Fin che la barca va - Orietta Berti (con le parole)
366 - Aujourd'hui le plus petit des petits rien

Une fois de plus merci à Christiane Taubira

 

C'est un articile du Huffington Post signé par Christiane Taubira qu'a relayé Hervé Le Tellier (merci à lui) : 

Ebranler les hommes 

*        *        *

Je me permets de le reproduire pour le cas où le lien deviendrait caduque (mais si ça pose le moindre problème j'effacerai) :

Il est triste, infiniment triste, d'achever une année sur les pitreries obscènes d'un antisémite multirécidiviste. Faut-il que son talent soit stérile pour qu'il n'ait d'autres motifs pour faire s'esclaffer des esprits irresponsables ou incultes ou pervers, qu'une tragédie, un génocide, un indicible drame, de ceux dont on sait qu'on ne guérira pas, car rien ne nous consolera jamais des enfants dont la destinée s'est interrompue, brusquement ; et avant même cette violence de la mort industrielle, qui ne distingue pas, frappe sans rien connaître de ses victimes, la violence de l'arrachement, de la malnutrition, de la maladie, du désarroi, de cet inconnu irrationnellement hostile, la violence de la révélation de parents démunis qui ne peuvent protéger que par l'amour. Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce crime contre l'humanité ? Faut-il avoir rompu avec les hommes pour ne pas être saisi d'effroi à l'évocation de la machination démente qui a organisé le discrédit, la cabale, les rafles, le transport surencombré, la promiscuité, le tri à l'arrivée, l'entassement dans les camps, le rituel macabre de la procession jusqu'aux chambres à gaz ? Faut-il avoir le cœur sec comme une branche tombée depuis des millénaires et pétrifiée, pour ne pas voir un semblable dans l'autre, homme, femme, enfant, celle, celui qui nous manque d'avoir été exterminé par cette froide folie ? "Au nombre des choses capables d'ébranler les hommes, il y a le souci des autres". Albert O. Hirshman.

Agir. Réfléchir et agir. Relire attentivement la circulaire du 27 juin 2012 pour voir si nous aurions oublié une ligne, une virgule dont dépendrait l'efficacité des poursuites. Examiner note par note ce qui aurait pu être traité différemment, plus sévèrement. Comment faire face à cette nouvelle épreuve pour la démocratie ?

*        *        *

J'hésite toujours entre ne pas servir de relais à ce qui est fait volontairement pour "faire parler" (et donc même dire tout le mal qu'on en pense c'est aussi servir sa "cause") et réagir. En lisant Christiane Taubira je penche un peu pour l'option deux (ne pas les laisser occuper le terrain, ce ne sont pas du tout nos valeurs, à un moment donner il faut quand même se défendre et en tant que citoyen prendre position pour défendre notre semblant de démocratie). Elle redonne du sens à la politique et fait du bien à lire à ceux qui comme moi se font désormais ici ou là reprocher leur absence de racisme, toutes variantes confondues (1).

 

(1) À défaut de pouvoir être directement reprochable sur notre appartenance à l'une ou l'autre des populations visées par la haine de l'autre.

 

Commentaires