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Jean et Yves


Tombée aujourd'hui sur cet article (1) dans Libé qui m'a fait sourire : finalement ma réaction d'il y a six ans concernant l'annonce du décès d'Yves Rocher n'était pas si stupide. J'étais en effet persuadée que le nom avait été inventé par pure création marketing, histoire de personnifier la marque et vendre davantage. Ma réaction n'était donc pas si stupide même si dans le cas de monsieur Yves et de monsieur Jean (2) il y avait un vrai gaillard qui fut bien vivant pour créer l'entreprise et offrir son nom. 

 

(1) "Jean Mineur, William Saurin et Uncle Ben's ont-ils vraiment existé ?" par Virginie Ballet 

(2) Mais pour Jean Mineur comme pour Jules Destrooper j'étais au courant qu'un réel être humain était à l'origine de l'entreprise qui portait son nom.


France Culture et la phrase du matin


    Est-ce la programmation estivale qui comporte des émissions avec des intervenants inhabituels, est-ce le fait d'être en congés alors que ne l'est pas le reste de la maisonnée, ce qui me laisse plus réceptive quand le radio-réveil se déclenche au lieu d'être mue par le sempiternel "Allez debout, il faut bosser", mais ça fait deux matin au moins que me tire du sommeil une phrase qui, décontextualisée par l'inconscience dans laquelle le sommeil dont j'émerge m'a plongée, présente un curieux effet. Ce fut donc aujourd'hui :

 

Les buts sont les deux seuls points fixes de l'espace du football. 

 

Comme j'ai dû repiquer un peu du nez, le temps de m'extraire complètement de ma somnolence, j'ignore qui parlait, pourquoi, à quel sujet (et n'ai pas le temps d'écouter le podcast).

J'envisage d'ouvrir une nouvelle rubrique, cousine du #QOTD de twitter : #laphrasedumatin 

PS : Hier c'était "Apocalypse now à San Francisco" et son violent retour vers le futur du passé.

 

 


Voyage dans le temps (au réveil) ou Quand France Culture surprend

J'étais en train d'émerger lentement, avec cette volupté que donne dans un coin de conscience le fait d'être en congés tout en écoutant le radio réveil déclenché à 6h25 as usual. Ce qui signifie capter des bribes éparses, parfois les inclure au dernier rêve, c'est un peu bizarre des fois.

Il me semble qu'il fut question des Jardins d'Alice en quête de relogement, de rénovations (500 000 ai-je capté, mais de quoi ? où ça ?), "des séismes légers qui font s'entrechoquer la vaisselle", et soudain avec le jingle sonore de France Inter d'antan "Apocalypse now à San Francisco" (1), et là je crois que je me suis relevée en criant (2). 

3949658125_83f4ba6a7f_zFin 1989 comme j'attendais pour le printemps suivant un enfant nous avions décidé de répondre enfin à l'invitation de mon amie Carole qui vivait déjà depuis plusieurs années en Californie. Je pressentais qu'ensuite les voyages deviendraient compliqués - n'imaginais pas à quel point et que ça ne serait pas du tout que du fait d'avoir un bébé, mais plutôt financier et de disponibilités -.

Nous avions cassé la tirelire, long trajet en avion, et pris nos dispositions pour une douzaine de jours en novembre.

Et voilà que moins d'un mois avant notre départ, cette annonce à la radio, la même, gros tremblement de terre à San Francisco. Je me souviens d'avoir eu peur pour les amis, jusqu'à ce que nous parvenions à nous joindre, et je crois que c'est seulement après coup (ou parce qu'ils nous ont posé la question) qu'on s'est demandé si on maintenait le voyage. Pour moi, c'était bien sûr que oui, en fait l'envie de se revoir était d'autant plus forte que nous avions eu peur.

Et puis j'étais déjà allée quelque part juste après un coup d'état, quelque part juste avant des inondations dramatiques, alors pourquoi pas juste après un tremblement de terre.

Il n'empêche qu'entendre au réveil la même annonce que celle qui nous avait à l'époque alerté était une expérience troublante. Un voyage dans le temps. Je suis assez coutumière du fait, dans les instants très brefs qui coïncident avec le réveil, il m'arrive en particulier de croire encore à la présence de certains grands absents, une fraction de seconde, mais pour des faits éloignés, c'est sans doute la première fois que j'éprouve la sensation d'être il y a longtemps.

Juste après il y a eu Bruce Springsteen, une évocation du central téléphonique qui alors avait sauté, maison blanche incluse lors du démarrage des réservations pour l'un de ses concerts au siècle dernier. 

Du coup j'ai réellement démarré cette journée il y a plus de vingt-cinq ans. 

 

(1) émission Le temps de la géographie ; et un article sur Geopolis

(2) J'étais déjà seule, heureusement.

 

nb. : à 12' du début de la video un sauvetage spectaculaire. Dix jours pour pouvoir récupérer les corps des victimes de l'écrasement du pont. 


Le choix d'une image

Je tombe ce matin sur cet article d'Il Corriere, au titre un peu racoleur (on dirait que c'est devenu obligatoire de nos jours) et qui évoque les victimes de l'attentat de ce lundi à Suruc

Il est accompagné de la publication de ce selfie - pour moi les selfies de groupe ne procèdent pas du même mécanisme que ceux de soi tout seul ou en amoureux ou de soi en compagnie de quelqu'un de connu, je les trouve souvent intéressants ; même si c'est hélas particulier dans le cas présent - : 

Capture d’écran 2015-07-21 à 08.44.19 

 

et de quelques mots sur la personne qui l'a pris et qui a survécu. Je vais voir son compte. À ce que comprend via le traducteur automatique c'est quelqu'un de bien, elle s'efforce de témoigner et n'exprime pas de haine malgré ce qui s'est passé.

Inévitablement je me sens concernée par qui a vu un ou plusieurs de ses amis assassinés dans des attentats politisés, je crois qu'au fond de moi je cherche la réponse à cette question insoluble Mais comment vous faites, vous, pour vous en tirer ? Alors je lis un peu de la TL de cette jeune femme, admirative de l'intelligence dont elle fait preuve et voilà que je tombe sur le touite initial, auquel l'article du journal faisait allusion : 

Capture d’écran 2015-07-21 à 09.03.03

L'article italien dit que celle qui a pris la photo a répondu "Je suis en vie, je vais bien mais la fille avec le tee-shirt blanc derrière moi est morte".

Ce que confirme ce touite que je croise également : 

Capture d’écran 2015-07-21 à 09.08.01

Ce qui laisse à penser que quelqu'un a obtenu une seconde photo avec une seule jeune femme en haut blanc sans doute afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur qui a survécu ou non. Je ne sais qu'en penser (était-ce une attention louable (éviter une confusion) ou pour attirer l'attention (que ça soit plus percutant) ?) et j'ignore si la photo de l'article en Italien n'avait pas précédé celle avec deux jeunes femmes sur la TL de la jeune militante. Je n'ai pas le temps de lire plus avant sur twitter, ni de pousser plus loin mes recherches de la source de l'image du journal.

L'essentiel est vrai : l'identité de la jeune touiteuse, l'existence d'une (au moins) selfie, ou semble confirmé : qu'une jeune femme sur la photo du journal (et sur l'autre aussi) fait partie des victimes de l'attentat.

Les deux photos ont visiblement été prises presque au même moment.

Il n'empêche que ça donne matière à réflexion et que c'est très symptomatique de l'époque que nous traversons, tout : l'attentat, que ces images existent - qui n'auraient dû rester que de liesse et partagées entre amis -, le traitement ultérieur de l'information, le fait même qu'à des kilomètres de là j'ai accès et à l'info retravaillée et au contenu initial.

Et que quoi qu'il en soit je me sens proche de ces personnes, malgré l'écart d'âge et de pays, des militants favorables à la paix et qui venaient aider. J'espère que les survivants trouveront la force de continuer. Je pense aussi à leurs proches, à leurs parents - ceux des victimes comme ceux des survivants -.

Courage @dilrike 


Une bouffée d'optimisme (2009)

En cherchant un peu autre chose j'ai retrouvé ceci :
ne m'oubliez pas - The avengers par moidixmois Ça finit toujours pire que ce qu'on croit. (et à part ça pensées encore pour Patrick MacNee, récemment décédé)

Lire la suite "Une bouffée d'optimisme (2009)" »


À la Tarzane (grâce aux amis)


À mi-chemin de mes congés qui ont une drôle d'allure de convalescence (mais de quelle maladie ? difficile de parler de surmenage dans le cas d'un temps partiel et qui est d'un métier de présence) ça n'est pas franchement brillant. Alors je tente d'aller de belles rencontres (ou retrouvailles) en bons moments, de pratiquer le sport encore possible avec un pied défaillant (nager), et d'utiliser chaque regain d'énergie pour avancer dans une des choses que j'ai à faire et qui sont légions : depuis janvier j'ai mis sous le boisseau tout ce qui n'était ni indispensable ni urgent et comme ç'avait déjà été le cas en décembre pour cause de travail échevelé de commerçant à la période des fêtes de fin d'années, que j'avais été malade la deuxième quinzaine de novembre tout en continuant à bosser, que j'avais été délicieusement happée par le festival d'Arras (plus le boulot qui n'avait pas cessé) début novembre et que septembre et octobre avaient été épuisant en boutique à cause entre autre de Valérie Tierweiler (pas merci pour ce moment), bref, les derniers moments de vie à peu près équilibrée durant laquelle je ne prenais pas (trop) de retard dans le courant des choses remonte à juillet et août dernier et aux sept premiers jours de janvier. Plus une semaine de vacances en avril mais pour le coup en vraies vacances et donc indisponible pour ce qui est de la maison (et de l'écriture connectée).  En l'écrivant je comprends mieux tous les retards accumulés, mes absences envers les amis, l'état de l'appartement.

Aujourd'hui grâce aux amis et à une bonne nouvelle de ma santé, qui m'a redonné un brin d'espoir vers un peu de temps à soi, allez, encore un sursis, j'ai pu pas mal avancer, de liane en liane, à la Tarzane. La bonne nouvelle me permettant de filer retrouver les amis (merci, merci de la proposition lancée, de celui qui l'a saisie balle au bond, et il faut en convenir, à l'opérateur qui m'a fourni en gage de ma fidélité un bon téléphone qui me permet de communiquer par plusieurs canaux, ce que son prédécesseur ne permettait pas). Leur compagnie m'a fait un bien fou : nous ne nous voyons pas si souvent. Et c'est si bon de pouvoir aborder certains sujets de conversation, pas forcément léger, mais dont le partage fait du bien. L'élan m'a permis d'entreprendre un petit déplacement (1) sans plus tarder. 

Lequel au passage et alors que le coup de pompe survenait (2) m'a permis de découvrir à Issy les Moulineaux un espace ouvert au public et dédié (entre autre) à la poésie (3) à l'accueil duquel était un gars vraiment sympa. 

Grâce à eux, j'ai repris élan pour une autre chose à faire, laquelle m'a fait me trouver sur le chemin du retour, gare Saint Lazare très exactement au moment où un pianiste remarquable s'était installé au piano public (4). J'ai raté plusieurs trains, mais je suis rentrée en parvenant presque à oublier la fatigue, le nouveau coup qu'elle me portait et la douleur au pied.

Me voilà devant l'ordi, il est bientôt 22 heures et depuis le matin je n'ai pas dormi. Et suis même parvenue en rentrant à accomplir quelques tâches ménagères. 

Il me semble que c'est la première journée depuis le début de mes congés et à part les deux ou trois du tout début dans lesquelles j'avais pu rester active sur l'élan, où je ne suis pas engluée dans une brume ensommeillée. 

Merci au pianiste, merci au gardien des poètes, merci aux amis. 

 

(1) comme sur un échiquier un pion.

(2) Je vis vraiment comme un vieil appareil qui aurait des problèmes de batterie. Elle se décharge trop vite.

(3) Je suis très tentée d'y retourner un de ces jours, simplement pour vérifier que je n'ai pas été victime d'un mirage.

(4) J'aimerais savoir qui est à l'initiative (la personne, celle qui a eu l'étincelle de l'idée et celle qui lui a répondu mais ça devrait être possible) de ces pianos dans les gares mais depuis, presque à tous les coups ce sont de bons musiciens qui s'y mettent. Et ça fait un bien fou.

PS : Au passage une perplexité : alors que je visitais une église proche d'un terminus de métro, un type m'a abordée en me racontant sa vie assez visiblement vite pour tenter de me taxer, mais avec cet étrange argument "Je n'ai que 50 € sur moi". Il se trouve que de toutes façons j'avais très peu de liquide et donc quand bien même mon compte aurait été bien approvisionné et ma crédulité en forme, je n'aurais pas pu l'aider. Il n'empêche que je n'ai pas compris. Pour moi 50 € c'est déjà beaucoup. Je crois qu'à gagner le smic dans les beaux quartiers je finis par être complètement désemparée, qu'est-ce qui est beaucoup ? Qu'est-ce qui ne l'est pas ? Comme il a vu que je ne comprenais pas il a eu l'élégance de ne pas insister. Mais je me suis retrouvée plantée là avec ma perplexité, plus Forrest Gump que jamais. Je suppose qu'il cherchait de l'argent pour se payer de la came, ce qui expliquerait que la somme déjà en sa possession était lourdement insuffisante, mais - il semblait intelligent - comment pouvait-il imaginer qu'énoncer une somme déjà assez forte pour le péquin moyen pouvait pousser à la compléter ? Ou est-ce que pour la plupart des gens 50 €, soit peu ou prou 7 heures de boulot au smic net, ça n'est déjà rien ? #lostwithouttranslation 


Fascinant

Par ricochet d'un touite, je suis arrivée sur ce témoignage datant d'il y a un an, puis cette étrange video dont on ne sait pas trop si elle est à charge ou promotionnelle :

 

 

Enter Pyongyang from JT Singh on Vimeo.

Je ne peux oublier que la Corée du Nord est l'une des pires dictatures actuelles (1) avec les zones où sévit l'État Islamique (2), ce qui m'empêche d'admirer (ou plutôt : d'admirer autre chose que le travail technique).

En revanche je me rends compte qu'une ville avec peu de voitures, sans publicités, et où les femmes sont vêtues - hors cérémonies (on en entrevoit une) ou rôles particuliers - de vêtements confortables ni destinés à les cacher ni à se dénuder ou sembler n'être là que pour séduire, c'est quand même à voir très reposant. Les transports en communs semblent nombreux et la circulation en bicyclette facile.

Un monde sans harcèlement publicitaire ou sommations sexuelles (trop montrer ou trop cacher) avec peu de voitures individuelles pour faire du bruit et polluer ne serait-il pas concevable avec en même temps ce qu'il faut de liberté ?

 

(1) Tiens, par exemple (parmi beaucoup d'autres)

(2) En fait je m'aperçois que je ne sais pas comment l'on peut désigner les régions en guerre ou déjà dominées.


Sans jet lag le voyage

 

P7181905

Dans ce café aux grands volumes, bien loin des troquets parisiens, les anciens qui disparaissent, les nouveaux qui se cramponnent à des décors d'antan tels qu'ils ne furent même pas, au mobilier intraçable, tenu par des personnes d'origine chinoise, fréquenté essentiellement par des hommes, certains venus d'Afrique ou leurs parents, le fait sans doute un peu aussi que notre présence ne gênait pas, la chaleur conforme, j'ai cru un instant être au Burkina Faso, un quartier neuf de Ouaga qui aurait poussé près de l'aéroport (par exemple), ne serait pas tout à fait fini P7181894 C'est un voyage qu'il y a vingt-sept ans on s'était dit qu'on ferait, revenir. Nous l'avons adapté à nos moyens et effectué à Aubervilliers. Pour le bilan carbone, c'est infiniment mieux. Je me sentais chez moi. (et je me suis sentie rassurée quant aux résultats menaçants d'élections futures : l'avenir est déjà en marche, et qui voudrait freiner ne bloquera au pire que les derniers wagons ; ou alors il faudra faire de l'Île de France une zone franche internationale)

La frontière


P7181872Nous sommes allés aujourd'hui en un de ces endroits de la Petite Couronne, où les quartiers modernes gagnent sur les anciennes friches, zones d'habitations mélangées, là où il reste encore des traces du siècle d'avant le siècle dernier, là où l'avenir se joue, les mutations sont palpables. 

Et la frontière est parfois si fraîche qu'elle en est visible.

C'est éclatant.