Dépréciation des bouquins (signe de la)
Les injonctions

Une tête à chemins que l'on n'écoute guère (La parisienne c'est aussi)

 

C'est cet article, sur "Pensées by Caro" et que William a RT jusqu'à moi, que je trouve plutôt réussi (parfois certains clichés possèdent un fond de vérité), qui m'y a fait penser. Depuis quelques années je maîtrise non seulement les lignes de métro mais aussi les changements et leurs durées et agréments (par exemple entre quelles et quelles lignes on doit passer à Montparnasse par les tapis roulants), voire même certains raccourcis plus ou moins licites. C'est d'ailleurs assez amusant, un jour on prend conscience qu'on sait, souvent à l'occasion de travaux qui bouleversent l'automatisme - par exemple en ce moment le changement 14 vers 4 qui était du rapido a viré au labyrinthe, autant que vous le sachiez -.

Il se trouve par ailleurs que j'ai une tête à chemins, si quelqu'un a décidé de déranger quelqu'un d'autre avec son problème de paumé, dans un lot de gens qui marchent on peut être certain que ça tombe sur moi (1). C'est au point que ça commence sérieusement à me démanger que la prochaine personne qui me réclame d'une façon pas aimable (2) j'en profite pour lui faire la manche (Vous tombez bien, vous n'auriez pas un ou deux euros pour me dépanner ?).

Une dame l'autre jour, tenant un plan qu'elle ne savait ou pouvait déchiffrer, m'aborde en me demandant : - Vous pouvez m'aider ?

qui m'a regardée d'un air stupéfait quand je lui ai répondu doucement : - Seulement si je sais.

Visiblement elle n'avait pas envisagé une seule seconde qu'une passante lambda ne sache pas se rendre où elle souhaitait aller elle. Elle n'aurait pas eu l'air plus surpris si j'avais eu un uniforme de la RATP (nous étions dans le métro) et donc de façon implicite mission de l'assister et compétences présupposées.

Bref.

Le gag l'autre jour à Montparnasse est que j'ai répondu à ce point sans réfléchir ni hésiter sur quelle ligne pour aller à quelle station et vers quel couloir passer pour s'y rendre, que très visiblement la personne qui m'avait questionnée ne m'a pas crue.

Sur l'instant ça m'a agacée, puis j'ai compris. J'avais répondu trop vite pour un ensemble d'informations à ses yeux complexe, elle a cru que je galéjais.

Peut-être qu'être parisienne, au fond, c'est ça. Trop bien savoir répondre dans la ville aux gens qui demandent leur chemin.

 

(1) Éternel débat avec l'homme de la maison qui lorsque l'on va quelque part en voiture veut toujours demander son chemin à tout le monde (alors que je lui dis que je sais), lui qui dit que ça fait plaisir aux gens de se sentir ainsi utiles et moi qui lui certifie que c'est seulement archi pénible d'être dérangé par des gens à qui on a rien demandé et qu'on est peut-être le 15ème de sa journée.

(2) Généralement je m'efforce de répondre avec courtoisie à ceux qui me demandent gentiment et semblent vraiment perdus et ne me cherchent pas une boutique de luxe mais une adresse précise, un réel endroit. Le hic c'est que beaucoup s'adressent à vous comme si vous étiez un larbin présent seulement pour ça et les servir. Métier d'avenir : indicateur de trajets parisiens.

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