Service dégradé à la poste (et sans issue ô Père Ubu)
I should have read it before

Des nouveaux usages nés des (et sur les) réseaux

 

Mon attention a été attirée ce matin par ce touite 

Capture d’écran 2013-12-19 à 11.08.24

Il a probablement été RT jusqu'à moi (que la F1 indiffère) par un de mes amis qui s'y intéresse. Peu me chaut la teneur de ce qui est relayé en photo (une question technique qui a dû sembler stratégique par après à celui qui la dévoilait et s'est empressé de l'effacer). Mais j'ai été intéressée par le procédé qui consiste à reprendre une info en sachant pertinemment que qui en est à l'origine regrette de l'avoir divulguée - j'ai choisi à dessein un exemple technique et d'une taille que je suppose illisible, il ne s'agit pas d'intérférer dans les vies privées -. C'est une loi de l'internet que chacun de nous un jour ou l'autre peu trouver un peu rude : tout ce que l'on y dépose peut être vu, lu, relayé. Et personne (je peux en témoigner, une fois et une seule en 10 ans d'internet et ça s'est tout de suite vu et su) n'est à l'abri d'un password fail sur un coin que l'on s'était volontairement créé privé. 

J'ai noté une montée récente des nuances entre comptes personnels et professionnels. Pour l'instant ça patauge un peu, mais d'ici quelques temps je pense qu'on sera tous plus ou moins dédoublés sur chacun des réseaux. Un compte d'accès restreint pour les proches, un autre pour collègues et connaissances. Pour l'instant ceux qui souhaitent utiliser FB pour usage perso pur en sont encore à s'en excuser gentiment - je viens de recevoir un message adorable -.

Sinon j'ignore si mon cas est général ou particulier mais ces derniers jours tout se passe comme si FB avait décoincé quelque choses : sont apparus tout soudain des "demandes d'ami" (une soixantaine, pas le temps d'aller y voir de près) et des poke (dont certains datant de + d'un an ! Je n'ose y répondre maintenant). J'ai eu le malheur du coup d'aller voir dans les suggestions d'amis pour tomber sur la femme pour laquelle en juin j'ai été quittée par un homme qui comptait beaucoup pour moi - robot irréprochable nous avons une centaine de connaissances communes, donc quand bien même il m'a désamitée (en fait je suis fort peu sur FB en vrai : j'ai l'onglet ouvert pour y balancer des articles et dépose des statuts sans forcément regarder ce qui s'y passe) il est logique qu'elle me soit proposée -. La vie moderne comporte de micro-violences là où on ne les attend pas.

Sur twitter par ailleurs, je crois que l'usage du #FF est en train de disparaître doucement. J'y participais peu car je trouve toute contrainte calendaire même sympathique, astreignante. 

Dans le même temps l'apparition des photos en mode imposé (comparativement à l'usage de twitpic que je persiste à préférer et qui permet de cliquer pour voir l'image uniquement si on le souhaite), conduit à certaines adaptations nécessaires. J'ai failli défollower un étudiant en médecine qui à l'heure du déjeuner (ah l'esprit potache) publiait la photo d'un sexe masculin (1) atteint de VPH (en fait c'était si spectaculaire que j'ai mis un temps avant de piger de quoi il s'agissait), mais après tout c'était instructif. Le fait de RT un touite comportant une image reproduit celle-ci à l'infini (ou quasi) d'où certains désagréments (2). Par exemple ce candidat d'extrême-droite au passé de manequin et obviously gay dont une photo sur laquelle il figure assez dévêtu a ainsi beaucoup circulé, pose lascive du type se tripotant le slip (de marque, ce qui n'est pas sans poser questions sur le côté marketing viral (mais pour quel effet ?)), jusqu'à susciter quelques (saines) réactions 

Capture d’écran 2013-12-20 à 16.55.29

 

 

Questions qui ne se posaient pas jusqu'à présent. 

 

 

On observe aussi des usages divergents entre qui considère twitter comme de l'éphémère où pioche qui veut et ceux qui remercient systématiquement pour un échange comme s'il s'agissait presque d'une correspondance privée. J'avoue ne pas avoir d'opinion tranchée, je m'efforce de moduler selon mes interlocuteurs, un peu comme dans les conversations de vive voix entre ceux qui préfèrent vouvoyer ou tutoyer. Et puis je n'ai pas toujours le temps matériel de suivre les réactions induites par ce que je partage ou publie. Le service après touite (ou statut sur FB, voire même après billet de blog car je n'ai pas toujours le temps d'y revenir commenter, répondre) n'est pas mon fort. Je suppose qu'on est très causants et courtois au début puis qu'à mesure que gonflent nos échanges et nos suivis et suiveurs on ne peut de toutes façons plus se permettre de répondre à chacun, ni remercier à tous les coups.

N'est pas sans m'amuser le fait que ce qui me plait (un monde mouvant, aux usages jamais figés) est précisément ce qui a rebuté certaines personnes surtout parmi celles de ma génération qui préféreraient savoir à quoi se conformer. 

  

 

(1) J'essaie que les copains qui me lisent du bureau puissent continuer ;-) 

 (2) Bizarrement plus fréquents que les ravissements ;-) .

addenda du 24/12/13 19:13 : Se pratique peut-être depuis un moment mais comme je ne suis sur les réseaux que d'une présence aussi clignotante qu'une lumière tournante de phare pour qui regarde de loin, j'avais manqué ceci : 

Capture d’écran 2013-12-24 à 19.11.22

Un touite qui dirige vers un touite qui dirige vers un autre touite (je n'ai pas pris la peine de remonter toute la chaîne) #espritpotachedeNoël ?

 

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