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Intéressante mort (à Venise) (mais un peu trop conceptuelle) (pour moi)

 

La période magique Grande Vie Culturelle Grâce Aux Amis semble ne pas vouloir prendre fin. Jouant les remplaçants ravis, nous étions donc ce soir au théâtre de la ville pour le "Mort à Venise" mis en scène par Thomas Ostermeier d'après Thomas Mann, Gustav Mahler et j'ai trouvé beaucoup le film de Visconti (1).

Alors voilà, pour qui a lu le livre et vu le film, c'était très bien. Interprètes parfaits. Mélange de danse, théâtre, chant et prises de vues sur le vif projetées sur grand écran, musicien qui fait subir les pires outrages rythmiques et mélodieux à un piano à queue (2). Mais comme souvent dans les spectacles qui font le pari de la destructuration, ça ne peut s'apprécier que si l'on connaît l'œuvre de départ. 

Je dirais donc qu'on s'adresse d'emblée à un public averti. Comme je n'ai pas oublié que je viens de là où l'on ne l'est pas, ça me gêne un peu. Qu'une œuvre fasse des clins d'œil culturels aux initiés qui peuvent ainsi l'apprécier à différents niveaux simultanément me convient ; qu'elle dépende de prérequis de la part du public et ne puisse être appréciée au franc degré de la naïveté me plaît moins. 

La danse est très réussie dans une scène à l'hôtel (les filles qui se chamaillent pour un objet), moins dans une scène que j'appellerais "l'épidémie", qui se veut peut-être à la pointe du contemporain mais ressemble à tant et tant d'autres choses. Celui qui m'accompagnait l'a trouvée très chouette, sans ce cacher que c'était parce que les danseuses étaient belles et quasi nues. Surtout, s'il ne l'a pas fait volontairement, que le chorégraphe ne se fasse aucune illusion. 

Reste que Josef Bierbichier en Gustav von Aschenbach est bouleversant, y compris pour quelqu'un comme moi qui suis peu capable de comprendre le personnage - je sais qu'il y a des humains capables de tomber dans de telles sujétions mais ne peux éprouver pour eux la moindre empathie, ça m'est trop incompréhensible (peut-être du fait d'être une femme ? d'être incapable d'être "fan de" ?) -. Et que le Tadzio, en clone de celui du film quoique moins blondinet est très bien dans le registre attitudes d'adolescent (un tantinet sur-joué, ou serait-ce la faute des gros plans volés par la caméra ?).

Voilà donc une bonne et intéressante soirée, grand merci à celui qui nous l'a accordée, mais dont je ressors sans être emballée à avoir envie de dire à tous qu'il faut absolument y aller. Peut-être suis-je victime d'un syndrome Post-Einstein et que tout spectacle du même registre (théâtre, musique et danse combinés) me paraîtra fade pendant un long moment. Ça n'est pas exclu. 

 

(1) Alors que d'après ce que j'ai lu après il semblerait qu'Ostermeier s'en défende.

(2) Oh que j'eusse aimé que la caméra s'attardât sur l'intérieur du dispositif. Mais bon, ça doit être secret donc on ignore en sortant comment il est possible de transformer un piano en percussion.

PS : C'est terrible, je m'aperçois que s'est mis en place à mon insu un triste mais efficace critère d'appréciation : si je me surprends à penser à un moment donné au voleur de sourires précédemment le bien-aimé, c'est que l'intensité du spectacle laisse à désirer. Lors d'Einstein on the Beach, inévitablement j'ai songé aux souffrances de l'amour et à l'état de manque, mais ça n'était pas individualisé, pas centré sur le chagrin qu'il m'a lui infligé. Ce soir il m'est arrivé plus d'une fois d'avoir l'esprit qui repartait sur le sentier de la peine, celle-ci et pas une autre, aucune autre de celles qui l'ont dans ma vie précédée.


Le danger d'une histoire unique par Chimamanda Ngozi Adichie

Grâce à Une heure de peine light

Ce que dit Chimamanda Adichie est passionnant à tous les étages : sociologie, écriture (1), racisme (y compris dans le sens de la surestimation) et pour l'amour aussi. Bref, toutes les façons que nous pouvons avoir d'être téléguidés souvent à notre insu. Ainsi la petite fille qui était persuadée que des héros devaient être blonds aux yeux bleus et parler du temps qu'il fait.

(1) dont le "Start the story" à un autre point et l'histoire est totalement différente.


Émue (comme rarement) (pendant une présentation)

 

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La présentation des prochains livres à paraître suivait son cours, je pensais déjà aux titres que je pourrais mettre en avant auprès des amis en leur boutique respective, lorsqu'est venu le tour du "Charlotte et Mona déménagent" de Florence Seyvos, prévu pour ce printemps.

 

Elle n'était pas sur place mais avait préparé une lecture dont on nous passait un enregistrement. J'ai été saisie. La voix, intime, comme si nous étions des enfants à qui elle racontait l'histoire du soir ; le passage choisi, deux petites filles qui se font leur émission de radio avec leurs amis imaginaires en auditeurs appelant, une sorte de "Téléphone sonne", sur le thème du bonheur.

Voilà que me sont revenues d'un seul coup les émissions qu'on se faisait, la petite cassette audio, l'appareil élémentaire, un Philips, le micro impressionnant que mon père avait dégoté pour moi je ne sais comment ou des fois moi toute seule en faisant toutes les voix. J'avais si bien oublié ces moments d'enfance que leur retour inattendu m'a mis les larmes aux yeux. 

Il me reste encore de ces cassettes. Sont-elles encore audibles ? 

J'aimerais les sauvegarder sous forme de fichier. Si quelqu'un sait quel matériel utiliser (sachant que mon ordi est un MacBook Air) je suis preneuse (1).

 

D'autres livres présentés étaient (sont) très prometteurs, en particulier "Le dernier événement" de Yoo Eun-li que j'essaierai de me procurer. Mais d'après ce qui en a été montré, je le verrais plutôt pour adolescent(e)s matures, ou adultes en fait (2).

Sur le chemin du retour je suis tombée tout droit dans le "Adam et Thomas" d'Aharon Appelfeld dont on nous avait confié une épreuve non corrigée. Et le livre argentin d'Inès Garland m'a semblé très intéressant. À confirmer une fois lu. 

 

Mais le choc d'émotion restera cette lecture de Florence Seyvos, quelque chose de très personnel qui se jouait soudain là. J'ai aimé ça. Mon enfance n'est pas de celles dont on se rappelle pour y puiser les forces d'un bonheur perdu, il n'en demeure pas moins de tout n'était pas noir ou gris, et revenir longtemps avant soulage (temporairement) des douleurs du présent.

 

[J'avais prévu de sortir par après, mais rétamée, j'ai dû rentrer. Cet hiver pourtant clément, n'est pas ma saison ; je ne parviens toujours pas à reprendre pied, en fait quand les coups durs concernent plus d'un des domaines suivants : affectif (avec perte de confiance), médical ou professionnel (et par ricochet financier), je ne sais pas faire face, pas me battre sur plusieurs fronts, ou plutôt comme je me bats contre la fatigue perpétuellement si deux autres lignes de fronts s'ouvrent en même temps, c'est comme s'enfoncer dans des sables mouvants, il y a moyen d'attraper les cordes de secours que tendent les amis et ne pas se laisser engloutir mais il n'y a plus moyen de prendre franchement appui, refaire surface, revenir à l'état le moins anormal].

 

(1) Une tentative d'achat d'un petit appareil à pas cher censé être compatible mais qui ne l'était pas m'a rendue méfiante.

(2) Je sais que l'on a tendance à classer "jeunesse" des œuvres dès lors qu'un des principaux protagonistes a un âge encore gamin, mais je ne trouve pas ce critère pertinent. 

[photo personnelle d'une illustration de Mette Ivers (je crois)]


Bref hommage à Claudio Abbado

 

J'ai appris ce matin simultanément son décès et qu'il avait 80 ans. En fait il faisait partie de ces très grands artistes qui dans ma petite tête, et comme je ne l'avais pas croisé récemment, conservaient à vie l'âge qu'ils avaient quand j'ai découvert leur existence. Cet homme avait donc à mes yeux perpétuellement entre 50 et 60 ans.

Au passage quelqu'un sur twitter a eu la bonne idée d'afficher ce bref extrait en hommage et qui est tout simplement heureux et délicieux. Alors vite, partager : 

 

 


Résumé de ma vie (et de celle de tant d'autres femmes)

Même si je me suis pour partie rebellée, il faut admettre que les hommes aimés m'auront bien enfoncée et que la pression parentale fut bien celle évoquée (même si elle concernait l'ensemble de mon être et pas seulement que je sois une fille, disons que sur un garçon elle eût été moins invasive)  - sauf peut-être le tout premier, qui se montra correct et respectueux à l'heure de me quitter -. J'ose seulement espérer que ces planches dessinées ne sont plus tout à fait vraies pour les plus jeunes, mais n'en suis pas certaine tant les injonctions d'apparence sont devenues affolantes, l'obligation d'un corps parfait, de correspondre au cahier des charges que certains hommes ont dans leur tête (enfin si au moins c'était la tête ...) et quand je vois des rassemblements pour demander la réduction des droits les plus élémentaires (disposer de notre propre corps) nous concernant.

 

Capture d’écran 2014-01-20 à 11.55.31

 

 

En revanche l'image m'est parvenue via ce touite de Coyote Fluffy et je ne sais pas la sourcer (ne parviens pas à lire la signature).

 


Le syndrome du Play it again [m'] a encore frappé

 

C'est un petit billet se rapportant à l'enfance que sur un blog annexe, de ceux que je ne souhaite pas mettre sous clefs mais dont je préfère qu'ils conservent une relative confidentialité (1), j'avais publié. Un de mes amis m'a fait le plaisir d'y déposer un commentaire et qui plus est pour m'informer d'une connivence avec un texte de quelqu'un que j'admire.

Alors j'ai un peu relu ce que j'avais écrit en quelques instants, quand une pensée nous traverse et qu'on souhaite en conserver la trace, mais qu'il faut faire vite parce que le temps presse et que c'est fulgurant.

J'y faisais entre autre allusion à une phrase de Patricia Highsmith, sans en préciser la provenance. J'ai entrepris ce soir de la reprendre précisément. Je la connaissais encore par cœur. Du moins le croyais-je.

Car j'étais intimement persuadée que l'auteure y faisait allusion à l'âge de 12 ans, pris comme moment de référence pour certaines capacités à leur apogée que devenir adulte nous fait perdre. Or une fois le texte original repris en main il s'agissait de 10 ans.

Le syndrome du Play it again a encore frappé.

Cela dit, je persiste à penser, contrairement à Arthur, son narrateur, que c'est à 12 ans et non pas 10 que l'on est au maximum de certaines capacités.

 

(1) En fait j'aimerais qu'il ne soit parcouru que de façon occasionnelle et par des amis ou des inconnus bienveillants. Utopie absolue par les temps qui courent et personnels et généraux.


Résumé de la journée

P1198804Courir Dormir Manifester (1) Dormir Dîner Lire (trop peu) Dormir.

J'aimerais dormir moins (2). 

Tenter de me consoler en se disant qu'à tout le moins, je n'ai pas rien fait, que j'ai eu le plaisir de revoir de mes amis, et que probablement si je retrouve un emploi et pas seulement ça, je dormirai peut-être moins, que le corps récupère parce qu'il sait qu'il peut et non l'inverse - une incapacité qui serait devenue permanente, un épuisement définitif et réellement invalidant -. Je ne peux même pas incriminer l'hiver, il est pour l'instant d'une clémence de soignant.

 

(1) pour défendre le droit à l'avortement, que les choses soient claires. 

(2) et faire l'amour plus mais ça, j'ai cru comprendre que c'était trop demander.

J'ai décidément depuis l'an passé une curieuse propension à défendre ce qui ne peut pas ou plus me concerner. 

[photo : minute de silence en hommage aux femmes mortes d'avoir dû se débrouiller avec les moyens du bord quand l'avortement n'était pas autorisé]


Interconnexions

 

Tu repars de cette soirée littéraire en compagnie de A1 et A2. Sachant les fins successives que tu as encaissées en 2013, ils se soucient délicatement de toi, et toi-même tu n'as pas du tout envie de larmoyer mais de savourer d'être ensemble alors la conversation s'oriente vers les moments magiques que l'on peut connaître en vivant à Paris lorsqu'on est sensibles aux choses culturelles. Je mentionne en particulier Natalia Gutman dont l'écoute m'a stupéfiée et précise que c'était un grand coup de chance car je devais les places à mon ami B1 dont l'ami B2 (hé, mais légalement, je peux dire "fiancé" maintenant ;-) ) est très occupé par son travail en ce moment, je mentionne que c'est au théâtre, qu'il y a une pièce qui démarre. A1 et A2 me disent qu'ils y sont allés récemment, au théâtre de C. qui joue une pièce formidable dans laquelle les acteurs sont tous excellents.

- Le théâtre de C. ? Mais c'est là que joue B2 !

#premièreboucle

 

Plus tard sur le chemin, nous parlons A1, A2 et mézigue de nos amis communs sur le mode prenons et donnons-nous des nouvelles de la famille. Ils me disent que X1 (professeur et écrivain) est allé causer devant des lycéens via leur entremise, pour une sorte de soirée littéraire de bienfaisance (la causerie était payante au profit d'une associations de jeunes atteints par une maladie assez rare), que ça avait bien marché que tous avaient été heureux - les jeunes qui organisaient, l'auteur, l'assistance assez nombreuses et eux-mêmes d'avoir servi de transmission -. Le métro arrive à destination, nous en sortons ... pour tomber nez à nez avec X1 qui s'attardait de converser avec l'un de ses amis, comme on le fait parfois au sortir d'un dîner, ce moment où l'on doit chacun rentrer chez soi mais où l'on s'aperçoit qu'on ne s'est pas encore tout dit. 

- On parlait de toi, à l'instant. (dit en riant, et lui riant aussi)

#deuxièmeboucle

 

J'oubliais de préciser qu'à l'aller j'avais déjà sur le quai à Duroc rencontré une amie avec laquelle j'avais partagé quelques stations et échangé les nouvelles. Nous ne nous étions pas vues depuis trop longtemps.

Jolie petite ville que Paris.

[Et je n'ai pas de photos pour illustrer ce billet, trop prise que j'étais par les conversations]

 

 

 

 

 


366 - Aujourd'hui Mal

C’était pourtant une bonne journée : revoir Sabine Wespieser (à la Librairie Compagnie où Sophie provisoirement officiait), puis chez Actes Sud découvrir entre autre Lola Lafon et son livre inspiré par Nadia Comaneci. Mais voilà, l’absence du bien-aimé de Belgique, qui persistait sans espoir de s’achever, continuait à faire mal et cette façon si peu respectueuse dont les choses pour moi s’étaient passées. À croire que j’avais fort peu existé et jamais réellement compté. Tout ça parce que je n’étais ni belle, ni blonde, ni sophistiquée.

 Alors se dire que de toutes façons sophistiquée je ne souhaite pas l’être, trop arranger son apparence, c’est en pratique tricher. 

Je persiste à croire que certains hommes ont un cerveau qui commande à leur sexe, et non l’inverse. Pari risqué ?

 

participation en rattrapée (deux ans après, les jours que j'avais manqués) aux :

366 réels à prise rapide - le projet
366 réels à prise rapide - les consignes.

140305 2356