Similitudes
Pourquoi devoir forcément choisir son camp ?

Les amitiés (soudain) finies

    

Je comptais me coucher tôt, épuisée par une semaine de travail à temps plein au demeurant fort agréable mais je me cogne aux limites de mes capacités physiques. J'ai tenu le coup et je tiendrai mais c'est difficile. 

Et puis voilà que j'ai lu chez Martin Winckler, ce billet, sur la fin brutale et subie d'une amitié.

Mon chagrin le plus récent est d'un autre ordre, mais ce texte m'a rappelé la rupture d'amitié d'avec une très grande amie qui en 2006 m'avait mise en danger. J'y reconnais beaucoup d'éléments que j'ai à l'époque éprouvés (1).

Il exprime les douleurs et analyse la situation mieux que je ne l'avais fait.

Je conteste seulement l'analyse induite par un article cité, "On devient toujours l’ami de quelqu’un parce qu’on en tire bénéfice". Ou alors on appelle bénéfice le fait d'éprouver du plaisir à boire des bières ensemble en refaisant le monde ou en se faisant rigoler ou en essayant ensemble de comprendre des trucs qui nous laissent perplexes. Je crois que mes amitiés sont de deux types : celles "de toute évidence", on se rencontre et c'est comme si on s'était toujours connus et celles "d'entraide" (typiquement : des collègues ou des voisins ou des camarades de classe que l'on cotoie au départ pour des raisons de temps contraint ou lieu géographique commun et dont on s'aperçoit mutuellement à l'usage qu'on peut compter l'un sur l'autre et discuter fort agréablement même en n'étant pas du tout d'accord). Alors oui peut-être l'entraide est un "bénéfice", mais je trouve ça méchamment réducteur.

De toutes façons peu importe cette nuance, je me dis que son billet peut être utile à d'autres. Si j'avais eu à le lire à l'époque il m'aurait beaucoup aidé. Donc, je transmets.

 

*            *            *

 

En complément et parce que j'ai enfin pu faire un peu de ménage dans ma messagerie après un printemps trop mouvementé et chargé pour moi, je me suis aperçue que je perdais de vue des ami(e)s non par ruptures mais par ... épuisement. Mes forces étant limitées, j'ai parfois d'entiers trimestres pendant lesquels je parviens juste à effectuer le strict minimum : aller travailler et m'entraîner physiquement pour ne pas sombrer, sortir le soir lorsqu'un lien existe avec le travail ou que c'est proposé / organisé par quelqu'un d'autre, plus le minimum vital de petites corvées administrativo-domestiques. D'où que je ne réponds pas aux messages ou si longtemps plus tard que ça n'a aucun sens.
Je suis cette personne qui avait mis (à l'époque de l'argentique, je crois) tellement de temps à faire retirer les photos de la pendaison de crémaillère d'amis et à les leurs envoyer qu'entre temps ... ils divorçaient.

Pour me supporter comme amie il faut être à même d'accepter cette forte intermittence. Qui ne signifie en rien que je vous oublie, mais que le temps de boucler les obligations quotidiennes, je rentre et je tombe de sommeil et puis voilà, c'est mort. Au moins jusqu'au dimanche d'après. Mais que si celui-ci est pris ou que le sommeil l'engloutit, ça remet à celui d'encore plus tard. E cosi via.

 

Il faut aussi pouvoir comprendre que je suis encore capable dans un état proche du sommeil d'écrire un billet de blog, souvent dans ces cas un brin incohérent, alors qu'un message non, parce qu'il concerne quelqu'un de précis et que je dois me concentrer davantage pour lui "parler". Que je balance des articles sur twitter ou FB mais sans être réellement présente sur ces réseaux. 

Je me suis aperçue tout à l'heure que j'avais quelques messages en souffrance dont un depuis le 03/05/14 alors que le recevoir m'avait réchauffé le cœur. Amis, j'espère pouvoir dimanche, disposer de temps personnel avec cerveau dispo et revenir vers vous. Puissiez vous comprendre mes retards, mes éclipses et qu'un silence de ma part signifie simplement que sortie du boulot je suis encore tombée [de sommeil].

 

(1) La seule différence étant que Mar(c)tin connaît l'événement de sa propre vie qui a rendu inamical l'ami. Alors que je n'avais à me "reprocher" qu'une collection de malheurs de différentes importances et dans des domaines variés ; et donc effectivement de devenir quelqu'un de potentiellement moyen moyen drôle à fréquenter. 

Commentaires