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Photos d'antan


    Lancée la semaine passée à la recherche du fotolog perdu (1) et même si j'espère en retrouver la plus grande partie grâce aux archives du dépot légal BNF, j'ai replongé dans mes archives photos qui selon les périodes de relatives accalmies ou de difficultés de ma vie sont très bien classées et "étiquetées" ou chaotiques (mais néanmoins existantes). En fait je ne perdrais pas de photos dans l'aventure puisque j'y publiais des images conservées par ailleurs, c'est la sélection elle-même, les textes et les interactions amicales que j'aimerais reconstituer. J'en ai besoin pour des chantiers d'écriture, j'en éprouve le besoin pour jalonner (2). 

En attendant ça m'a fait pour les photos comme lorsqu'on commence à rafraîchir les murs d'une pièce : on se voit soudain par nécessité obligés de faire aussi quelque chose pour le plafond. 

J'ai donc commencé aussi à remettre de l'ordre dans des scans plus ou moins récents (ou récents mais de photos anciennes). Ainsi une image du Burkina Faso prise en 1987 probablement

JF et Gilda Koudougou 1987 probablement

 

Et aussi une photo prise probablement par l'homme de la maison à Bruxelles en juillet 1985.

Gilda Bruxelles juillet 1985

C'est finalement assez réconfortant de les regarder. 

1/ Nous sommes toujours en vie (so far)

2/ On aura quand même, même en étant fatigués et très pris par notre travail rémunéré, bénéficié d'un bon bout de chemin de paix générale, sans souffrir de la faim, ni de la soif, ni du froid (sauf pannes), en ayant un excellent accès à des soins médicaux dès que nécessaire. Nous aurons pu élever deux enfants sans qu'ils ne manquent d'autres choses que de notre temps disponible. Aucun de nos ancêtres respectifs n'avait connu ce qui en d'autres lieux et temps et sans doute à nouveau dans le futur proche sera considéré comme de grands privilèges.

Nous avons eu beaucoup de chance.

La suite risque d'être un peu plus compliquée (et pas seulement pour nous).

 

(1) Il semblerait donc que Fotolog ait été cédé au Grand Rien des Internets
(2) Je le dis grâce à Bree sans doute mieux par ici.


BDJ - Être réveillée par la voix de l'homme qui m'avait sauvé la vie


    C'était il y aura le mois prochain dix ans. Quelqu'un m'avait dit adieu d'une façon si soudaine, sans raison apparente, que cette annonce m'avait littéralement dépassé l'entendement. J'avais cru être en train de faire un cauchemar et me hâtais hors d'un grand bâtiment dans une sorte de tentative animale d'y mettre fin sans doute par un réveil violent, j'ignore comment. Ce dont je me souviens parfaitement c'est que j'avais totalement perdu contact avec la réalité, ce que j'étais en train de vivre ne pouvait pas être vrai, c'était insensé. 
Par chance je l'avais croisé qui faisait son travail, nous nous connaissions un peu plus que de vue mais pas beaucoup plus. Il parlait avec des collègues ou des amis, m'a vue passer probablement spectrale et je me souviens de le voir adresser quelques mots au deux personnes ou trois (quelque chose comme un instant je reviens), venir vers moi et m'adresser la parole, quelque chose comme "Hé, ça va ?" ou "Vous, ça va pas ", d'avoir eu un geste de soutien amical. Dans l'effort vers lui, mon cerveau a remis le son - depuis que j'étais dans le cauchemar je n'entendais plus rien, et ça ne me paraissait pas plus anormal que le reste, et puis c'était un rêve, un mauvais rêve, n'est-ce pas ? -, j'ai entendu ce qu'il me disait, j'ai répondu, avec brièveté, et grâce à ça, grâce à son intervention, repris pied. 

Je crois même que j'ai pu parler presque normalement. Le danger était passé. En intervenant, cet homme avait fait l'équivalent cérébral d'un massage cardiaque à qui fait un grave malaise. 
Ensuite j'avais pu me cramponner à mon petit Olympus, faire des photos, le lieu s'y prêtait, pleurer dans un coin discret, aller voir quelqu'un que j'avais espéré croiser et probablement tenir une conversation courante, quoiqu'avec les yeux gonflés. 

La suite, lancée par Samantdi, sur le sujet je l'ai déjà écrite dans ce billet-là.

Au fil des ans, celui qui m'avait permis de revenir dans le réel et moi nous sommes revus, au gré des livres qui sont notre point commun. Nous ne vivons pas dans les mêmes mondes, mais c'est un plaisir de se recroiser. 

Voilà que ce matin, au radio réveil à 6h23, c'était sa voix. Il parlait de son travail. C'est quelque chose de très chaleureux que d'être réveillée par qui vous a (jadis) sauvée. J'avais d'entrée de jeu un baluchon de courage pour la nouvelle journée, un peu comme s'il me disait Il ne faut jamais perdre espoir, tu sais.

 

PS : Il y eu un autre petit bonheur qui fut de parler un instant de l'art de l'envers du jacquard avec quelqu'un qui connaît quelqu'un qui le possède fort bien, mais je préfère le garder sous forme de bref clin d'œil.

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
C'est l'amie Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci à Tomek qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac : Bonheur du jour 5

billet en commun avec Bella Cosa

 


BDJ - Françoise Frenkel "Rien où poser sa tête"


    20151015_141658Dans ce qui me semble être une vie antérieure et que je finis par craindre être la seule période de ma vie où j'aurais avec bonheur gagné durablement mon pain, je travaillais à Livre Sterling et lisais de toutes mes forces et lisais les blogs qui parlaient de livres aussi, j'avais lu ceci chez une amie, et c'était épinglé dans un coin de ma tête "Ce livre est pour moi" - quand on reconnait d'emblée quelque chose qui va compter -, et puis c'était un jour d'anniversaires et j'avais la tête ailleurs et de toutes façons il s'agissait d'un livre qui n'était plus disponible, peut-être n'avais-je pas même eu la présence d'esprit d'en noter l'auteure et le titre, ne serait-ce que dans l'idée de le consulter à la BNF.

 

Dans le dernier mois que je passais à la librairie des quartiers huppés, une cliente - il y en avait de fort bon goût, et d'un niveau certain - était venue me demander "Un livre écrit par une libraire à Berlin et sur lequel Modiano avait écrit quelque chose". Dès que j'avais eu un moment j'avais effectué la recherche et l'avais trouvé. J'avais même trouvé le bouquin qui arrivait tout juste, puis m'en étais acheté un exemplaire. J'en avais entamé la lecture, mais j'étais encore en phase de Le travail d'abord, et de lectures à achever en premier. D'où que je l'avais mis de côté.

De toutes façons avec l'Arbalète de Thomas Simonnet c'est comme avec La Cosmopolite de chez Stock du temps de Marie-Pierre Gracedieu, quelque chose dans leur choix me correspond profondément et je n'ai jamais été déçue.

Et puis la belle histoire du ressurgissement du livre, forcément, me touchait. Elle est belle en soi. Elle est belle parce qu'un blog y a joué le rôle de courroie de transmission. Elle est belle parce qu'une amitié y joue un rôle important (quelqu'un passe le livre à quelqu'un d'autre en sachant qu'il lui plaira). Elle est particulièrement belle pour moi qui connais l'une des protagonistes et un des autres par ailleurs (Paris est petit, c'est toujours comme ça). Elle est belle aussi parce que Patrick Modiano est passé par là. Elle est belle, quoi.

Par dessus le marché, sans que j'aie à m'en mêler - à part de m'exclamer Oh oui ! quand on nous l'a dit, ce qui a peut-être désintégré une ultime pointe d'hésitation - il est le livre à lire pour début février par les lecteurs de l'Attrape-Cœurs, ô joie. 

Alors je l'ai enfin lu aujourd'hui, dimanche gris, encore passablement patraque, et tout à fait prête à plonger dans le passé. Et même si l'aventure décrite est rude : l'auteure témoigne sans détours de sa vie à Berlin dans la belle librairie française qu'elle y avait audacieusement créée (avec un mari qui est tout à fait absent de la narration, comme il avait été déporté et que le livre a été rédigé en 1944 peut-être souhaitait-elle ne pas risquer d'attirer l'attention sur lui s'il était encore vivant ?) et de la façon brutale dont les persécutions nazie l'en avait chassé puis de ses différents refuges en France et de ses tentatives de fuite vers la Suisse où elle avait des amis prêts à l'accueillir, elle prend un tel soin à conserver un point d'humour et à retracer avec précision toutes les bontés, tous les secours qu'elle a croisés, que ce témoignage est d'un réconfort absolu.

Je n'ai pas pu le poser de toute l'après-midi et du début de la soirée, il m'a à sa façon abrité de la petite maladie, je me suis sentie protégée moi aussi. 

Sur une époque que je croyais connaître il m'a appris des éléments concrets que je n'avais ni lu ni entendu ailleurs ; parce que personne n'avait songé à en faire état (1). 

Son style, simple et d'une élégance surannée qui est celle de ceux des livres survivants de la bibliothèque populaire de ma grand-mère maternelle que j'ai pu parcourir (2), m'a fait me sentir chez moi, ou dans un "chez ma grand-mère" que je n'ai jamais connu (3).

Et en plus il m'indique un chemin pour l'avenir, pour les temps terribles qui ne nous seront que par miracle épargnés. 

En fait c'est limite pour un petit bonheur du jour : ç'en est un grand. 

 

 

(1) Par exemple (parmi beaucoup) le fait que dans le cadre des rationnements en France, dont le tabac faisait partie, seuls les hommes y avaient droit. Et aussi un usage du certificat de baptême en quasi-guise de sauf-conduit.

(2) Ce n'est pas un hasard, ils datent des années 1936 à 1943. Et peut-être qu'à l'époque ils paraissaient rédigés en un style relâché que des anciens méprisaient.

(3) Elle est morte fin 1944 tombée malade peu après un accouchement que l'agitation des mois d'après le débarquement n'avait pas facilité, ni les maisons pleines de courants d'air parce que toutes esquintées. Le bébé n'avait pas survécu bien longtemps lui non plus. 

[photo : l'écran de l'ordi sur lequel je venais d'effectuer la recherche et de reconnecter mes neurones (Bon sang mais c'est bien sûr !) le 15 octobre peu avant 15h]

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
Lotissement chez Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci à Tomek qui s'est chargé du boulot -) 

Chez Couac : Bonheur du jour écrit le lendemain - jour 3  et Bonheur du jour 4

Ainsi qu'un bonheur qui ne fait pas à proprement parler partie des bonheurs du jour mais qui en est un quand même : chez Karl La Grange Le bonheur de l'anomalie.

Il y avait aussi un truc du côté de l'écriture, mais il va falloir attendre un peu avant de savoir si ça prend la tournure d'un bonheur, ou si le cours des choses va m'obliger à le laisser de côté. Ainsi que les échanges silencieux via twitter ou les messageries, avec les ami-e-s. Je ne me suis pas sentie trop seule, pour un dimanche gris.

billet en commun avec Bella Cosa


BDJ - La danse et un bon roman (policier)

Parfois le Bonheur du jour c'est un peu à l'arrache.


    Après une semaine peu glorieuse, un boulot manqué, une santé morose qui m'a empêché de profiter du bon et rendue passablement improductive, la mort de David Bowie, la prise de conscience que fotolog c'était terminé et que c'est doublement la fin d'une époque (1), ces deux derniers éléments m'atteignant davantage que je ne l'aurais cru, malgré pour fotolog la perspective de pouvoir sauver une grande partie de mes données, je me disais que finalement les bonheurs du jour c'était du solide, car contrairement à ce que j'avais cru en me lançant dans l'aventure (2), on parvenait toujours à en trouver au moins un. Et puis en fin de journée de ce samedi, j'en suis venue à lancer un appel :

Les événements à Ouagadougou (3), auxquels j'ai été particulièrement poreuse, c'est une ville que j'ai connue, j'y ai de bons souvenirs, et les personnes que j'y ai croisées même si je les ai perdues de vue depuis, m'ont beaucoup appris, ont compté, ont fait de ce samedi, individuellement pas trop catastrophique, une sombre journée. 
Il y aura eu la découverte consécutive du blog de Boukari Ouédraogo , le messager d'Afrique depuis Ouagadougou ; mais c'est trop directement issu du malheur pour être un bonheur du jour.

Alors je me suis posé la question de sauter mon tour. Après tout il peut y avoir pour chacun quelques jours sans. 

Puis j'ai mesuré la rudesses des perspectives de cette année 2016, collectives ou personnelles. Et je me suis dit qu'il ne fallait s'avouer vaincue sur aucune journée sauf à être soi-même parmi les victimes directes d'un prochain épisode ou gravement malade. Que le boulot des bonheurs c'était ça. En trouver un malgré tout. Même un seul, ténu, tétu. Aux jours de deuil le chant d'un oiseau.

J'ai cru en tenir un lorsque l'homme de la maison a envisagé de venir me chercher à la sortie du cours de danse. C'est un joli bonheur que d'avoir quelqu'un qui vous attend quelque part, à la descente d'un train, au sortir d'un lieu de travail ou d'entraînement, de ne pas circuler seule (4) (ou pas toute seule tout le temps), et que ça soit quelqu'un qu'on est heureuse de voir. Mais la #ligne13 et un voyageur distrait ou négligent en ont décidé autrement :

Ce qui a d'ailleurs fait que le bonheur potentiel a eu l'effet inverse puisque l'empêchement de venir alors qu'il avait quitté à l'heure son éternelle activité (5) l'a rendu d'humeur massacrante.

Il y en a eu un : le message de candidature du fiston pour un stage, presque sans fautes d'orthographe, efficace, élégant et qu'il m'a demandé de relire par précaution. Mais c'était davantage quelque chose de rassurant qu'un bonheur.

Alors finalement et pas pour la première ni la dernière fois, le bonheur du jour ça sera le cours de danse, d'avoir pu y aller et le suivre à peu près en n'étant pourtant pas en forme, de parvenir à un certain contentement du corps malgré qu'il soit en bagarre contre différents microbes. Le bonheur du jour c'était ça. 

Ainsi que dans la nuit la fin de la lecture d'un roman policier de fort bonne facture (6) et d'avoir souri quant à son habileté finale ; tout en ayant été à maintes reprises très touchée par certaines notations ou réflexions de certains personnages, la façon dont l'équipe Cormoran - Robin me tient chaud en me rappelant des (bons) moments de ma propre beaucoup plus petite vie. 

Donc le bonheur du jour en ce sombre samedi 16 janvier 2016 aura été porté par la danse et la lecture. Mes béquilles habituelles.

 

(1) Celle de doux échanges amicaux par ce biais, celle où les sites respectaient leurs usagers.
(2) La voix intérieure du grand découragement me susurrait quelque chose comme : Ben si 2016 est aussi pourrie que 2015 et vu ce à quoi on peut s'attendre sur le plan national et international, un par jour c'est pas gagné.
(3) Attaque terroriste islamiste dans deux hôtels et plusieurs cafés de la ville ; une trentaine de morts, de nombreux blessés, des otages retenus puis libérés, les terroristes tués.
(4) Même si c'est parfois l'occasion d'un petit bonheur
(5) La pétanque c'est comme le golf en moins chic (et peut-être la chasse et la pêche). Les pratiquants disparaissent des journées entières. Vive les activités qui sont limitées dans le temps !
(6) Robert Galbraight (JK Rowling) "Career of Evil"

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
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Chez Couac : Bonheurs, jour 2 

billet en commun avec Bella Cosa


Sept ans après, le même billet (ou presque)


    En cherchant tout autres choses dans mes archives, je retrouve ce billet.

Rencontre du troisième type

Je pourrais à part pour la question de retrouver quelqu'un au café, écrire exactement le même aujourd'hui. 

Dix ans après.

Je ne sais pas si c'est bon signe, ou très mauvais.

 


BDJ - Sauvé malgré un numéro de vestiaire assez pessimiste (mon fotolog)

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J'avais donc la veille au soir (tard) fait le bilan des vestiges de mon fotolog défunt (loin d'être unique, J'ai lu ici ou qu'en 2010 il comptait encore 13 millions d'utilisateurs à travers le monde) et qu'il en eut jusqu'à 33 - si ça ne console pas de n'être pas la seule, ça rend cette fin brutale encore plus inquiétante, tant d'utilisateurs compteraient donc si peu ? -), je m'en voulais d'avoir commencé à prendre mes précautions trop tard, et puis voilà qu'un touite m'a redonné espoir 

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Du coup et malgré une petite forme - mon corps se bagarre depuis le début de la semaine contre quelques virus ou bactéries, à déterminer, et une tendinite à l'épaule droite en profite pour se profiler -, j'ai tenté le voyage de chez moi jusqu'à la grande bibli, avec cet espoir fou de récupérer mes données. Le premier bonheur du jour fut sans doute malgré mon état incertain d'avoir pu faire le trajet sans encombres (1).

En arrivant au vestiaire, le numéro qu'on m'a distribué m'a un tantinet semblé comme un signe du destin. La suite m'a prouvé qu'il s'agissait plutôt d'un clin d'œil puisque progressivement j'ai retrouvé trace de la presque intégralité de mon petit travail quotidien de diariste photos. Au fil des ans la part de texte s'était en effet étoffée jusqu'à constituer un vrai carnet de bord, un diario orienté photos. La récupération effective des données et la reconstitution de la part personnelle sous le blog que j'avais déjà commencé, prendra sans doute un moment, ça sera peut-être l'occasion de stabiliser ce passé encore proche dont des éléments furent si douloureux, regarder les choses en face, reconnaître la part de bon qu'il y eu à chaque étape, remettre les deuils et les ruptures à leur moment précis, poser des jalons que la fatigue et la peine m'ont empêchées de mettre afin de protéger le reste de ma vie, mesurer aussi les progrès accomplis. M'offrir ensuite si j'en ai les moyens, une belle version papier; histoire d'être certaine que tout ne redisparaisse pas aussi facilement.

Alors le bonheur du jour, ce fut ça, les retrouvailles avec des pages d'écran que je croyais perdues à jamais, le petit gag du ticket 404 et sa conclusion car celle qui pour le coup aura été ma bonne fée

Capture d’écran 2016-01-16 à 21.40.42

 

 (1) Ainsi plus tard que celui du retour.

PS : Cela dit, fotolog, fantôme, préfère plutôt 522 

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billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
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L'autre bonheur du jour fut de voir que Couac avait à son tour cédé à l'appel du petit bonheur : Bonheurs, jour 1 

billet en commun avec Bella Cosa


BDJ - Le précieux site archive.org et l'ami qui pense à point nommé à en rappeler l'existence

    Cette journée était si mal emmanchée que j'ai cru jusqu'au bout que je devrais dire "Je passe" pour mon tour aux Bonheurs du jour. Depuis un certain nombre de coups durs familiaux ou personnels ou concernant de proches amis et depuis cette année 2015 si violente entre autre à Paris, je sais faire la distinction entre une sale journée d'occidentaux encore privilégiés et une vraie journée de catastrophe. 

Pour l'heure on était clairement dans le premier cas, avec cependant une belle collection : 
- être patraque comme en début de semaine après la veille (et une énergique médicamentation) l'espoir d'un mieux ; 
- l'avoir été au point de ne m'être pas réveillée le matin du moins d'avoir cru me réveiller sans avoir eu la moindre sensation que je me rendormais ; avoir du coup manqué mon entraînement de natation qui m'est très nécessaire pour tenir debout. Ça a quelque chose de l'oubli que mon corps n'est plus désirable. En plus du bien être que procure une activité sportive non brutale pour la carcasse ;
- avoir dû m'occuper une fois de plus de bricoles de gestion familiale - rien de grave au demeurant, mais ça mange du temps -, l'affaire de la fuite d'eau invisible continue de peser ; 
- avoir appris que fotolog avait fermé, ce qui déjà est triste, mais en plus sans prévenir ce qui est désespérant. J'avais eu beau tenter de prendre quelques précautions je pense que j'ai perdu 80% du travail quotidien que j'avais entrepris depuis douze ans. Je suis triste encore plus des contacts que j'ai perdus : ceux que je ne connaissais que de là et dont je n'ai pas même une adresse de messagerie. C'est la première fois depuis que je fréquente l'internet assidûment et en allant là où ce qui est proposé convient à ce que je souhaite partager qu'une plateforme ferme sans permettre de backup ; 
- d'être retombée en cherchant ce que je pouvais sauver, sur des photos et quelques mots que j'avais bien commencé à oublier ; et me rendre compte que rien n'est encore vraiment soigné - la dureté de l'année 2015 et les sombres perpectives pour 2016 et 2017 n'y sont pas pour rien - ;
- n'avoir pas pu aller à la danse pour cause de me sentir encore en mauvaise forme, et ce sentiment de mes propres limites lorsqu'ainsi malgré ma volonté elles s'imposent ;

En fin de journée, alors que je craignais comme mardi de devoir faire machine arrière et revenir plus vite chez moi que prévu, je me suis secouée pour allée quand même à l'Encyclopédie des Guerres à Beaubourg, séance durant laquelle Jean-Yves Jouannais a décoré un acteur polonais du feuilleton Quatre tankistes et un chien. Ce qui ne serait-ce que pour cet événement valait le déplacement. Mon corps a été sympa qui a consenti à ne pas se piquer d'accès de fièvre ou autre symptôme plus indélicat durant toute la soirée, comme s'il consentait une trêve.

Et ça aurait pu être mon bonheur du jour. Ça le méritait.

Mais il y en a eu un autre, qui comportait cet élément de "bonne surprise" qui à mes yeux convient mieux au concept, car un bonheur issu d'une pratique régulière, telle que celle d'aller très assidument à l'Encyclopédie, est un peu moins "du jour" et davantage "d'une période" donnée, les années, par exemple où l'activité en question est possible.

Ce bonheur du jour fut le soulagement de constater, grâce à un conseil avisé de benoistj, que le site archive.org possédait quelques traces de mon défunt fotolog. Dont deux photos de l'année écoulée qui me sont chères. Au passage retrouver également un petit morceau de l'ancienne allure de Traces et trajets, que je sais sauvée par ailleurs, mais ça faisait chaud au cœur de voir qu'il existait quelque part quelques éclats de cette mémoire.

Le bonheur du jour fut donc que tout n'était pas perdu.

 

billet publié dans le cadre des Bonheurs du Jour.
Coleslaw, disais-je chez Kozlika qui a lancé le mouvement et le lien vers tous les bonheurs (pour s'inscrire c'est par ici- grand merci à Tomek qui s'est chargé du boulot -) 

billet en commun avec Bella Cosa

 


Quelques touites exhumés


Au cours de ma recherche un peu désespérée de traces de mon fotolog, j'ai retrouvé celles de quelques touites. Il y a celui du bon conseil de mon fils alors adolescent et qui ouvre le billet précédent. Il y avait quelques échanges avec La Fille aux Craies que je n'ai pas oubliée. Quelques doux mots d'ami-e-s dont la relecture m'a mis du baume au cœur (note pour plus tard : toujours garder précieusement ce qui nous fait du bien afin de pouvoir s'y réchauffer quand viennent les tempêtes). Et puis quelques trucs #WTF dont celui-ci de mai 2012.  J'avais soupçonné qu'il me ferait sourire un jour (c'est fait) : 

7788658312_f7d197e9ba_oEt pas mal de traces des soucis que je me faisais pour les autres. Ainsi celui-ci (conservé à cause de la période anagrammes dans les pseudos).  

8067387529_802b1e1b7e_oEt ceux-là (dont je ne sais absolument pas pourquoi j'avais gardé la trace, voulais-je tester techniquement quelque chose et que c'était alors les touites les plus récents à ma disposition ?) :

6198027216_4ca0326613_ode 2011 ou 2012 aussi je crois et qui par bonheur me fait sourire aujourd'hui puisque tout va bien et les nouvelles s'échangent à nouveau - le problème vient aussi de moi qui avec mes périodes métro-boulot-dodo ou difficultés quotidiennes, suis une correspondante irrégulière bien malgré moi -. 

Certaines choses vont mieux. C'est déjà ça. 


Il ne nous restera même pas ça (Fotolog has been closed without forewarning)


    8853933627_285a539765_oHier, j'avais le temps de mettre à jour mon fotolog, j'étais à la BNF, ça ne fonctionnait pas. Ça n'était pas la première fois que le réseau de partage de photos semblait ramer, et parfois à la BNF certains sites semblent rejetés par le proxy, je ne me suis pas plus que ça inquiétée. 

Ce matin, de chez moi, même avis d'absence, pas même un cache disponible. 

Alors je suis allée à la pèche aux informations et suis arrivée jusqu'à plusieurs articles qui évoquaient sa fermeture, par exemple celui-là, ou cet autre, aucun ne fournissant davantage d'éclaircissements, ni la réponse à la question clef : comment récupérer nos données ?

Sur twitter j'ai pu constater que je n'étais pas la seule à n'avoir pas été avertie de la prochaine disparition de fotolog. Il se trouve que j'avais, afin d'éviter la publicité et de pouvoir publier plusieurs photos par jour, souscrit à l'option Goldcam, payante légèrement. Ça fonctionnait par renouvellement mensuel et fin décembre j'ai payé ma paire d'euros pour janvier, tutto bene, aucun avertissement, aucun mail, rien si ce n'est la trace du réabonnement. 

Je suis parvenue à remonter jusqu'à HiMedia Group qui avait racheté fotolog en novembre 2007. Mais que ça soit sur Twitter ou ailleurs le moins qu'on puisse dire c'est que pour une entreprise de communication ils ne sont pas très causants. La page wikipedia la plus complète n'est pas non plus d'un grand secours.

Bref, toute info est la bienvenue. 

Jusqu'à présent, toutes les plateformes que j'ai connues qui ont fermé ou changé leur mode de fonctionnement avaient prévenu au moins quinze jour à l'avance et proposé des liens vers un téléchargement personnalisé. Twitpic, par exemple, fut parfait, ou MySpace lorsqu'ils ont fermé la partie blogs, ou encore U-blog ou posterous.

Fotolog avait connu à plusieurs reprise des périodes de plantage et son message de surcharge, quoiqu'un peu moins connu que la baleine de Twitter restait assez célèbre. En internaute aguerrie, j'avais à plusieurs reprise cherché en vain sur le site une possibilité de download pour sauvegarde, et n'en trouvant point ni d'adresse de contact efficace (j'ai retrouvé la trace d'un [email protected] mais qui ne répondait guère), je m'étais mise en tête de créer mon propre blog miroir :

Clandestines Sardines

et depuis quelques temps j'y dupliquais toutes mes entrées. C'était une copie de sauvegarde : le charme des échanges n'y était pas ou plus.

D'ailleurs à part quelques amis de la vie d'en vrai, la fermeture sans préavis m'aura fait perdre bien des amateurs d'images avec lesquels j'échangeais depuis longtemps.

Je n'ai pas eu le temps d'y porter mes archives puisqu'il fallait le faire image par image et que j'y figurais depuis l'été 2004 avec une photo par jour, fors à certaines périodes. Je m'étais précisément dit qu'en ce mois de janvier puisque je n'ai pas de travail salarié, j'aurais peut-être enfin le temps de m'y coller.

Trop tard.

Il ne me reste plus que quelques copies d'écran, réalisées lors de jours où le site ou ma connexion plantouillait 

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, une tentative de compilation, abandonnée par manque de temps, et 163 billets miraculés grâce à pinterest  Car il ne sera pas dit que je ne m'étais pas méfiée du côté "travail sans filet". Simplement je n'avais pas disposé du temps libre suffisant.

Alors comme sans doute tant d'autres utilisateurs de la plateforme - malgré les départs vers instagram et autres réseaux, nous étions des millions - je me sens privée d'un pan de mon passé. C'est bien moins grave qu'après une mort, une rupture subie, pour les objets un incendie (ou une inondation majeure, ou un cambriolage complet), mais c'est une trace des dix années écoulées qui sans préavis s'en est allée et qui tiraille dans la même zone que celle des blessures des deuils de 2015, d'un "Ça serait mieux qu'on ne revoie pas" qui date qu'il y a dix ans, et d'une sorte de "Va-t-en, j'ai trouvé mieux" qui en a bientôt trois, tout ce qui tient d'un événement du présent qui bousille notre passé rétroactivement ou dans ce cas précis l'efface. Une sorte d'Eternal sunshine of the spotless mind de nos souvenirs numérisées. 

PS : Les photos en tant que telles ne sont pas perdues, je sauvegarde régulièrement mes images, mais les textes et la sélection quotidienne si.

[copie d'écran : comme disait en 2011 ou 2012 le fiston] 

addenda du 15/01/16 00:13 : Grâce à une indication de Benoistj je vais pouvoir en récupérer 188 autres