ancien billet supprimé puis remis en ligne : délai de décence
Calcio sequenza

Une inégalité

 

Elles sont venues encourager leurs frères, fiancés ou petits amis. Il a fait beau tout le jour, ce mois d'août est un cadeau du ciel. 

Il n'empêche qu'à part un soir, à la mémoire jeudi dernier, se lève en même temps que le jour tombe  une brise fraîche qui fait se souvenir au sol qu'il est gorgé d'humidité. Et le thermomètre peut bien indiquer 17 ou 19°C, ça appelle chaussettes, coupe-vent et chandail, éviter les jambes nues.

Mais les supportrices et certains des gars venus voir, sont arrivés vers 19h sous le soleil, elles sont en jupes et sandales ou ballerines, eux en bermudas et tee-shirt, et tranquillous regardent tout le match et restent un peu à papoter après et à suivre une partie de l'équipe B, tandis que venue en tee-shirt et collants courts de course à pied enfilés sous un jean (je connais la traîtrise climatique locale), puis à mesure que le frais montait équipée d'un sweat fins aux manches qui englobent une partie des mains, puis d'un pull en pure laine, vieux Shetland des familles, puis d'un coupe-vent doublé et d'un foulard, je commence à envisager un retour à la maison avant que de sentir mon nez délicatement couler.

Au moment de partir, je croise l'une des jeunes filles, certes un brin dodue, mais en débardeur sans manche et mini-jupe et très à l'aise, insoupçonnable d'avoir froid.

Je me suis sentie un tantinet dégoûtée par tant d'injustice native (1).

L'homme présent tente de me consoler avec sa maladresse gentille, soulignant que c'est un peu normal qu'à nos âges (par rapport à celui des jeunes filles et garçons) on soit plus frileux. Mais je sais qu'en ce qui me concerne j'ai plutôt par rapport à moi-même fait beaucoup de progrès. Certains décalages jamais ne se peuvent combler. Heureusement que certains hommes ont assez d'imagination.

 

(1) Je connais suffisamment la région, y viens assez souvent pour savoir qu'il ne s'agit pas de l'effet d'acclimatation entre air du large et touffeur de la grande ville, celui-ci à lieu mais prend 48 heures, ma peau depuis bientôt deux semaines d'être au radoub s'est faite au grand air. Je sais aussi que vivrais-je sur place à longueur d'année, cet écart entre elle(s) et moi demeurerait. 

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