Au bout du compte (les réfugiés)
De l'importance de régler le radio-réveil sur une bonne émission

Le sac


    Est-ce parce que mes parents ont connu la guerre - et pour ma mère une sorte de mini-exode local avec des aller-retours dans les mois qui suivirent le débarquement - ? Est-ce parce que mon père était au départ un travailleur immigré - du temps où les entreprises françaises allaient chercher la main d'œuvre avec des sergents recruteurs qui faisaient les sorties de stades après les matchs de foot -? Est-ce parce que l'ambiance était telle chez mes parents que très jeune j'ai songé au départ, retenue par la présence de ma petite sœur que je n'aurais laissée tomber pour rien au monde et parce que j'aimais l'école / le collège et mes ami.e.s ? Est-ce parce que j'ai longtemps rêvé de travailler à l'étranger, ici ou là, d'arpenter le vaste monde - mais pas pour faire du tourisme ou pas plus que je n'en fais à Paris - ? Est-ce parce que je n'ai pas encore (il serait temps) trouvé ma place au monde - transfuge coupée dans son élan - ? Est-ce d'avoir été quittée plusieurs fois brutalement - ce qui n'a jamais nécessité pour l'instant que je quitte un logement, mais ça aurait pu - ? Est-ce parce que j'aime bien les brefs déplacements liés à une activité ou de tendres affections ? Qu'avant d'être clouée à Paris par le manque d'argent (et ça ne va pas aller en s'arrangeant, sauf miracle), j'ai fort bien connu certaines villes j'y allais facilement (La Rochelle, Arras, Lille, Bruxelles ...) ? Est-ce à cause d'un livre ? Est-ce parce que depuis plusieurs années je crains au fond des jours de guerre civile et que l'échéance de 2017 me fait craindre le pire ?

Toujours est-il que j'ai quasiment en permanence un sac presque prêt et quelques listes en tête des éléments à prendre selon les paramètres : temps disponible pour la préparation, durée d'absence estimée - et risque de pertes éventuelles de ce qui est pris ou au contraire laissé -, météo probable.

Alors ce site What's in my bag ? découvert grâce à Embruns est loin de me laisser indifférente, très loin. 

Je n'oublierai jamais, sauf maladie, l'ami qui m'a raconté avoir quitté son pays, une dictature d'Amérique Latine avec sur lui seulement ce qu'il avait un jour quelconque en allant en cours ou en rentrant chez lui, et qu'on lui a dit File vite, il te cherchent, ils sont là et qu'il a sauté par une fenêtre d'un premier étage ou au rez-de-chaussée et qu'il a couru.

Parfois, le sac, tu n'y as même pas droit. 

Seule la vie sauve compte.

 

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