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Parfois longtemps plus tard la résolution d'une micro question


    Je me souviens qu'au début du succès intersidéral de Daft Punk, les entrevoyant avec leur casque sur un écran télé (sans doute dans un de ces cafés où des clips défilent sur un écran tandis que le fond sonore est différent), je m'étais dit que ça me rappelait quelque chose, mais sans me rappeler ce que ça me rappelait mais ça me rappelle quelque chose n'empêche.

J'avais quelques autres bricoles pour m'occuper l'esprit et je ne suis pas spécialement intéressée par ce style de musique (2), ça c'est mis dans un grenier du cerveau, dans le coin voisin de celui occupé par les questions enfantines (1).

Et puis voilà que je re-rencontre un gars qui parle de pochettes de disques, de Gagarine et de Didier Marouani et du groupe Space et puis ça m'est revenu (3), les casques sur la tête pendant le clip, c'était Space vers 1977, un peu avant quand même.

Bon, voilà un élément de moins dans le buffer des Ça-me-rappelle-quelque-chose-mais-quoi ?, basculé désormais dans l'endroit bien rangé des questions résolues qui ne changent rien au quotidien où il prendra paisiblement la poussière. Petit musée intime des connaissances inutiles.

J'aurais mis dans les vingt-cinq ans. Ça rend jubilatoire le moindre dénouement. Merci à celui qui sans connaître celle-ci de mes questions m'a mise pile sur la piste de sa résolution.

 


Space (Didier Marouani) - Magic Fly par scopitones

 

 

(1) Dans ma tête c'est un peu Les p'tits bateaux sans mollir malgré les ans.
(2) Gamine j'ai eu ma phase Kraftwerk et puis bon voilà.
(3) En fait peut-être qu'entre temps j'avais déjà fait la jonction mais à nouveau oublié ; car l'ensemble de la conversation avait par moment a sense of déjà-vu


Deux ou trois souvenirs d'avant ma vieillesse - fotolog


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Amusant comme en retraversant mon fotolog en accéléré, je retombe sur quelques images qui pourraient ressembler à des photos prises, pendant un tournage en général, pendant le tournage du film d'Arnaud Desplechin "Trois souvenirs de ma jeunesse" en particulier (1)1279709689814_f

Quelque chose dans l'ambiance, les lieux et les attitudes des gens.

 

 

 

 

(1) Ce qui est d'autant plus curieux qu'il ne s'agit pas d'un cinéma qui recherche les effets d'hyperréalisme. Ou alors serait-ce ma façon de photographier qui cherche les scènes de cinéma que la rue peut offrir ?

[Photos prises respectivement à Roubaix le 8 avril 2012 et à Paris près de Notre Dame le 17 juillet 2010]


Dans la série C'est plus comme ça


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Dans la série C'est plus comme ça, l'image de l'avenue dans Clichy, à présent c'est un hôtel à la place de l'espace vide. 

À la différence de bien d'autres photos prises par hasard peu avant que les lieux ne changent, celle-ci a été prise alors que le chantier commençait (on voit d'ailleurs la grue) et dans un souci de garder une trace. Je suis contente de l'avoir prise et à présent retrouvée.

L'un des arbres a survécu.

[mardi 27 mars 2012 08:52, Clichy la Garenne]


Simple street views - sauvegarde du fotolog


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Au gré de mes sauvegardes du fotolog, je ne peux que constater mon attachement certain, et pas si volontaire, pour les photos de rien, pas spécialement bien cadrées, ni belles, sans sujet précis si ce n'est un instant, un instant de vie générale, la ville et ses passants.

Et le souvenir que c'est précisément ce Rien de spécial que je voulais capter, car il n'est pas évident de témoigner du Rien de spécial parfait.

[avenue Franklin Roosevelt, jeudi 15 mars 2012 15:16:45]

 

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Et au matin La Tour n'avait plus son chapeau

 

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La nuit dernière ça dessoudait, et au matin La Tour n'avait plus son chapeau.

Le haricot géant serait-il parvenu au faîte de son ascension ? La rapidité de sa croissance comportait quelque chose d'oppressant. Si tel est le cas, altitude atteinte, ce serait un soulagement.

[25 février 2016 08:15]


Les mendiants dans Paris


    Depuis fort longtemps j'avais remarqué que la mendicité dans la ville se pratiquait à grande échelle. J'étais encore capable de me souvenir d'un temps où du moins en Île de France ça existait fort peu : à peine quelques clochards, quelques mendiants quasiment "assermentés" à la sortie des églises. C'était les années 60 et 70 du siècle dernier, l'élan des "trente glorieuses", le chômage indemnisé sans dégressivité jusqu'à ce que du travail soit retrouvé (1)

Ça fait environ deux ans que les choses ont très nettement empiré. Par exemple on peut désormais croiser des gens qui font la manche sur la ligne 13 ce qui n'est pas une excellente idée - généralement trop chargée, la personne est inaudible, elle peut ensuite difficilement sauf à certaines heures réduites, passer entre les usagers -, ou des personnes qui montent au même moment dans le même wagon (sans être ensemble, bien sûr) ou de musiciens de wagon qui se tapent la concurrence, ou que quelqu'un passe à peine après une autre personne - et peste contre le manque de générosité, mais forcément -. Sans parler dans les rues d'interpellations de plus en plus agressives (plus moyen de marcher dans Paris, perdue dans ses pensées, il faut sans arrêt répondre à des sollicitations).

Alors que j'étais quelqu'un qui donnait volontiers, du moins lorsqu'on ne me baratinait pas trop (2) et que je pouvais supposer que la personne demandeuse ne travaillait pas pour une mafia (dans Paris : ceux avec des enfants, certains avec des chiens ou les femmes voilées en noir de la tête aux pieds), j'ai totalement arrêté depuis que j'ai eu des ennuis financiers et me suis fixée comme règle de ne plus rien donner avant retour à des jours meilleurs - sauf à des musiciens merveilleux mais là, pour remercier, on en croise parfois qui enchantent notre journée et sauf au clochard connu de notre quartier, un type discret et sympa qui par tous les temps attend patiemment près du marchand de journaux (4) -. Et à présent j'attendrai d'avoir réglé mes dettes. D'ailleurs par la force des choses je n'ai souvent sur moi que très peu d'argent liquide, de quoi me payer un café quelque part si je dois aller aux toilettes ou 1€ (une pièce de) pour le casier de la piscine si j'égare mon habituel jeton, et je dois le garder celui-là.

Mais il n'empêche que je m'interroge, que je ne suis pas indifférentes, même si les circonstances m'obligent à sembler l'être, ou que souvent je suis plongée dans un bouquin et que le reste du monde n'est qu'un vague bruit de fond et que je ne reste plus guère attentive qu'au suivi des stations.

Ce qui fait que la chronique de ce matin sur France Culture m'a intéressée. Elle reprenait bien mes propres questions, et glanait quelques éléments de réponse. Je me suis sentie moins seule devant mes interrogations.

Les mendiants de Paris par Caroline Eliacheff

 

PS : Et à part ça je m'en veux toujours de n'avoir pas compris qu'un homme, un jour très froid d'hiver, Porte de Clichy, il y deux ans ou trois, avait faim et me demandait tout simplement du pain. (Je n'ai même pas l'excuse d'avoir pris peur, c'était seulement d'avoir manqué d'intelligence, d'avoir été sous l'emprise du froid et de n'avoir d'argent à lui donner mais le pain j'aurais dû, je l'avais dans la main)

 

(1) Il y a une génération dont certains jouent les grands libéraux à présent alors qu'ils ont copieusement profité de la solidarité sociétale, bossant le temps qu'il fallait puis partant sac au dos en bouts de tour du monde. Tant mieux pour eux d'avoir pu accéder à une jeunesse intéressante, mais qu'ils ne viennent pas reprocher leur manque d'enthousiasme et d'entreprise ou "l'assistanat" des suivants. Je m'étais à un dîner fritté avec l'un d'eux qui avait le culot de tenir des propos du style Les jeunes de maintenant sont trop mollassons, alors que bien sûr dans les mêmes conditions splendides dont il avait bénéficié, eux aussi s'accorderaient un morceau d'aventure avec filet financier.
C'est un peu le journal "Le Point" titrant contre les aides sociales et ceux qui en abusent, alors qu'il ne survit que grâce aux subsides publiques.

(2) Je l'ai déjà raconté, je crois, un jour gare Satin Lazare je suis tombée (3) sur un jeune qui expliquait à un "collègue" comment il venait d'arnaquer trop bien tout le monde et il détaillait sa technique, le "cours" lui-même était bien rodé. Or je venais d'être une des spectatrices captives de son numéro, et j'avoue que cette fois-là j'y avais cru, ça se tenait, il avait même des accents de sincérité - le jeune homme avait au moins la qualité d'être un excellent acteur -. Je n'avais rien donné parce que j'étais sans argent sur moi, et je m'en étais presque voulu. Toujours est-il que depuis ce gars-là je ne crois plus à un seul des mendiants narratifs, plus aucun. Et du coup j'ai donné le peu que j'avais il y a quelques mois à un type qui disait simplement Écoutez, je vais pas vous baratiner, mais ça me dépannerait vraiment si vous me filiez un peu d'argent. 

(3) C'était une des fois où pour aller de Clichy-Levallois à La Défense il était plus rapide de repasser par Saint Lazare (que de changer à Bécon) d'où que je m'étais trouvée à quelques minutes d'intervalles dans la gare sur des quais différents. Et le gars, visiblement, se préparait à poursuivre sa tournée.

(4) En fait il est peut-être un chef mafieux de manchards redoutable et c'est son poste d'observation. Tant pis.


"Sortir de l'impasse"

FireShot Capture 2807 - Sortir de l'impasse - http___sortirdelimpasse.fr_

Si vous faites partie des personnes qui pensent que déglinguer de plus en plus la vie des laborieux pour faire gagner de plus en plus d'argent à quelques-uns tout en continuant à épuiser la planète n'est pas exactement la bonne solution pour un avenir possible, ce texte pourrait vous intéresser (1).

Il a même pris la forme d'une pétition que l'on peut signer : sortir de l'impasse

 

(1) Et si accessoirement ça commence à vous gaver grave que l'actuel gouvernement continue à marquer des buts contre son camp, en mode On s'en fout ce qui compte c'est de faire un score élevé, raison de plus.


Prendre dix ans d'un coup

 

    13519434844452_fÀ mesure que je sauvegarde mon fotolog et que je tombe de loin en loin sur quelque autoportrait - généralement lorsqu'il y a une raison marrante de le faire, le cadre ou mes cheveux ou une température exceptionnelle [cette photo par exemple date de mars 2012, il a fait un temps d'été un beau dimanche de ce printemps-là (pourri par la suite) et j'étais la seule personne que j'avais sous la main pour en témoigner], je me rends compte d'à quel point après le 7 janvier 2015 mon visage sinon mon corps a vieilli d'un coup. J'ai pris dix ans, la pesanteur s'est fait connaître - jusqu'à présent elle s'était désintéressée de ma personne -, mes cheveux ont pris une accélération de blanc, les yeux et les paupière ont pris du tombant. J'ai pris trois plis en bas de la joue, au coin de la bouche, d'un seul côté.

Or : 

1/ Des coups durs j'en avais eu de sévères avant et j'en aurai encore.

2/ Je n'étais pas parmi les personnes les plus touchées : pas sur les lieux des différents assassinats, pas une très proche d'aucune des victimes, simple amie. 

3/ D'origine italienne, habitante de Paris, visiteuse du Burkina Faso treize jours après l'un des coups d'état, je sais vivre avec l'idée d'un danger terroriste ou (inclusif) armé permanent.

Alors je m'interroge. Au delà du chagrin, qu'est-ce qui ce jour-là a été si fort atteint pour que mon apparence et mes perceptions changent (1) ? Est-ce parce que les types qui ont assassiné les autres avaient perdu leur humanité ? Parce qu'un ami paisible a été avec d'autres exécuté comme s'il évoluait dans un milieu mafieux ? Est-ce parce que je pressens du bien pire à venir (2) ?

Mon apparence ne me dérange pas plus que ça, j'ai pu mener à bien une recherche d'emploi sans mentir ni tricher en quoi que ce soit - pas de maquillage, pas de teinture, aucun artifice et c'était totalement volontaire, en rien une négligence -, mais les raisons de la brutalité de la variation restent comme un mystère qu'il me faudrait résoudre. Faudrait pour avoir une chance de survivre (à la suite),(par exemple). Et parce que je me demande parfois si je suis la même ou à un point important pas.

 

 

(1) dont celle du froid 
(2) Je veux dire pire qu'en janvier et en novembre 2015.


10 km à Clichy


Capture d’écran 2016-02-24 à 16.38.01Voilà, l'inscription est faite, restera la question des certificats médicaux, cette plaie paperassière des activités sportives, comme si les médecins étaient des devins.  Qu'ils soient requis pour des activités extrêmes, un ultra trail, un marathon, un ironman, à la rigueur, je veux bien. Mais lorsqu'il s'agit d'une pratique amateure dans des disciplines paisibles sur des distances que toute personne en moyenne ou bonne santé peut accomplir, pourquoi accroître le déficit de la sécurité sociale et faire perdre du temps à nos médecins traitants ?

Enfin bref, nous irons donc courir autour de chez nous, protégés des voitures, rois du bitume pour une heure. J'espère qu'il n'y aura pas d'attentats juste avant (ni a fortiori pendant !) qui annuleraient la manifestation ; comme à l'automne les fous furieux n'avaient pas attendu la COP 21 pour donner libre cours à leur délire destructeur, j'ai un peu peur que le printemps soit brutal sans attendre l'Euro 2016. Ça ne m'empêchera de m'inscrire et de prévoir de participer à toutes mes activités habituelles, pas question de se laisser intimider, il n'en demeure pas moins qu'en cas de violences renouvelées des événements prévus risquent d'être remis en question. Ou l'envie des choses sportives et festives à nouveau s'effriter.

En attendant, prévoyons donc un dimanche de mars d'aller courir juste là, l'inscription ne coûte d'une heure quinze de mon futur emploi, il n'y a donc pas même de scrupule budgétaire à avoir.

Les détails sont ici ou .