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Bonté divine ! : un film culte

Hé les amis ! La comédie croate qui m'a aidée à survivre pendant le rude hiver de l'an passé est sortie en France en salle.

Le titre, au demeurant très bien trouvé, ne ressemblant pas à l'original ("The priest's children" en équivalent anglais), je ne l'avais pas su et je crains qu'il ne soit déjà trop tard, il ne passe à Paris qu'aux "Sept parnassiens" séance à 20h.

Courrez-y vite, j'ignore s'il passera plus loin que mercredi.

Bigots s'abstenir.

RECTIFICATIF : Je croyais être en retard et d'avoir raté la sortie pour cause de titre différent j'étais en fait en avance. Il s'agit ce soir seulement d'une avant-première (aux 7 Parnassiens donc). Le film sort mercredi en salles, il vous faudra peut-être vous dépêcher d'y aller (avant que d'aucuns qui ont pris goût aux manifs et que l'ennui guette ne se mettent en tête d'en faire une cible)

PS : Et ça alors, je découvre que ce film parce que Charb en avait préparé les illustrations, se retrouve associé à l'esprit Charlie. Ce n'est peut-être pas un pur hasard, who knows ? Quand je vous disais que c'était un bon film ... 
(après, c'est peut-être un tantinet réducteur, même s'il est subversif, on n'est pas dans la même gamme d'humour ; d'ailleurs c'est un film qui fera peut-être davantage sourire les femmes, et pleurer)

PS' : Pour ceux qui ne suivait pas à l'époque, quelques billets dans lesquels j'évoquais le film - pardon envers les amis qu'à l'époque j'ai tant bassiné, je le place juste après les "Tontons flingueurs" dans mon Panthéon personnel de films qui font rire mais pas que -

Le mauvais esprit
Ça passe crème
Parfois certaines personnes sont irremplaçables
Tiens ça faisait longtemps (que je ne vous avais pas embêtés avec ma comédie croate)
Comment j'ai pu craindre un instant d'avoir changé de sexe (mais non j'ai seulement rajeuni) 
Choses qu'on peut faire même quand on est tout raplaplatis

Sans compter deux ou trois billets dans lesquels je parle de Krešo Mikić, l'acteur principal.

Au passage je découvre que les ennuis de plomberie début décembre 2013, déjà étaient là. Le blog est parfois la mémoire que tu n'as pas (ou plus).

 

 


Demain soir à Bagnolet


    Il se trouve que demain j'ai déjà une deux rendez-vous prévus (un livre, une pièce de théâtre), et que je ne pourrai pas y aller, mais si parmi les passants de par ici certains d'entre vous pouvaient, ils seraient loin de perdre leur soirée

C'est donc à 19h demain soir à à la médiathèque de Bagnolet, rencontre avec les auteurs.

 

lecture d'"À la lecture" de Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet.


Il a raison sur plus d'un point ce gars que l'on n'écoute pas (ou trop tard)


Ô combien de discussions ai-je eues moi l'internaute, face aux tenants du pur papier, contre lequel je n'ai rien, je suis de ceux qui lisent sur livres, et mon gagne-pain est d'en vendre, simplement ma lucidité. Et d'avoir rêvé aux croisements textes + images + sons avant qu'ils n'aient les moyens d'exister, puis d'arriver jusqu'à quelqu'un comme moi.

Ô combien de chagrin il y a à laisser tout son jus dans un job pour tenter de tenir face à tout ce qui est à payer même lorsqu'on ne s'achète rien. Juste les dépenses et les obligations du quotidien. Et la conscience permanente que c'est déjà beaucoup de chance, d'avoir un boulot correct dans un domaine qu'on aime et pour lequel sur certains aspects (le conseil) on se sent doué, on a de l'utilité - j'ai tenu tant que j'ai pu à jouer l'ingénieure, mais c'était devenu un truc de Shadok, pomper pomper, plus aucun sens, et pas tant payé (c'est la génération d'avant qui l'était) -.

Ô combien la situation de tant de mes ami.e.s ceux qui ont choisi d'écrire coûte que coûte, coûte que coûte justement, y compris et surtout ceux qui sont d'un niveau indiscutable, que même en étant rentière et encore jeune je n'atteindrai jamais, des très bons, donc, et de ceux aussi qui écrivent des choses comestibles pour mes clients en magasin (1) pas seulement ceux qui sont dans la recherche pure et l'anticipation des appréciations (2), s'est dégradée. J'en sais parce qu'on s'entraide, qu'on s'est depuis cinq ans entre-sauvés plus d'une fin de mois, et que l'un me dépanne quand mon chômage tardait, et que je débrouille l'autre lorsque j'ai du temps plein, avant de retomber dans le rouge à mon tour, que sauvera un troisième si ma banquière appelle parce que le rouge a débordé. Et qu'on se paie des coups, la note à la meilleure fortune, mais cependant de moins en moins (3).

(J'en profite pour remercier une fois de plus l'amie qui m'a permis d'échapper à un travail temporaire que l'on m'offrait très secourablement et que j'acceptais par nécessité mais qui dans l'état de peine où j'étais lorsqu'on me l'a proposé m'aurait achevée ; en plus qu'il m'aurait trop pris de ressources mentales pour que je puisse écrire ou même bloguer)

Ô combien.

Et voilà que je lis ce matin chez quelqu'un que j'admire, quelqu'un qui est de ceux qui devraient vivre de leurs écrits, et largement, quelqu'un qui n'a pas eu peur de secouer les choses ce qui en a effaré plus d'un, en beaucoup plus clair et bien mieux éclairé (il a cette expérience que je n'ai pas, moi qu'on a réveillée lorsque j'avais quarante ans et qui avais si bien intégré toutes les obligations de femme et de mère, essorée, surmenée, robotisée, que j'en avais totalement oublié que vers vingt j'avais pensé que j'écrirais, pas une ambition littéraire mais de mon être une fonctionnalité), un point sur la situation, la situation telle qu'elle est. Et ça serait rudement bien que ceux qui ont un peu de poids pour influer sur le cours des choses, plutôt qu'à pinailler, puissent un peu l'écouter.

(oui je le sais, c'est à rebrousse poil de l'air sombre du temps. mais avant qu'il ne soit trop tard. justement)

L’auteur doit-il gagner sa vie à écrire ? (digression)

 

(1) Cette irremplaçable expérience du terrain. Qui rend très humble et c'est très bien.

(2) L'équivalent en littérature et en maintenant des Impressionnistes en peinture et avant. 

(3) Un demi à Paris c'est une demi-heure de mon job. Une pinte de Guinness une heure de boulot. Je n'ai pas les moyens de devenir alcoolique.

 


"Tiens bon, je suis là" ("Le miroir de Jade", théâtre du Rond-Point)


Comme il n'y a pas grand monde pour m'en faire d'heureuses (1), je me fais autant que possible des surprises à moi-même.

Une façon simple consiste à prendre un abonnement au théâtre avec quelques ami.e.s, le prendre à l'avance et collectivement (même si c'est toujours source de difficultés de paiement, car en cumulé à payer en une seule fois, c'est très cher, même si chaque spectacle est à un prix très doux), noter scrupuleusement les dates dans ses agendas puis laisser infuser sans rien regarder.

Le jour venu prendre les billets et seulement une fois sur place constater de quoi il s'agissait.

J'ai donc eu la surprise aujourd'hui de revoir Sandrine Bonnaire. Je ne sais pas trop expliquer mais c'est une femme que j'admire, sans avoir nécessairement tout vu des films dans lesquels elle a joué - je suis peu spectatrice de films français, mon truc ce sont plutôt des films d'ailleurs dans le monde, plutôt art et essais ou alors des vieux noirs et blancs comme ceux de la dame de mon prénom - ; mais d'une certaine façon, nous nous croisons : un théâtre à Gennevilliers, une présentation de son film "Sabine ..." à Saint Ouen, une dédicace de son livre d'entretiens dans une librairie amie. Elle fait partie de ma famille ressentie, ma famille idéale adoptive, une jeune cousine (2) dont je serais d'un peu d'années l'aînée. 

C'était une bonne surprise.

Je ne savais plus du tout de quoi parlait la pièce.

Je ne savais donc pas qu'elle ne parlait pas.

Que ça n'était pas une pièce en fait, mais un spectacle.

Qu'il s'agissait de danse. Et que c'était un bel exploit. De la danse contemporaine expressionniste, le corps raconte l'histoire. Une femme a subi quelque chose, émerge d'une sorte de coma, lentement, se débarrasse de l'emprise de médicaments, voisine la folie puis s'en éloigne, est aidée par une sœur, ou bien une amie - le fameux "Tiens bon, je suis là" qui je le sais me restera -, reprend possession de son corps. La musique ou son absence accompagne et soutient.

Le seul (3) élément gênant : un produit diffusé sur des rideaux de plastique qui délimitent le décor ; et qui les dissout peu à peu, pique et assèche la gorge. Je l'ai senti avant de voir, il ne s'agit donc pas d'une méfiance raisonnée, et je n'étais qu'à un des rangs du fond. Ça ne doit pas être formidable pour celles et celui qui sont sur scène soir après soir. Qui m'accompagnait s'est lui aussi senti légèrement incommodé mais comme il lui en faut peu - un fumeur marchant sur le même trottoir à cinq mètres l'incommode -, il ne s'en était pas formalisé, pensant sans doute qu'une de ses voisines portait un parfum particulièrement agressif.

C'était le bon spectacle pour moi en ce moment précis, porteur d'espoir, on peut se reconstruire, c'est dur, mais ça n'est pas insurmontable. L'apaisement n'est pas (si) inaccessible.

Le sourire final reste un peu fragile. Toutefois.

Grand merci en tout cas, à tous ceux qui ont contribué à ce projet. Ce moment de danse partagé, quelque chose de militant qu'il a, au delà de la détresse exprimée, fait du bien.

 

 

(1) pour les surprises dures, ma vie sait bien faire ça.

(2) Le beau du truc c'est que j'ai toujours ressenti Jacques Higelin comme un cousin, d'autant qu'il y a une part de ressemblance physique (sur la deuxième photo de ce billet du blog "la musique à Papa" par exemple), qu'il a l'âge de certains de mes cousins de famille, et qu'on a un peu le même genre de pet au casque sauf qu'il a assumé le sien quand j'ai tenté, raisonnable comme on veut les femmes, de faire avec le mien comme si de rien n'était, et qu'elle a tourné un documentaire sur lui (que j'ai hélas manqué).

(3) Il y en a pour moi un autre : un passage avec des lumières comme des éclairs. Je ne supporte pas les éclats lumineux rythmés (les effets stroboscopiques là où l'on danse sont une souffrance), ils me mettent vite au bord de perdre connaissance, c'est depuis l'adolescence, c'est constant, et j'ignore pourquoi. Un inconvénient étant qu'il me manque de chaque film que je vois les séquences de boîtes de nuit (je suis obligée de fermer les yeux et me cacher la lumière), ce qui fait que si l'une d'elle est un élément clef du scénario, je comprends la suite de traviole. Mais je suis très consciente que c'est un handicap chez moi, et qui ne porte pas préjudice à la plupart des personnes. C'est donc à moi de faire avec.

(billet non relu, je retombe de sommeil, désolée, donc je tape comme ça vient et je file me coucher (sinon je n'écris plus rien, pas même ici))


De la condition physique nécessaire pour les applaudissements


J'espère que dans cette salle intime ça ne s'est pas trop vu, mais j'imagine que qui nous apercevait de la scène aurait pu croire à un petit couple vieillissant qui n'applaudissant pas à tout rompre marquait qu'il n'avait apprécié le spectacle que moyennement. 

Il n'en était rien, du moins pour la femme. 

Mais elle s'était arraché un morceau de peau à l'auriculaire en rentrant un des outils de travail au boulot. Et aussi stupide que ça paraisse, ça fait fort mal en applaudissant. 

Quant à l'homme il s'était plus ou moins foulé le poignet droit au foot.

Ça limitait beaucoup de l'enthousiasme l'expression.

Bel et regrettable exemple d'apparence trompeuse.

 

Lire la suite "De la condition physique nécessaire pour les applaudissements " »


Cassé


P3281508J'étais au travail avant-hier, juste avant de descendre en boutique j'ai voulu me peigner. 

Le petit peigne soudain, s'est brisé entre mes mains. 

Ma tignasse est certes, hirsute et solide mais de là à avoir la force de casser net un peigne de corne, il y a loin.

Il ne s'est pas cassé en deux. Mais une répartition un tiers / deux tiers qui me laisse perplexe.

La cassure provient peut-être d'une fêlure préalable dans mon sac à main, un jour de compression métropolitaine par exemple. 

C'est curieux, j'ai le sentiment que ça m'est déjà arrivé. Mais sans non plus m'en souvenir vraiment.

C'était pourtant un peigne costaud, pas en plastique mais en corne, un de ceux achetés pour durer. Je l'avais acheté à Arras, un jour que j'allais au salon du livre qui s'y tient chaque 1er mai. C'était il y a une dizaine d'années, j'y connaissais plusieurs intervenants qui m'avaient dit : Tu viens ?

J'étais entrée dans une pharmacie et comme j'avais oublié le mien, j'en avais acheté un. Petit. Pratique. De qualité mais pas trop cher.

Pourquoi diable s'est-il en 2015 cassé ? 

 

PS : Ces tours que nous jouent la mémoire : oui j'avais bien acheté un petit peigne à Arras, oui dans une pharmacie, oui il y a une dizaine d'années. Mais il était ... noir. En atteste ce billet écrit à l'époque. Je commence à atteindre à l'utilité ultime du blog : lorsqu'il devient soutient des neurones fatigués. Lorsqu'on a oublié ce qu'on y écrivait. Grand sentiment d'accomplissement. De jardinage parvenu à maturité.


vendredi soir, si tard


Je voulais parler de la femme, sans doute plus jeune que moi d'une douzaine d'années, et qui très belle, les cheveux blonds pas trop trafiqués, avenante et attentive, et qui m'a dit être belge (non qu'elle le revendiquât c'était pour une question de carte de paiement qui passait ou ne passait pas), m'a soudain fait penser que peut-être la dulcinée était quelqu'un de sympa. Que peut-être elle ignorait bien des choses et que je me devais de ne pas lui en vouloir. Que peut-être elle serait navrée si elle savait qu'à cause d'elle, de la séduction qu'elle avait opérée, quelqu'un souffrait. Que si elle était comme ma cliente d'aujourd'hui, effectivement il était logique qu'un homme ayant le choix la préférât (1). Après tout.

Mais je tombe de sommeil.

Je voulais parler du couple d'Italiens cultivés clients avec lesquels j'ai eu une si belle conversation au sujet de Fred Vargas et des difficultés des petites maisons d'éditions et aussi du travail de Jean-Michel Guenassia dont tous les deux sont fans.

Mais je tombe de sommeil.

Je voudrais parler de cette librairie amie dans laquelle j'achète des livres qu'ailleurs je ne trouverais pas. Et encore je me rationne cruellement

(mais une édition bilingue des Poesie in forma di rosa, qui traînait là, prête à bondir dans mes bras, comment résister quitte à rester deux jours sans manger ?)

Mais je tombe de sommeil.

Je voudrais parler de ce client dont je mémorise involontairement les noms et prénoms (2) pour retrouver les mêmes sur une affichette d'avis de tournage ce soir dans les rues proches de chez moi.

Mais je tombe de sommeil.

Je voudrais marquer que je croyais m'être simplement pincée en rangeant les tables roulantes, au moment de passer la marche, mais que malgré d'avoir désinfecté puis mis un pansement, j'ai eu mal toute la soirée, et qu'en rentrant chez moi j'ai compris pourquoi : un morceau de peau tout entier manquait (3).

Mais je tombe de sommeil.

P3281499

Je voulais dire que ça m'épate que monsieur Kurosawa (Kiyoshi I presume ; ou alors c'est un fantôme) vienne bientôt tourner tout près de chez moi mais comme la date indiquée est le 1er avril du coup je n'y crois pas.

Mais je tombe de sommeil même si c'est en riant.

Je voulais dire que le patron de ce café-restaurant près de mon travail qui a rembarré sec avec quelques arguments simples - mais est- ce que tu as choisi où tu es né ? Est-ce que tu as choisi quelle langue tu parles ? - un client habitué qui se permettait de tenir des propos xénophobes sur ce ton de connivence présumée que les racistes de tous poils ont dans ce pays désormais, que ce patron de café me reverra régulièrement dans son établissement. Qui comme par hasard est l'un des seuls à pratiquer des tarifs encore accessibles aux salariés moyens. Qui comme par hasard emploie un orphelin apprenti d'Auteuil pourvu d'un handicap (4) et s'efforce avec grande patience de lui inculquer les rudiments du métier.

Mais je tombe de sommeil.

Je voulais dire que j'ai compris ce soir, parce que quelqu'un complétait au vol deux ou trois vers d'Apollinaire, connaissait Jean de la Varende et bien mieux que moi Barbey d'Aurevilly, que ce qui me fait du bien dans les soirées Charybde c'est que j'y suis souvent celle qui en sait le moins et que ça me permet enfin de déposer ce fardeau d'être trop souvent à mon goût, d'un lot de personnes celle qui sait. Je me sens allégée. J'apprends de chaque conversation. Je cesse pour un temps d'être celle qui alimente pour être celle qui se nourrit. Ça fait un bien infini.

Mais je tombe de sommeil.

Je voulais parler du SP annoncé le matin, trouvé le soir chez moi en rentrant. 

Mais je tombe de sommeil, malgré la gratitude.

Je voulais parler du régal qu'est pour moi ce roman policier de Maurizio de Giovanni, durant lequel son commissaire enquêteur est malade d'amour presque tout du long et dans lequel tant de passages sont si justes sur tant de perceptions (y compris fémine).

Mais je tombe de sommeil.

Je voulais parler de la façon particulière qu'a le travail décalé de nous fatiguer : car les moments de repos étant ceux d'activité des autres on est sans arrêt dérangés. Par exemple des voisins font la fête le vendredi soir supposant chacun sur le rythme week-end alors qu'on travaille éventuellement samedi et dimanche. Tandis que tenter une grasse matinée un lundi parce qu'il est notre dimanche est très téméraire. À force, ça use. Et ça n'est sans doute rien à côté d'un travail de nuit.

Je voulais ajouter quelque chose que j'ai oublié. J'aimerais tant recevoir de la part de [biiiip] du courrier.

J'ai oublié parce que je suis trop fatiguée. Je tombe de sommeil. 

Je voulais surtout écrire, en fait.

Qu'il reste quelque chose de cette journée plutôt douce, consacrée avant tout à travailler et à se retenir de pleurer.

(billet non relu, écrit en dormant (déjà)) 

 

(1) Ce qui ne devrait pas empêcher d'agir avec le plus de respect possible, et ça, il ne l'a pas fait. 

(2) Soyez rassurés je ne mémorise les numéros de téléphone que beaucoup plus exceptionnellement.

(3) C'est d'ailleurs pour ce genre de raison que les reconnaissances tactiles pour des éléments de sécurité me laissent inquiète : comment fait-on en cas d'accident qui rendent les empreintes provisoirement illisibles ?

(4) Il me fait irrésistiblement penser au très touchant Henry du "Garçon incassable" de Florence Seyvos.


Madame, je vous en prie


J'ignore comment j'ai fait mon compte, mais ayant quitté ma cuisine à l'heure dite, soit une heure avant de prendre mon service à la librairie, je constate qu'il est près du quart alors que je passe sous le périph. Ce serait amplement suffisant pour attraper un RER C qui est à vingt-cinq à l'autre bout de la porte de Clichy, mais voilà : quand il n'y a aucun incident d'exploitation, le RER C a la petite manie d'être en avance, du moins aux heures creuses, trois ou quatre minutes, systématiquement.

Le 11h25 est donc à 11h21. Je risque d'arriver pour voir les portes du train se fermer sous mon nez.

Je tente d'allonger le pas, mais ma cheville gauche, fatiguée depuis le mitan de la semaine passée, mise à rude épreuve par l'inventaire samedi et peu ménagée au salon du livre lundi est douloureuse. Je la sens faible. Marcher vite est compliqué.

Accoste à l'entrée d'un des chantiers que je dois longer un camion venu pour livrer. Son conducteur s'apprête à avancer vers l'intérieur, sans trop regarder, coupant le chemin de ceux qui sur le trottoir provisoire marchent. Ou plutôt celle qui, car il se trouve que je suis là toute seule en ce moment précis. C'est alors que l'ouvrier qui tenait la grille, un de ces hommes contre lesquels certains de ceux qui se croient plus légitimes en ce pays ont dimanche voté, fait signe au conducteur, Stop, et d'un geste indique qu'il y a quelqu'un. J'étais presque arrêtée, me préparant mentalement à devoir prendre le RER suivant se qui signifie devoir ensuite très fort me hâter pour être à l'heure au travail. Je ne m'attendais pas à cette faveur. Je me dépêche de passer et au vol, en souriant, remercie l'homme.

Celui-ci, très classe, me répond : - Madame, je vous en prie.

J'en suis restée d'autant plus touchée que je ne suis ni jeune ni jolie, que je porte sans tricher mes cheveux gris, que j'avais sur moi mes vêtements de travail, solides, confortables, mais pas du tout destinés à attirer l'attention. Gros pull parce qu'il faisait froid, imper parce que la pluie menaçait. Absolument rien d'affriolant.

C'était donc de sa part, une pure élégance, de l'attention aux autres, de la bonne éducation. J'espère que le conducteur, sans doute pressé, ils ont des cadences à respecter, ne lui en a pas voulu.

Grâce à son intervention j'ai attrapé mon RER exactement à temps. J'en ai éprouvé de la reconnaissance. Elle m'a tenue compagnie jusqu'au moment d'écrire.

 

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Je ne vois plus que lui pour sauver le pays

Photo1594

Une grande dame que j'aime beaucoup m'a envoyé ceci qu'elle venait de recevoir, sachant que la chance et l'amour tendaient à me déserter.

Elle savait que j'apprécierais la "transaction 6 clientèle".

Mais au vu des résultats électoraux si prévisibles mais néanmoins plombants, je ne vois plus que Mr Sagnan capable de sauver le pays.

Résultats immédiats SVP

 

 

 

150325 1759