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Le petit jeudi des nouvelles pourries (une autre année que celle-ci)

 

Cette année-là s'était pourtant bien terminée malgré qu'elle avait été particulièrement difficile non seulement pour toi mais aussi pour quelques-uns de tes amis, ainsi Benoît que tu aimais tant et dont la compagne gravement malade était morte, ce que tu n'avais su à cause de l'emploi que tu n'occupais plus, que longtemps plus tard et par lui-même - heureusement te voyant partie pour plaisanter des petites choses de la vie, il avait compris que tu ne savais pas et t'avais annoncé la si triste nouvelle d'emblée -. 

Un bon ami vous avait invités, toute la petite famille, et ç'avait été l'un des réveillons les plus réussis de ta déjà longue vie. Une bonne ambiance, des personnes sympathiques, se régaler, boire et danser, ne pas se parler qu'en français.

Alors comme une enfant qui a subie impuissante certains événements tu t'étais raccrochée à cette pensée magique : c'est bon là, ça y est, la page est tournée, fin du mauvais épisode, oublie donc le mal qu'on t'a fait et les coups du sort.

Tu t'es efforcée d'y croire.

Ça n'avait pas duré deux journées.

Au matin du jeudi 2 janvier tu apprenais que la petite entreprise pour laquelle tu avais plusieurs années travaillé et dont tu avais été licenciée (économique) quelques mois plus tôt, non seulement n'avait finalement pas fermé mais que quelqu'un avait été embauché pour assurer les week-ends. Dans la foulée et parce que tu connaissais trop de monde dans votre milieu professionnel malgré une frontière et des lieux éloignés, tu avais pigé que le Grand Amoûûûûr pour lequel on t'avait en juin si brutalement quittée en fait n'allait pas si bien que cela, n'était surtout pas tant partagé et que l'élue s'était auprès d'une tierce personne gaussée de l'amant conquis, laquelle, ignorant le lien préalable entre toi et lui ou du moins sa nature qui n'était pas que de simple amitié (1) et trouvant l'affaire digne d'amusement ...

Alors que tu peinais un tantinet devant ce qui venait de t'être révéler à savoir qu'en l'année qui venait de s'achever tu avais perdu et un boulot et un amour, l'un comme l'autre qui te tenaient à cœur, qui n'étaient pas rien, qui avaient structuré ton existence depuis trois ou cinq ans (voire six pour l'oublieux Don Juan), pour RIEN. Ou du moins alors que ça aurait pu tout aussi bien ne pas s'arrêter là puisque l'un aurait finalement pu rester possible et que l'autre était plus tourmenté sans toi.

Tu avais servi de fusible. Et ça n'avait pas même permis de protéger les installations. Dans l'un comme l'autre cas, ce qui n'allait pas bien avant ton éjection se poursuivait. Te laisser pour compte n'avait en rien apporté d'amélioration et toi qui avais tant contribué à ce que les situations n'empirent pas, qui avais pendant tant de mois permis de sauver les meubles, tu te débattais avec les conséquences morales et matérielles de ce double abandon. 

Bref, alors que déjà tu peinais à encaisser cette conjugaison là, tu appris par un mauvais tour de ton intuition redoutable, qui pour le coup volontairement, te fis aller aux nouvelles (2), tu appris qu'une femme que tu aimais beaucoup mais n'avais fréquentée hélas qu'au travers d'une grande amie commune, laquelle t'avais radiée un beau (!) jour de son carnet d'adresses sans raison apparente comme si votre amitié était un CDD et qu'il n'était pas renouvelé, et qu'en conséquence tu n'avais plus revue, avait fait une rechute d'une maladie très grave et se trouvait à nouveau en danger.

Tu t'étais alors empressée d'aller te coucher avant d'encaisser le coup suivant.

Tu avais bien dormi quand même, dans aucun des cas tu n'avais quoi que se soit à te reprocher. Il n'empêche, dans ton sommeil même, tu avais pleuré.

 

(1) Quoiqu'il ait prétendu par la suite, trop désireux d'être débarrassé.

(2) Peut-être un réflexe de survie afin d'éviter qu'une nouvelle mauvaise nouvelle ne te tombe dessus. Celle-là au moins tu es allée au devant d'elle. 

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