Nouvelle année
Des amateurs de lecture l'isolement

Ten books that have stayed with me

 

J'ai été taggée sur FB par Hélène Lasserre-Bonotaux et Béatrice Putégnat pour le "10 livres qui ont comptés pour vous". Difficile de ne pas répondre. Difficile de répondre aussi. Dix c'est si peu.

 

- Les souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol ; j'avais 9 ans je crois (CM1 / CM2) et ils m'ont fait comprendre que les auteurs existaient parce qu'un type était parvenu à m'intéresser à une histoire de bartavelles et de gardien de château qui foutait la frousse alors que franchement à la base ça je n'en avais rien à carrer. 

- Les Misérables de Victor Hugo, offerts par ma cousine Anne, après plus rien ne m'a arrêtée que les faiblesses de santé (en lecture mais aussi d'une façon plus générale)

- les Agatha Christie dans leur globalité. Ma mère les avait tous. En "Le Masque" orangé qui se décollaient. Je piochais. Les confonds sauf quelques opus clefs. J'ai longtemps tenu "Le meurtre de Roger Ackroyd" comme un chef d'œuvre.

- "People who knock on the door" de Patricia Highsmith. C'est ce livre-là qui est fondateur. Sans doute parce qu'en m'identifiant à Arthur Alderman, ce gars sérieux, studieux et si solidement amoureux, je suis parvenue à survive à un premier chagrin d'amour - celui où l'on ne sait pas encore que c'est possible de continuer après -. Mais il est aussi une merveille d'équilibre dans l'écriture d'un roman narratif. Son apparente simplicité recèle une perfection.

- 1984 de Georges Orwell que j'avais pris soin de lire à la bonne année et en anglais. Jamais relu depuis, tout est resté. Avant même que n'existe la télé réalité j'avais perçu qu'il avait vu juste. Et les retrouvailles après épreuves de la femme qu'il avait aimée, quand quelque chose en soi a été irrémédiablement déplacé au point qu'on n'éprouve plus les mêmes choses, qu'on n'en est plus capables, qu'on sait que chaque être humain est irrémédiablement seul, malgré de très fortes proximités de passages.

- "Dragons" de Marie Desplechin et "Le grand jardin" de Francis Dannemark. Des deux, qui ne se ressemblent guère, ou assez peu, je ne fais qu'un avec deux accompagnants : des mêmes "Le sac à main" et "L'homme de septembre" aux éditions l'Estuaire qui étaient si jolies. Tout simplement parce que leur lecture a servi de battement d'ailes du papillon pour bouleverser ma vie.
(Je ne regrette rien)

- Les livres de Martin Winckler chez POL avec leur formule interractive si pionnière dans leurs débuts (je pense en particulier à "Plumes d'Ange" et aussi "Les trois médecins" qui aura contribué à me mettre le pied à l'étrier).

- Les Thibault de Roger Martin du Gard. Ils m'ont permis de traverser sans douleur environ un mois et demi de ma vie alors péniblement laborieuse, je ne pensais qu'à les retrouver ; jamais je crois je n'ai si bien dépoté les inévitables corvées, hâtive de m'en libérer pour me remettre à lire.

- Deux livres concernant Einstein, un ouvrage de vulgarisation sur la théorie de la relativité et qui contribua entre 13 et 19 ans à une solide vocation de chercheuse en physique nucléaire et quantique. Brisée par le chagrin d'amour dont il fut question plus haut et par, il faut l'avouer, le manque de capacités de mon cerveau. Il a eu le niveau de piger pas celui de créer le cran suivant.
L'autre était publié sous le nom de Mileva Maric sa première femme et j'ai compris cette nuit-là (je l'ai lu en une nuit, je crois) que derrière chaque homme admirable se tenait un conjoint qui l'était plus encore. Et qu'il ne fallait pas compter de la part des premiers sur un comportement dans leur vie affective qui le serait autant. J'ai également pigé que la plupart des événements ou inventions majeures doivent énormément à des personnes qui restent inconnues.

- Virginia Woolf et Rainer Maria Rilke : tout (ce que j'ai pu lire de leur travail c'est-à-dire en vrai pas tout).

Il n'y a plus de place pour les romans de Jon Kalman Stefansson ce qui n'est pas normal.

Et je connais déjà celui qui suit : La Recherche de Marcel Proust que je me suis enfin décidée à lire de A à Z (merci Véronique ! ) et dans l'ordre mais comme je relis pour le plaisir une page sur trois, à ce rythme de tango ça va me durer longtemps. 

Enfin il y en a plein d'autres que j'eusse voulu rajouter mais bon on avait dit 10. Comme tout classement limité il en devient injuste et incomplet.

Comme vous avez pu le constater je suis peu capable de raisonner en titres. Je fonctionne par œuvres.

Reprends la flamme qui veut. Si d'aventure Satsuki et Milky, en souvenir du temps des blogs (1) trouvaient celui de s'y coller, ça me ferait plaisir.

 

(1) Par opposition au temps des réseaux sociaux.

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