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Photo douce que j'aime à retrouver

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    C'est encore une photo retrouvée de photo retrouvée (1). Elle date en fait du 28 août 2010 mais je l'avais une première fois recroisée en mars 2011. Elle était alors de mémoire fraîche : l'enfant qui avait peur de l'eau, l'adulte qui prenait le temps de le rassurer (avant je le présume un nouvel essai).

C'était à la piscine de mes rêves (2) et son bassin de longueur idéale (3), son cadre idyllique (on se croirait en forêt), ses vestiaires au charme désuet (ils ont peut-être changé), où depuis au moins quatre ans je ne suis pas allée nager (4).

J'essaie à présent de me dire que j'aurais au moins connu ça : la chance de savoir que ce lieu existe et d'y avoir nagé.

Je m'efforce de croire, en regardant cette photo, que des enfants que l'on traite, petits, avec respect ne vireront pas plus grands impavides assassins. Même si plus tard quelque secte, quelque pouvoir malsain s'avise de (tenter de) leur vider le cerveau.

Prendre le temps de la douceur, de l'attention, ça n'est jamais le perdre.

 

(1) J'en suis ce matin à l'année 2011 dans mes sauvegardes du fotolog.
(2) Longchamp, à Uccle
(
3) 33 mètre
(4) Lors de mes derniers séjours elle était en travaux et une fois je suis tombée sur un jour férié.


Photo souvenir


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Une fois n'est pas coutume, je dépose ici une photo sur laquelle figurent des personnes à qui je n'ai pu au préalable demander leur avis, mais mon ordi flanche, et je voudrais être certaine de pouvoir la retrouver. C'était à la soirée donnée chez leur éditeur commun pour la sortie presque concomitante de leurs nouveaux ouvrages à Claude et son ami Daniel A.

Elle semblait en pleine forme, et son énergie faisait plaisir à voir. Quant à moi, soulagée par le fait d'avoir retrouvé du travail (même si pas pour dans l'exact immédiat) je pouvais savourer l'instant et me régaler de littérature en train de pétiller sous mes yeux. Je me sentais au bon endroit au bon moment - ce qui depuis février 2006, puis juin 2013 ne m'arrive plus que trop rarement -.

Merci Claude, merci immensément.

PS : Pour l'anecdote on retiendra que Michèle et Alain qu'une représentation de théâtre à laquelle ils devaient assister retenait, s'étaient trompés de jour ou plutôt de soir et ont déboulé fissa, tout contents d'être libérés d'une "obligation" qu'ils n'avaient finalement pas.

[mardi 23 février 2016, rue Séguier]

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J'ai une poupééééée

Un moment entre 9h et 10h du matin, conversation sur twitter au sujet des rengaines entendues dans l'enfance et dont on ne perçoit pas sur le moment le sous-texte adulte, ou bien la lecture différente qu'on en fait parce qu'enfant.

Ainsi pour moi qui avais 3 ou 4 ans Michel Polnareff jouait réellement à la poupée et je trouvais ça plutôt bien, qu'un adulte prenne le temps de jouer - quant au côté genré de l'affaire il m'échappait totalement -, et Sheila était tout heureuse quand venait l'heure de sortir de l'école - je voyais Sheila un peu comme mes grandes cousines, et donc elles allaient à l'école des grands où l'on apprenait plein de choses que j'avais hâte d'apprendre à mon tour -. 


Les fausses photos anodines


     1252748394818_fJe m'aperçois, toujours en sauvegardant les images de mon fotolog, qu'il existe des photos faussement anodines. 

Elles n'ont rien d'extraordinaires à première vue. Celle-ci en est un bon exemple : prise dans un bar de Melun le samedi 12 septembre 2009. J'étais venue accompagner l'homme de la maison qui participait à un concours de pétanque et m'occupais studieusement (j'avais pris l'ordi) en attendant sa pause de midi puis d'aller passer l'après-midi à l'Astrolabe, et peut-être, qui sait, voir une amie. 

Le cliché ne présente aucun caractère d'exception, rien de spécial sur ce qu'on y voit, rien de spécial techniquement, on pourrait même sur plein de points y trouver à redire.

Mais voilà, je me souviens de tout ce qui le concerne, le lieu, l'endroit, la qualité de l'air, celle de mes pensées, ce que juste avant et juste après je faisais, y compris les conversations que j'entendais. 

Pour quelqu'un d'extérieur il peut témoigner du quotidien le plus anodin mais par la même le plus significatif d'une époque donnée.

J'aime retomber dessus des années après. Y compris (ce n'est pas le cas pour celui-ci) si les souvenirs associés sont ceux d'une période difficile (mais surmontée sinon je ne serais pas en état longtemps plus tard de les retrouver). 

 

PS : Ces anodines ont des cousines ; il s'agit des photos que j'aime à prendre en marge d'un événement à mes yeux importants. Par exemple celle-ci :

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Prise également en septembre 2009, discrète, d'un coin plutôt jolie, elle signifie pour moi Tabucchi. Le début de cette habitude vient de mon passé professionnel qui me faisait pencher pour mes écrits sur l'internet vers une prudente discrétion. Les temps n'étaient pas tendres, je tenais à garder en mon jardin privé ce qui concernait mes "mauvaises fréquentations" (entendez par là littéraires). Par ailleurs lorsque des personnes sont prises en photos de toutes parts, je trouve gênant sauf à le faire parce qu'on me l'a demandé de participer à cet élan qui peut être pénible aux principaux intéressés. J'ai ainsi pris la solide habitude du pas de côté. Et ma mémoire fonctionne très bien ainsi. Je revois mieux Antonio Tabucchi en regardant l'image de cette cour calme que s'il avait été capté directement en sujet.

PS' (du 23/02/16) : Dans la série fausse photo anodine, celle-ci est particulièrement chargée réussie : 

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rue Henri van Zuylen, Uccle, août 2010 mais pas là où j'allais.

Et je me souviens d'avoir choisi cette façade pour son côté typique et commun, ainsi que pour l'absence d'humains (ne pas déranger quelqu'un).


La mémoire des lieux (billet à compléter)

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Photo prise le 4 septembre 2009 à Clichy

 

À présent un immeuble complet se dresse à cet endroit.

Dans le même esprit, deux jours après image de fin de chantier d'un siège social qui aura été l'un des premiers à modifier l'ambiance du quartier.  1252316058094_f

Ici à présent, l'entrée d'un jardin public. L'un des arbres en a fait les frais les autres ont été préservés. C'est curieux comme en ces jours de septembre 2009 non seulement j'ai pris en photo mais j'avais sélectionné sur mon fotolog les images des lieux qui s'apprêtaient à changer. 1252573682690_f


J'avais cru être délivrée (ça n'était pas si faux, mais pas non plus si simple)

FireShot Capture 1834 - C'était aujourd'hui la fin de ce_ - http___www.fotolog.com_gilda_f_31285820_

    Je redécouvre que c'est lorsque F. m'a confirmé avoir bien connu lui aussi V. que je me suis sentie enfin dégagée de ce lien avec elle qui avait mal tourné. 

Ce qu'il m'a à cette occasion appris sur sa façon de faire, dont je n'avais pas été la seule personne à faire les frais.

Croyant m'être libérée, je ne faisais au fond que changer d'emprise, tout en étant alors persuadée qu'au contraire non - comme si le fait qu'ils se soient connus empêchait désormais notre relation -.

Je me souviens que la façon dont j'avais pigé leur lien était vraiment étrange : j'en avais eu dès avril 2004 la trace sous le nez et il avait fallu un rangement dans mes livres début 2009 et tomber sur cet exemplaire d'une obscure publication de type "résultat de résidence" pour que je vois, sur ce projet pourtant beaucoup plus ponctuel, leur association.

Que je le veuille ou non et quoi qu'il advienne par la suite, ces deux là auront rudement compté, et bien qu'elle ait par deux fois ainsi été mise en danger mon existence en est sortie améliorée. 

Ils m'auront fait sortir du "métro-boulot-dodo" auquel j'étais de par le déterminisme social, y compris celui qui s'applique aux transfuges, condamnée. 

À l'orée d'une nouvelle étape, réjouissante, de ma vie professionnelle, je leur en sais gré.

Et s'il me dure une bonne santé, je suis loin d'avoir dit, d'avoir écrit mon dernier mot pour rejoindre un jour la place que pour moi ils entrevoyaient.   FireShot Capture 1835 - à présent le printemps - gilda_f_ - http___www.fotolog.com_gilda_f_31332545_

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Le passage piéton qui n'existe plus

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    Il y avait deux passages piétons assez rapprochés, celui-ci donnant directement vers une école. Il a entre temps été supprimé ce qui n'est vraiment pas pratique pour les piétons. Des barrières empêchent désormais de passer, ce qui fait que bien des gens traversent en diagonale (1) ce qui n'est pas sans danger.

D'une façon générale, le voyage à travers mes propres photos attestent de la rapidité de l'évolution de la ville où nous vivons. J'en étais consciente mais c'est encore plus impressionnant de le constater via des images et leur date associée.

 

[Clichy la Garenne, samedi 28 mars 2009]

 

(1) Tel l'eau d'un ruisseau le piéton emprunte toujours la voie directe de sa pente.


Et toujours Virginia Woolf

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    Début avril 2009, douze jours après l'encaissement d'un sale coup, qui visiblement était plus fort que le bonheur d'être délivrée de l'"Usine" (dans mon souvenir, c'était le contraire) (1) (2). Ce recours qu'en tout cas face à l'adversité et au manque de respect (de loyauté ?) de certains hommes, ses mots et le fait même qu'elle ait existé constituent.

 

Le titre, au vu du fait qu'entre-temps un bon copain s'y trouve employé, est assez prémonitoirement amusant (Il n'avait rien à voir avec ce billet, cependant).

 

(1) Je crois pourtant que c'est bien le 1er avril 2009 que j'ai signé les papiers qui témoignaient de ma "libération".

(2) Cela dit, la veille j'avais noté "Je mesure mon degré d'aliénation passé à celui du bonheur infini de ma libération. Et du plaisir de travailler enfin à ce qui devait."


La Résidence Alsace à Lille (il y a onze ans)

 

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Toujours dans la sauvegarde à marche forcée de mon fotolog de douze ans d'âge (ou presque), et dans les redécouvertes y afférentes, voilà que je retrouve la trace d'une photo du 21 octobre 2005 postée en 2008 dans le cadre d'un "trois ans après" (1). 

Elle partait déjà d'une recherche dans le passé puisqu'il s'agissait de la cité HLM née du chantier sur lequel j'avais fait mes trois mois d'entre la deuxième et la troisième année d'ingénieur TP (avec à la clef un rapport de stage dont le coefficient comptait). 

L'architecte était un grand prix de Rome à blondes et belles bagnoles (2). Le projet était ambitieux : du logement social de qualité et c'est vrai que le résultat ne manque pas d'allure. Il était novateur, c'était de la brique en panneaux préfabriqués ce qui à l'époque n'était pas courant.

Mais l'homme se montra pointilleux quant à la couleur brique de la brique et il fit renvoyer les premiers prototypes ce qui mis sans doute à genou l'entreprise locale qui s'était crue chanceuse d'avoir été choisie (3). On était mi-juillet, des gens furent sans doute rappelés de congés et nous avons passé l'essentiel de l'été à attendre les nouveaux prototypes. Mon stage s'est achevé alors que le chantier commençait juste à repartir. 

J'avais du coup fait de mon rapport une sorte de suspens non-policier, une fois raconté les fondations et le poste électrique bâti à la main (je veux dire avec des briques et du boulot de maçon), que la teinte soit un peu différente avait été accepté. Ce qui m'avait valu une note qui sauvait l'honneur avec un commentaire de type, J'ai noté le roman, mais c'était agaçant.

Retourner sur les lieux du non-crime avait pour moi été fort émouvant. S'il n'y avait pas tant d'écart entre la façon dont la société conçoit les rôles selon les genres, il est évident que j'eusse fait du chantier, j'aimais. Mais voilà il fallait être particulièrement costaude pour s'imposer (non pas tant sur le terrain, les milieux réputés misogynes ont souvent cette qualité qu'une fois qu'on a prouvé qu'on bossait dur et qu'on n'était pas là pour charmer, on y est acceptées, qu'auprès des recruteurs) ; à l'époque j'étais encore de condition physique fragile, c'est à force de sport et de vie attentive que je suis parvenue à ce qu'elle soit au contraire solide et plutôt fiable, et je n'avais pas osé forcer le barrage. Ce que je ferais sans problème avec mon corps de maintenant.

Il y a aussi que nous étions très amoureux avec le futur "l'homme de la maison" et envisagions comme on dit de fonder une famille. Or j'avais bien compris que la vie de directeur/trice de travaux n'était pas merveilleusement compatible avec la présence auprès d'éventuels enfants. Je me suis donc dirigée vers quelque chose de très différent mais qui était porteur d'avenir (4).

Il n'en demeure pas moins que revoir ce groupe d'immeubles me laisse émue même si ma participation à leur existence fut modeste.  

Un autre chantier auquel j'avais participé, le siège social de Kodak de Châlon sur Saone, a eu le temps de servir, de fermer, puis d'être détruit et remplacé. Ce qui reste impressionnant : avoir participé à la construction de quelque chose qui a déjà connu un cycle complet.

 

 

(1) Merci Bladsurb, je me rends encore mieux compte a posteriori combien l'idée était bonne. 
(2) Désolée mais il mettait un tel soin à venir aux réunions de chantier accompagnée par l'une d'elles dans l'une d'elles qu'il était difficile de le mémoriser autrement. Les femmes changeaient plus souvent que les voitures.
(3) ou qui avait déjà beaucoup investi.
(4) L'informatique en entreprise, qui sortait de sa préhistoire. Là s'était le côté innovant qui m'attirait. Être dans le flot d'une révolution en marche.