Les conséquences étranges
"Heureusement que je l'ai lu"

Temps troublés


    Tu as décidé d'aller de l'avant. Puisque ta vie se passe donc à Paris, que c'est sans issu désormais, autant faire ce qui doit être fait tant que c'est encore possible. Rendez-vous est pris avec le banquier qui se passe bien - il est grand temps de régler par le haut le problème pesant de la (des ?) fuite(s) d'eau -, mais te ramène au temps où pour les démarches tu étais soutenue à distance par quelqu'un et où l'écriture avançait au lieu d'être empêchée. 

Tu n'as plus que le printemps sur lequel compter. Les forces qu'il pourrait accorder pour tout concilier.

Tu essaies de considérer les chapitres difficiles comme clos, de reprendre les choses en main, en particulier l'administration de la maisonnée. Tenter de déléguer pour te garder du temps n'a pas été un franc succès. Tu tentes d'oublier les sons guerriers que tu perçois très concrètement depuis janvier : tu ne peux strictement rien contre ce qui adviendra ; l'exil c'est pour les riches (et puis : où ça ?).

En sortant de l'établissement bancaire tu t'efforces d'y croire, allez, on va enfin réoccuper dignement cet appartement. Je vais revendre des livres. Ranger et tant pis si tu n'es suis pas vraiment secondée. 

On tourne la page.

Et puis, devant le journal dont les bureaux sont situés là, à deux pas : un soldat, gilet pare-balles et armes à la main.

Tu sais alors que les temps troublés sont durablement installés. 

Ne rêve plus, ne rêve pas.

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