Les oloés à Simone
« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. »

Premier amour, président d'antan, mais finalement plutôt un excellent roman

 

Dans l'après-midi j'ai eu l'impulsion d'un billet sur la muflerie d'hommes du présent, un ex-bien aimé, un futur ex-président s'il continue sur cet élan (1), et cet effet qu'elle a sur moi de me faire à force admirer des hommes que par le passé je n'avais pas ou plus appréciés : ainsi un premier amour qui m'avait quittée - 7 ans avant d'être parfaitement guérie - mais l'avait fait avec grand respect et courage et ce n'est que 30 ans après que j'ai compris combien c'était rare ; puis celui qui m'a quittée sans me quitter m'a fait du mal, a tenté de réparer : me rendre compte que c'est déjà beaucoup et que s'il s'est montré calamiteux ce n'était au moins jamais dans l'idée de me manipuler ; et puis surtout et c'est plus important, d'ordre collectif et pour le pays, ce président pour lequel je n'avais pas pu voter la première fois car j'étais alors trop jeune, cette remarquable crapule machiavélique de François Mitterrand, l'homme qui se savait fait pour être président et avait pris tous les chemins possibles afin de faire coïncider ses capacités et sa fonction, et que voilà que ses successeurs sont tous tellement ridicules à différents titres, qu'à présent je l'admire, au lieu de me dire, quel type redoutable, je pense, quand même, lui au moins c'était un président, un vrai, y compris dans ses vies parallèles, et que les réalisations patrimoniales qu'il a fait entreprendre, et bien finalement je suis bien contente qu'il ait eu ce goût pharaonique, car elles rendent ma ville attractive et oui voilà me voilà finalement admirative, ça alors.

 

Si ça continue je vais bientôt me sentir réconciliée avec la mémoire de mon père, duquel j'ai toujours pensé qu'il avait voulu faire de son mieux, mais que son mieux était sous l'emprise de points de vue foireux, ô méditerranéens patriarcaux. D'où nos conflits incessants. Mais il n'était pas un mauvais homme au fond, j'avais simplement le défaut d'être une fille (et de défendre ma mère systématiquement quand ils se rendaient mutuellement furieux).

 

Et puis finalement non, j'ai fini dans l'après-midi de lire un excellent roman, qui m'a entraînée loin de ce pénible présent, loin de ma solitude (relative), loin de mes tracas d'écriture et d'emploi, loin.

Et s'il faut retenir quelque chose de cette journée, si un rendez-vous sérieux du matin - pour le coup avec deux hommes charmants - ne se concrétise pas, il en restera au moins cela : 

Un bon moment de lecture.

Et oublions gougnafiers, maladroits et goujats. Certains hommes au moins savent écrire. Punto basta.

 

(1) Je fais partie des femmes que les mots rapportés dans la dépêche AFP : «Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler» ont heurtées, et qu'on ne vienne pas me dire que c'est rien qu'une petite formulation maladroite, elle vient après un long cumul et une fatigue de toujours en tant que femmes finir par être par l'un ou l'autre traitées comme cela. Je serais une certaine Julie, je me carapaterais fissa. Qui quitte moche, recommencera (2).

(2) C'est aussi un conseil, mais trop tardif, que je me donne à moi-même. Et à celle qui m'a succédé si jamais elle venait à passer. Naïveté que de croire qu'avec nous c'est autre chose, que nous sommes enfin pour lui Celle qui. À moins d'être la contemporaine des atteintes de leur âge.

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