BDJ - 160129 - Barbe Neige et les sept petits cochons au Bois Dormant
Every breath you take

"C'était hier" c'était hier


     20160212_212338Fréquenter assidûment depuis de longues années le théâtre du Rond-Point me rend dramatiquement exigeante. C'est peut-être pour cela que j'ai trouvé la pièce "bien" au lieu de "très bien". 

L'idée bizarre m'est venue que la mise en scène était trop lente, que je n'aurais pas fait comme ça (oui carrément, je me prends pour une metteuse en scène de théâtre, rien que ça). J'aurais accentué le côté un peu énigmatique de la pièce (1), par des moments accélérés et d'autres hiératiques. Or là tout était piano piano et en diction d'une lenteur surfaite, ça collait à certains passages, peut-être, pas à tout. Et je n'ai pas aimé l'interprétation du garçon - ça pouvait venir du personnage, de la direction d'acteur, il faudrait que je vois l'acteur dans un autre rôle pour savoir si c'est sa façon à lui qui ne me correspond pas -, ce qui fait que je décrochais dès qu'il prenait la parole un peu longuement.

En l'occurrence il était souvent question du film "Odd man out" (2) que grâce au festival d'Arras (qui le programmait sans que je ne puisse y aller) et à la BNF (où j'ai pu le voir car ma curiosité avait été aiguisée), qui est une œuvre prenante, ça n'est pas illogique que les personnages de la pièce en soient marqués et dès lors je pensais au film, ça m'a déconcentrée.

Cela dit, concernant l'amie que je venais voir jouer, l'enthousiasme est total. Je n'en doutais pas un seul instant, l'ayant vue si souvent danser (même si le plus souvent trop prise par mes propres difficultés je ne vois que de vagues silhouettes autour de moi), et c'était surprenant au début de l'entendre aussi parler, mais elle a de la présence, une générosité. Rien que pour cette confirmation et cet enchantement (3), et même si j'avais l'esprit un tantinet dispersé, je ne regrette pas ma soirée.

 

(1) C'était hier (Old Times) d'Harold Pinter (que j'ai brièvement confondu avec Ibsen ce qui m'a permis de constater que je préfère Ibsen, et de loin)

(2) Bizarrement (ou peut-être à cause du film bien ultérieur de Roman Polanski qui porte le même titre) j'ai trouvé la trace du film entier (1947) et non sa bande annonce. Le lien risque d'être périssable.

(3) Pour moi c'est l'un des meilleurs bonheurs de la vie que de voir que malgré le monde tel qu'il est des personnes de qualité parviennent à trouver leur bonne place, leur activité, ce vers quoi elles tendaient. Et l'un des meilleurs bonheurs de ces meilleurs bonheurs est d'assister à la phase de progrès. Sans doute parce que je sais, au delà d'une étincelle particulière initiale avec laquelle on nait, tout le travail nécessaire et l'environnement plus ou moins favorable avec lequel il faut composer. Quelque chose d'hautement réconfortant pour moi est par exemple d'avoir pu suivre Julien Cavard dans ses premières années et du temps du Fontenoy cette bande de jeunes musiciens qui d'une session à l'autre avançaient avançaient, avec une formidable vitalité. 

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