En résumé
Les amitiés (soudain) finies

Similitudes

 Pour ma part le "pas comme tout le monde" c'est surtout la thalassémie qui puisque je n'ai pas les moyens d'aller dans une clinique suisse me faire réoxygéner le sang, ni non plus accès à l'EPO, me gêne davantage que Zidane (1). Toute ma vie j'ai tenté de faire le plus possible comme tout le monde, ne serait-ce que parce qu'il faut la gagner, que j'a(va)i(s) un homme dans la mienne et nos enfants. Et puis j'ai cette capacité de savoir sans me les gâcher savourer les bons moments, saisir toutes mes chances. Alors il était hors de question que des globules mous me clouent.

Mais on dirait que j'ai atteint mes limites, on dira l'usure de l'âge, j'ai l'impression que c'est plutôt celle des coups encaissés, affectifs ou plus concrets. Peut-être que je ne suis pas tout à fait remise de ce rhume carrabiné que j'ai eu en février, la fièvre qui pendant 8 jours ne voulait pas me lâcher et les entretiens pour des emplois qui sont tous tombés à ce moment-là. Et s'en tirer a tenu du miracle, mais on dirait que combiné au chagrin de l'année passé que je croyais presque guéri mais qui ne l'était pas, ça a entamé quelque chose. Les forces n'y sont plus. Elles ont trop servi à survivre. Le vent du boulet est passé trop près. Quelque chose ne se rétablit pas.

Seulement voilà, quelle qu'en soit la raison d'être un peu pas tout à fait comme tout le monde, il se trouve que je ressens, et ça n'est pas la première fois, beaucoup de similitudes avec ce qu'exprime Xave. Sauf une étape qui change car être une femme non-conforme n'attire pas ; pas durablement en tout cas. Ou seulement en l'absence de la blonde espérée. Une éligibilité incomplète par intérim.

En revanche finir par lasser même si les causes sont différentes - souvent je ne suis "pas là" car je dors, épuisée, même si rien n'a été particulièrement fatiguant dans les dernières journées ; j'assure le gagne-pain, j'assure toujours le gagne-pain, je peux même y trouver du plaisir depuis que c'est libraire, mais après il ne me reste plus rien, je ne sais plus rire ou faire l'amour, seulement ronfler -, ça, je connais. Et collectionne les "J'ai rencontré quelqu'un", ce qui revient peu ou prou à "C'est pas toi, c'est moi, j'ai juste trouvé mieux".

Distiller l'ennui

Merci Xave, même si j'aurais souhaité que tu n'aies jamais l'occasion d'écrire ce billet. Le lire en tout cas peut aider.

 

(1) Voilà qu'indirectement grâce à lui je sais qu'on se dit Thal. Ça fait tout de suite plus chic, au moment de l'aveu. I'm thal, you know. But it ain't contagious, do not worry.

 

PS : Et pour changer il se confirme que dès lors qu'on connaît un sujet les articles qu'on lit le concernant sont vite truffés d'approximations qui peuvent induire en erreur. Parfait exemple ici dont je retranscris la partie imprécise. Ne serait-ce que parce que l'anémie n'est pas transitoire (elle est plus ou moins marquée par période mais on vit avec pour toujours et à jamais) et qu'un seul parent aux globules foireux suffit pour transmettre le défaut. Le fer aide dans certains cas mais peut être dangereux dans d'autres - car la thalassémie n'est pas une anémie du manque de fer pas forcément, et au contraire certaines personnes atteintes en stockent trop en raison, je crois, d'une suractivité de la rate qui tente de compenser le manque d'oxygène dans le sang. Et pour les symptômes "discrets voire invisibles" je les souhaite à l'auteur de l'article et puis on en reparle après. La thalassémie mineure ne passe pas inaperçue c'est seulement que souvent les symptômes ne sont pas reliés en une même cause possible ; on dira c'est quelqu'un de paresseux à la santé fragile. En revanche c'est vrai que la forme majeure (les deux parents porteurs et leur enfant atteint par l'anomalie sur tous ses globules rouge) peut être mortelle. J'ai deux lointains cousins qui sont morts à 4 et 5 ans dans les années 70 mais ne l'ai su que via une grand-tante avec laquelle j'ai correspondu tardivement. Mon père vivait dans un glorieux déni ; ma sœur et moi aurions évité bien des souffrances s'il avait regardé les choses en face et en avait parlé. Le dépistage précoce permet au moins d'éviter de se faire engueuler parce qu'on est trop malade ou trop mou, secoue-toi etc.

 

"BRUXELLES Relativement fréquente dans sa forme bénigne, plutôt rare - heureusement - lorsqu'elle se présente de manière agressive, la thalassémie est une maladie génétique du sang, transmise par les deux parents (il faut qu'ils portent chacun une anomalie pour que l'enfant présente l'affection). Dans le cas de Zinédine Zidane, il apparaît que ce trouble n'engendre pas de conséquences sérieuses, si ce n'est une anémie transitoire, qui accroît à l'occasion la fatigue du sportif.

La thalassémie se caractérise par un défaut de fabrication de l'hémoglobine (une protéine), entraînant une diminution du volume des globules rouges, ceux qui transportent l'oxygène vers les cellules de notre organisme. Elle se traduit par un éventail de symptômes, très discrets - voire invisibles - dans la forme mineure, mais dramatiques dans la forme majeure. En ce qui concerne le joueur français, il semblerait qu'aucun traitement ne soit nécessaire: une surveillance médicale constante, avec éventuellement des suppléments de fer, suffit. Pourquoi le problème a-t-il été détecté si tardivement? En fait, la thalassémie mineure peut passer inaperçue durant de longues années. Toutefois, avec l'âge et la diminution progressive des capacités physiques, ce déficit du transport d'oxygène peut se traduire par un état de faiblesse passager... que l'on remarque davantage chez un athlète de haut niveau, soumis à de rudes sollicitations.

Toujours est-il que Zidane, très bien pris en charge sur un plan médical, n'a rien à craindre pour sa santé. Néanmoins, un dépistage précoce de la maladie est nécessaire pour s'assurer que les deux parents ne soient pas porteurs de l'anomalie, et risquent de transmettre la forme gravissime - potentiellement mortelle - à leur enfant."

 

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