir une mission divine à accomplir, un destin ou une destinée, et prêts et volontaires pour mourir pour ce qu'ils croient être Dieu et tuer un maximum de gens qui n'en demandaient pas tant. Et ça bouge, il y a eu non seulement des attentats mais aussi des arrestations et d'ailleurs des attentats qui ont par conséquences de celles-ci changé d'endroit-cibles (3). 
  • Il y a cette Loi Travail qui aurait pu s'appeler Loi de retour au Servage. D'où les protestations, et qui enflent, et ce mouvement de #NuitDebout auquel j'aimerais croire, mais qui ne parvient pas à emporter totalement mon adhésion. Peut-être parce qu'une fois de plus on est d'accords pour n'être pas d'accord mais on n'est pas d'accords entre nous (et d'ailleurs : qui est ce "nous" si composite ?). Là aussi, j'ai du mal à suivre, je crois comprendre que c'est évacué, et puis non de toutes façons on refait tout tous les jours, et puis mais si mais là c'est évacué pour de bon, et puis mais non, et d'ailleurs ce soir tu viens ?
    J'y suis passée une nuit en rentrant, brièvement. C'est vrai que ça donnait envie que ça réussisse à quelque chose. Il faudrait qu'un leader émerge, quelqu'un de charismatique et qui fasse le poids.
  • Il y a les Panama Papers et j'ai passé du temps pour le coup à lire beaucoup d'articles et j'en découvre tous les jours. Pas surprise la plupart du temps : tout ceci était déjà sinon à l'œuvre du moins en gestation quand je travaillais à l'"Usine" et je n'étais pas stupide au point de ne pas capter certaines choses sur les sociétés offshore et toutes sortes de manipulations légales stricto sensu mais pas franchement éthiques. J'ai vu reculer une ancienne façon de travailler qui était respectueuses de quelques choses, ne serait-ce que par un vague reliquat de patriotisme et de sens de l'honneur, au profit d'un mode cow-boys ce qui compte c'est d'abattre l'ennemi et tous les coups sont permis. 
    Bref, la deuxième décennie du XXIème siècle aura été le moment de convergence entre banques, multinationales et mafias, les dirigeants de toutes finissant pas adopter les mêmes comportements, déteindre les uns sur les autres.
    À tel point que finalement j'aurais été étonnée par une embrouille ultime : utiliser le nom de la Croix Rouge Internationale à son insu comme caution morale pour des fondations façades.
    Toutes précisions dans cet article du Monde d'où je tiens cette citation : 
    "Le prestataire de services offshore précise qu’il n’a pas l’obligation d’informer la Croix-Rouge du rôle qu’elle joue malgré elle dans ces centaines de sociétés offshore."
  • Il y aura sans doute des bricoles côté Corée du Nord, un jour on va s'apercevoir que derrière leurs faux essais nucléaires se cachait peut-être un réel péril.  
  • À venir l'Euro de football et puis les J.O. qui, que l'on s'y intéresse ou non, vont saturer les temps de communication.

 

J'oublie sans doute quelque chose, un ouragan ou deux, sans compter quelques actions de défense locales, un-e blogueur/-euse attaqué-e, un expulsable dont toute la famille est par ici, une lanceuse d'alerte qui a fait de la prison alors que le procès qu'elle avait contribué à faire avancé menait à la condamnation du coupable, et quelques victimes de l'état d'urgence (4).

La période actuelle est donc particulièrement agitée, je crois que c'est la première fois depuis que l'internet nous donne accès à des infos à la fois plus larges mais mieux filtrées (5) où en ayant une vie personnelle bien remplie, il semble impossible de suivre les derniers développements dans tous les sujets cruciaux.

Et d'ailleurs peut-être qu'en ce moment-même ...

 

 

(1) Qui par ailleurs tient le blog "Les carnets du bien être". 
(2) Les derniers doivent dater du 12 juin 2005, quand les copains m'avaient dit que j'y figurais et que je ne comprenais pas car j'avais cru répondre à la RTBF ; parfois ponctuellement via les sites des chaînes pour une raison particulière. 
(3) Si je travaillais encore à La Défense j'aurais un tantinet l'impression que les Bruxellois sont morts pour moi. Et si j'avais un-e proche atteint dans les attentats de Bruxelles, j'aurais le cœur encore plus lourd de me dire que ça n'était pas ce qui était prévu, comme une double injustice - même si ces pensées sont peu rationnelles, je sais que je les aurais eues -.
(4) dont un homme qui a été confondu avec un autre mais a dû se soumettre à l'assignation à résidence pendant plusieurs mois avant d'être mis hors de cause. Il a entre temps perdu son emploi.
(5) Si je ne souhaite pas m'intéresser aux faits-divers sans sens général particulier, j'y parviens fort bien.

 

 

Commentaires