Una storia che fa bene da leggere o sentire (che c'è la video)
Au théâtre, avant la représentation

Même pas tant peur (ou un peu quand même, si)


     20160214_145311Curieux comme un entretien pour un travail m'aura menée au théâtre, mais j'aime à suivre les avis très favorables des personnes qui me donnent confiance, ou que je sais avoir des goûts proches des miens, ou divergents sur certains points mais que je connais bien ce qui fait qu'en adoptant une sorte de "correction des valeurs saisonnières" j'arrive à savoir ce qu'une œuvre vaudra pour moi (1). 

En attendant j'ai bien fait, autant la pièce (que j'avais lue je crois autrefois, tombant sous l'emprise du nom cité dans le titre, lequel entre finalement peu en jeu ; ça avait dû me décevoir et je n'étais sans doute pas allée voir la pièce en "pour de vrai"), n'est pas du genre que j'apprécie (trop psychanalytique, trop cérébrale, trop problèmes de gens qui n'en ont pas assez de vrais), autant la mise en scène en fait quelque chose de prenant et l'interprétation était exceptionnelle. 

Je me suis prise à rêver que Natacha Simic, que j'apprécie et que j'ai vue sur scène vendredi, tienne le rôle de la jeune femme, elle aurait elle aussi été très bien (1). Et si ceux (Julia Faure et Pierre-François Garel) du jeune couple étaient moins écrasant c'était impressionnant d'équilibre, quelque chose des quatre acteurs présents portant ces quatre personnages là pas du tout évidents fonctionnait. Je pensais à une mécanique d'horlogerie fine (2), et probablement que l'expérience d'Alain Françon n'y est pas pour rien.

Et il y avait donc le couple plus âgé qui se déchirait et les acteurs stupéfiants, qui jonglaient entre drame et ironie, accélérations, et moments de répits, Dominique Valadié et Vladimir Yordanoff, qui jouaient d'une façon que je ne sais qu'appeler "de toute évidence". Je crois que je m'en souviendrai longtemps.

Ça n'est de plus pas si fréquent de n'être pas très emballée par l'œuvre elle-même (j'ai trouvé qu'elle avait beaucoup vieilli, sans pour autant attraper de charme désuet), mais d'être ravie par ce que la troupe de théâtre en fait.

Je suis ressortie épuisée, tellement j'avais été embarquée dans leurs déchirements, si loin de mes ordinaires préoccupations - une façon comme une autre de mettre ses soucis de côté, au fond -. Après avoir mangé brièvement, je me suis couchée et j'ai dormi d'une masse, pour me réveiller fort en forme dans la soirée. Ce serait donc en plus, un spectacle qui permet de recharger ses batteries, du moins lorsque l'on est sensible à certaines qualités.

La pièce se joue jusqu'au 3 avril, que ceux qui le peuvent n'hésitent pas à y aller. 

 

(1) Cela dit Julia Faure est impeccable, juste ce qu'il faut d'être éthérée et "partie" et en même temps de mener sa barque sous couvert d'apparente vulnérabilité.

PS : un excellent résumé de la pièce sur le wikipédia en anglais, mais on avait compris en fait ; y compris les ambiguïtés.

ainsi qu'une critique de Fabienne Darge pour Le Monde avec laquelle je suis en accord.

PS' : L'étonnant résumé fourni par l'homme de la maison aux enfants qui demandaient de quoi la pièce parlait, "du milieu universitaire américain [dans les années soixante]", ah oui, effectivement, ça n'est pas faux, mais comment dire ...

PS'' : Autre avantage, le temps de la représentation j'en ai totalement oublié l'air terrifiant du temps, les guerres, les attentats, la démocratie qui part à vau l'eau, les duretés économiques. Les problèmes dans la pièce évoqués sont ceux affectifs et professionnels d'humains qui ne manquent matériellement de rien et pour lesquels les guerres semblent loin. Ça faisait du bien. 

PS"": Et à part ça, une ressemblance de silhouette et déplacement avec un copain m'a un peu troublée par moment. Il faudra que j'écrire quelque chose sur les effets de sosisme, décidément.

 

(1) Il en est ainsi des critiques de cinéma de David Fontaine dans le Canard Enchaîné. Nous avons beaucoup de points communs et sur les points de divergences (il est beaucoup plus indulgent que moi envers un certain type de personnages féminins et leurs interprètes, par exemple) je sais repérer ce qui malgré tout me plaira, ou me laissera de marbre.

(2) Je pense aux montres mécaniques qui se remontaient par le mouvement du bras. Mon père en avait une comme ça.

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