BDJ - L'homme à la cornemuse
Some lack of stardom

NFTN - La chute


    Il m'arrive souvent d'avoir ce que Pennac dans son "Journal d'un corps" a appelé des bouffées d'enfance : j'oublie que mon corps est celui d'une femme déjà plus si jeune. Rien à voir (so far) avec un quelconque vestige de sexualité, mais plutôt avec des trucs que j'oublie ne plus pouvoir faire comme à douze ou quatorze ans.

Ainsi ce matin, alors que nous avions couru aussi sur la face sud de l'île et qu'il nous fallait remonter au niveau des rues, nous sommes-nous trouvé arrêtés par une barrière fermée. L'homme de la maison sportif format léger est passé par dessus sans encombre, en mode appuyé sauté. Je n'aimais pas trop la configuration : grille en haut d'un escalier raide donnant sur une mince piste de ciment que borde la Seine. Si tu tombes en arrière sans te fracasser le crâne, tu finis dans l'eau (sale), mais la barrière n'était pas haute, il était facile d'effectuer un rétablissement. Seulement j'ai eu ensuite un peu d'appréhension à passer les jambes entre les bras, ai tenté un passage d'une jambe par le côté (facile) et de glisser la seconde dans le triangle ainsi formé, mais j'ai mal évalué l'intervalle de passage, mon pied droit s'est pris dans quelque chose et j'ai vu le sol soudain se rapprocher, le temps de penser "C'est pas grave c'est de la terre, tu es du bon côté" et aussi "Roule". Ce que j'ai fait pour me remettre sur mes jambes après une providentielle culbute et dans le même mouvement. L'idée m'a vaguement effleurée d'effectuer un salut comme en gymnastique.

Pour rester pliée de rire : ça faisait bien trente-cinq ans que je n'étais pas tombée de cette façon. Adulte, on perd généralement l'habitude de franchir des barrières, du moins tant qu'aucune frontière hostile ne nous est opposée.

Un homme qui sur un banc lisait se retenait poliment de rigoler.

Une fois rentrée je me suis documentée, la prochaine fois j'essaierai la technique du pompier qui salue son agrès. #présomptueuse 

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