Un homme [pas] comme les autres
Parfois on ressent les choses sans savoir les exprimer, et puis quelqu'un passe qui sait

Zones d'incompétence


    Jour d'attente que celui-ci : un examen médical dans l'après-midi, ne pas m'endormir alors que je dois y aller, le reste ne dépend pas de moi, j'espère que je pourrais (et rapidement : mes congés s'achèvent lundi matin) me faire soigner d'un petit problème qui gêne ma vie quotidienne (et cruellement m'empêche de m'entraîner).

Alors je lis, sur les réseaux, chez les amis ; écrire m'est très difficile en surveillant la pendule.

Je m'aperçois que chez François un atelier d'été s'est organisé. La participation du jour a pour thème se perdre dans la ville.

Ça a l'air bien. 

Mais je suis incapable malgré l'envie que j'en ai, de participer à celui-là des sujets. Alors que pour une fois : J'AI LE TEMPS.

Mais voilà : se perdre dans la ville, je ne sais pas ce que c'est. De la même façon que je ne connais pas l'ivresse, je ne sais pas me perdre, à part dans les centres commerciaux très grands et fermés (comme s'il y avait un brouillage) ou les jours d'obsèques (de quelqu'un qui pour moi comptait) - mais ces jours-là on y va, on se recueille, souvent on doit après se dépêcher d'aller travailler, pas le temps de se perdre -. Aucun mérite : simplement je suis née avec une boussole ou un GPS intégré (1), une sorte de sous-programme de ma cervelle ne fait qu'en permanence m'auto-géolocaliser. Sauf maladie ou forte fièvre c'est impossible à débrancher.

Bien sûr je pourrais jouer la pure fiction. Mais pour ça il faut quand même avoir une petite idée du début de quelque chose. Je vois l'effet fait sur les autres. Ça reste très extérieur. Toute proportion gardée c'est comme la jouissance masculine. Quel effet ça peut diable bien faire d'éjaculer ? 

Je crois que ce que je pourrais écrire en tentant d'imaginer l'effet fait serait immanquablement mauvais. Que j'ai besoin pour que les mots viennent bien, que mon corps soit un petit peu au courant de ce qui en pareil cas peut se passer. Quitte à imaginer la suite. Mais il faut un début des sensations du début. Pour que l'écriture puisse prendre pied, aborder. Ce n'est sans doute pas une nécessité pour tous ceux qui écrivent. Et il m'est arrivé dans un jeu collectif, précisément de jouer à contourner. Ça peut marcher. Mais je n'y ai pas de goût. 

Il y a un ou deux ans, le sujet du recueil collectif d'Antidata était "Phobie". Je n'ai rien su proposer : j'ai cette chance d'en être dépourvue. Il y a des choses que je déteste faire, qui me demandent une énergie folle quand la plupart des gens le font machinalement sans y songer - par exemple : accomplir une démarche administrative -. Mais je vois bien sur ceux qui en souffrent que ça n'est rien par rapport à une réelle phobie. 

C'est intéressant, ces zones d'incompétence. Il faut le(s) reconnaître.

 

(1) Ce n'est pas le charmant garçon qui m'avait dit avoir regardé l'itinéraire vendredi, et que pour une fois j'ai cru ne pas devoir regarder la moindre carte et que soudain il était perdu et que j'ai rattrapé le coup au vol qui me contradira. Bon, le téléfonino a bien aidé permettant de visualiser une carte, s'agissant de routes une base est nécessaire, mais voilà.

Parfois, je ne peux pas passer. Mais je sais où je suis.

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