La promenade romantique
Nihil novi sub sole

Au ciné

 

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J'étais chez le kiné, il est venu plus tôt, car j'arriverais pour la séance, sans trop de marge en fait. 

Il a pris les billets pour m'éviter la honte de devoir débourser pour une seule séance, à deux, l'équivalent de deux heures du boulot que je viens de perdre.

M'éviter aussi d'être tentée par les offres de cartes ceci ou abonnements cela, ces pièges à consommer encore et toujours plus.

Ce qui fait que quand je suis arrivée je n'ai pas eu à m'inquiéter d'attendre, ni me préoccuper du moindre achat. En plus qu'il m'a embrassée avec une grande tendresse.

Le film était formidable, plein de scènes dansées, certes pas aussi bien que Pina mais quel plaisir de voir des corps aussi libres et vifs que ceux-là.

Nous sommes sortis heureux, avec du temps de libre, et comme il se doutait que je n'avais rien avalé depuis le matin il m'a proposé sur le pouce un petit restau. Nous sommes allés au Quigley's où la dernière fois je n'avais pu prendre qu'une bière. Manger m'a sortie un peu du chagrin qui m'enserrait et que la séance de kiné qui fait du bien au corps mais par certains gestes thérapeutiques presques tendres, rend vulnérable qui est blessée, avait dans un premier temps revigoré.

Nous sommes rentrés lentement, en nous promenant comme des amoureux.

Il comptait profiter de ce jour de congé pour aller jouer à la pétanque, s'entraîner. Mais comme j'avais piètre moral il est resté

*        *        *

 

pour m'aider à traverser cette journée difficile, entre impuissance et écœurement. Six ans d'une relation intense mis au rebus comme de rien après une hésitation trop longue ; on dit "sauver les apparences" mais l'apparence condamne en fait. Je ne suis pas spectaculaire, je le sais. Mais un homme sans lâcheté, après avoir tant fait, m'aurait accordé une chance. Et parlé.

Ça tombe mal, très mal qu'il n'y ait plus le travail pour s'amarrer à la dignité de l'activité, le travail pour autrui s'entend. Mon travail personnel devient noir, trop noir or c'est le moment où jamais où je devrais avancer au lieu de me retrouver avec les mots mazoutés.

Où trouver la force de ne pas renoncer ?

 

[à part le cinéma et le kiné, d'y être allé vraiment, et les paragraphes après les *        *        *, ce texte est une fiction ou plutôt une anti-réalité. Rêver est tout ce qui me reste. En particulier, le film était décevant]

 

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