Une blessure durable
Un homme [pas] comme les autres

La journée des amis


P7272038Quand je ne suis pas concentrée sur le travail ou écrasée par un souci majeur (par exemple quelqu'un des tout proches à l'hôpital ou bien un deuil ou bien des circonstances générales qui nous embarquent dans quelque chose qui nous dépasse (un tremblement de terre, un attentat, un coup d'état, plus rarement : une grande victoire), bref, quand j'ai la chance d'être dans le temps ordinaire je pense à mes amis.

Mais aujourd'hui fut très particulier : l'un des amis de l'homme de la maison se mariait, quelque chose de simple les deux familles d'origine vivent en Asie et la vraie noce aura lieue plus tard, loin d'ici. Nous y étions conviés. Pendant ce temps un couple d'amis devenait parent pour la deuxième fois, c'était prévu au plus tard aujourd'hui mais le bébé, sympa, a décidé de lui-même de ne pas tarder davantage.

Au même, plus loin, une amie attendait que son grand fils, victime d'un accident, sorte du bloc opératoire et se réveille.

Bref, la journée était des plus importante pour un certain nombre d'entre vous. Tout semble finalement s'être bien passé pour tout le monde.

Il y a vingt ans, à l'heure où j'écris, je serais de retour de la noce, comme aujourd'hui - l'invitation ayant été faite par canal amical nous aurions été prévenu de la même façon -. J'aurais sans doute reçu un coup de fil d'une amie plus proche des jeunes parents qu'ils auraient chargée de prévenir la bande d'amis communs. J'aurais sans doute écrit un petit mot à envoyer par la poste ou déposer dans leur boîte à lettres dès le lendemain matin, n'aurais pas téléphoné par crainte de déranger. Je n'aurais été avertie de l'accident et de l'opération du fils de l'amie qui habite (trop) loin que plus tard, peut-être après quelques jours de récupération et aurais alors appris, d'un mot écrit ou par un coup de fil, ou par un appel d'une de nos connaissances communes, à la fois l'accident, l'opération et les premiers moments de la convalescence.   

Aujourd'hui, à part au moment même de l'heureuse cérémonie et celui des officielles photographies, je consultais régulièrement (mais brièvement, et j'espère discrètement) mon téléphone pour savoir via les réseaux sociaux où en étaient ceux qui me sont chers. J'ai pu leur faire signe sans déranger (pas de sonnerie intempestive, pas besoin pour eux de répéter la même chose un nombre important de fois, des messages qu'ils auront pu lire quand bon leur semblait, d'un clic ou d'un mot, au besoin collectif, ils ont pu remercier). 

Je crois que les technologies du quotidien nous rapprochent.

(au passage j'ai même reçu une invitation fort sympathique, mais hélas, je suis toujours aussi peu équipée du don de l'ubiquité).

Si on se serait volontiers passé.e.s de l'accident cause de l'opération, ce fut une belle journée que cette journée des amis. 

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