Le chantier du palais
Le travail de cette dame-là (Chantal Ackerman)

Ce monde qui épuise les gens qui bossent bien


    En médecine plus qu'ailleurs, je veux dire dans les métiers de soin.

Jaddo, comme dab mais hélas (car on aurait préféré qu'elle n'ait pas à l'écrire) l'explique fort bien :

Injonctions paradoxales. Mes fesses

Je fais partie de ceux qui ont choisi une option "pas d'arrêt de travail" alors qu'ils auraient pu légalement y avoir droit, probablement parce qu'à deux moments particuliers (dont la mort de mon père) j'en ai eu dramatiquement besoin, alors je préfère qu'ils existent encore si possible pour le temps de travail de mes enfants et que donc si je peux faire autrement je fais autrement. J'ai donc démissionné d'un emploi que je ne parviens plus bien à assurer physiquement ou que j'assume mais qui me conduit à l'épuisement - mais si le boulot était moins physique (1) je pourrais, donc j'ai un peu tendance à considérer que ça ne relève pas de l'arrêt maladie mais que c'est à moi de trouver autre chose après m'être retapé la santé -. Ce qui fait que la part "empêcher les médecins d'accorder des arrêts de travail" me rend furieuse.  Nous sommes nombreux à aller les voir ... pour nous en passer et plutôt prendre au détriment d'autres morceaux de notre santé ce qui nous permettra de tenir. 

Et cette histoire de caméra cachée est une ignominie. Je souhaite à tous ceux qui ont participé à ce dispositif de tomber gravement malade sans pouvoir être bien soignés, ou en étant obligés d'aller bosser quand même. Que le soignant en face d'eux leur dise, Désolé mais j'ai déjà utilisé pour ce mois-ci tout mon quota d'arrêts, vous allez devoir continuer.

Enfin comme Jaddo, j'en ai marre d'un monde où ce sont ceux qui trichent, abusent de leur situation, truquent les chiffres à leur avantage, refilent aux autres les tâches ingrates, qui sont considérés parce que leurs statistiques joliment toilettées sont parfaites, comme de bons professionnels alors qu'ils gâchent le métier. 

Ce monde est épuisant pour les gens qui bossent bien.

 

(1) En fait j'ai depuis juillet un problème avec la station debout prolongée. Quatre heures ça va. Six j'ai du mal. Huit c'est une souffrance - même avec une heure de pause -.

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