En ces jours de désarroi, il nous reste François (Morel bien sûr)
Presque une douzaine de jours [après]

Déclarations d'amour


    Au détour des trajets que je continue à accomplir dans Paris, le plus possible comme si de rien n'était (1), ça fait trois déclarations d'amour à la France que j'entends, dont l'une lors d'une bribe de conversation entre deux femmes dont l'une se disait Algérienne et l'autre venait d'Afrique noire (je n'ai pas entendu le nom du pays qu'elle a mentionné), et qui se disaient, j'aime ce pays, on lui doit tout, il faut le respecter. La femme algérienne confiait à l'autre avec fatalisme et dignité qu'elle s'attendait à être jusqu'en février au moins davantage contrôlée, Mais je resterai calme, il faut comprendre après ce qu'ils ont fait. 
L'autre c'était un gamin qui disait à ses potes en arrivant à la piscine, Je vous aime, moi, les Français et il ajoutait On est bien ici. Les copains accueillaient la déclaration avec des gestes affectueux, c'était dans les jours de juste après.

Si nous parvenons à calmer les imbéciles, ceux qui sont en train d'en profiter pour dire, Vous voyez, j'avais raison et qui se sentent supérieurs aux autres parce que leurs ancêtres vivent dans le coin depuis un peu plus longtemps que certains, il faut savoir qu'on peut compter sur ceux qui sont venus vivre ici parce qu'où ils étaient ça allait mal (mal tout court ou mal pour eux), ils aiment ce pays qui les a accueilli et accordé une chance. Il ne faut pas laisser les furieux d'un côté et les haineux de l'autre gâcher ça. 

Il nous reste un art de vivre, ne le laissons pas être dissout dans la haine et le rejet.

 

(1) Même si moralement ça n'est pas du tout comme si de rien n'était, je ne sais pas vous, mais personnellement dès que je ne suis pas concentrée sur une activité qui requiert toute mon attention je pense sans arrêt aux victimes et aux rescapés, ainsi qu'à leurs proches. Et particulièrement à ces derniers cette semaine qui devront probablement dans les jours qui viennent aller à des cérémonies d'adieux, parfois même à plusieurs comme ce fut le cas pour les amis de ceux de Charlie.

 

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