Tu sais quoi, Philippe ?
Ce soir à République

mercredi 7 janvier 2015

P1070156Tout comme le 7 janvier 2005 et le 9 septembre 2001 et sans doute le 22 novembre 1963, mais celui-là tu étais trop petite pour t'en souvenir, il t'en reste seulement une impression d'imminence de fin du monde que les adultes t'ont transmise ainsi qu'une sorte de névrose d'abandon, une sensation de solitude qui ne t'aura dans toute ta vie quittée vraiment que durant 7 ans (merci Marie), tout comme pour ces jours-là la journée avait bien commencée. Réveil avec un truc rigolo, une phrase à la radio coupée en plein suspens de savoir de qui ils parlaient, rater un RER, ou plutôt rater le fait qu'il n'existe plus à ce même horaire sans doute depuis le lundi, déposer un chèque de remboursement, enfin entrer travailler. Et la journée qui démarre bien : tu aimes ton boulot et les collègues sont bien, après, tu regrettes en permanence les heures d'écritures manquées, mais puisqu'il faut gagner sa vie, ce travail convient.

Nous avons reçu une carte de veux de bons vieux amis et sa formulation, très personnelle, m'a fait chaud au cœur. Je glisse la carte dans une des poches de mon pantalon afin de pouvoir y jeter un coup d'œil réconfortant dans le courant de la journée. The inner voce had said : it could be useful. J'aurais dû me méfier.

The inner voice m'avait aussi signalé qu'il y aurait un ou des attentats, mais j'étais persuadée qu'il s'agirait de trucs à l'aveugle, n'importe qui peut fabriquer une bombinette avec n'importe quoi et se prendre pour un héros en éliminant des bonnes gens.

Ce sont des choses auxquelles je suis mentalement préparée (mais pas que ça arrive à un de mes proches, ni d'être gravement blessée et de survivre en légume) : mourir lors d'un hold up absurde - il y a trop peu en caisse -, mourir lors d'un attentat à la bombe parce que vivant dans une ville à risque, une ville que des terroristes peuvent estimer une cible digne d'intérêt.

En revanche je n'étais pas préparée du tout à l'éventualité d'une exécution, en plein Paris, de personnes dont le seul crime était le dessin.

(suite plus tard, je tombe de sommeil, littéralement)

Commentaires