Ce soir à République
jeudi 8 janvier 2015 10:03:42 UTC+1

jeudi 8 janvier 2015

Non, non, non.  Ce matin du 8 janvier c'est la conscience précise, immédiate et inconsolable, qu'il va falloir désormais vivre avec "ça". Un "ça" qui contient des éléments solides, théoriques, ma propre conviction sur la liberté de la presse et la liberté d'expression - Charlie était virulent, souvent provoc, parfois d'un goût que je trouvais douteux à mes yeux de petite femme (mais je comprenais que ça fasse marrer quelques garçons), mais jamais porteur de la haine de l'autre -, mais encore et surtout la perte d'un bon copain, de ces affections de longues dates et sans nuages, juste à bonne distance pour ne partager que du bon, ou des convictions, un bon copain qui était le plus doux des hommes, même si ses illustrations pouvaient être impitoyables, et qui s'est fait exécuter parmi des collègues et amis, froidement.
En temps de paix théorique.
Dans une vieille démocratie.

Le "ça" contient une part importante de Ta voix, ton rire, jamais plus. Ta présence à l'Astrée, jamais plus.

Je suffoque à la pensée des images que je n'ose pas imaginer, une fin que je savais possible mais pour d'autres que lui (ceux qui sont engagés dans des métiers où ce risque y est, grands reporters par exemple). Pas ceux qui sont à Paris à dessiner.

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